Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Intriguant, ce film l'est, tant par son sujet que par sa forme. Charlie Kaufman nous livre ici un film d'animation drôle et mélancolique en forme de parenthèse.
L'impossibilité de trancher, de n’être que le témoin impuissant d’une scène de famille dont on ignore le passif en détail, est terriblement déstabilisant. Là où la facilité aurait été de façonner, autour d’une situation clairement définie, un discours moralisateur sur le rejet de ce que l’on juge "anormal", Antoine Cuypers fait le choix de laisser les interprétations libres au public.
Stephen Herek revient au cinéma avec la Fabuleuse Gilly Hopkins, adaptation du roman éponyme. Dans le rôle titre, la lumineuse et talentueuse jeune Sophie Nélisse, mais le film est-il réellement à l'image de son personnage principal, fabuleux ?
Film animiste d'une grande douceur et d'une grande poésie, les délices de Tokyo, le nouveau film de Naomi Kawase souffre d'un surtexte qui écrase sa mise en scène et nuit à sa sobriété. Les recettes du bonheur selon Naomi Kawase...
S'emparant d'un sujet maintes fois rabâché, Mikhaël Hers aborde avec Ce sentiment de l'été la difficulté de surmonter le deuil et de trouver un nouveau sens à sa vie. Sans renouveler l'approche, le cinéaste le fait avec suffisamment de justesse et de poésie pour toucher le spectateur.
Même si le sujet traité s’avère intéressant, Beira-Mar ou l’âge des premières fois est un film fade et plutôt impersonnel, aux personnages manquant de caractère et de force. On regrettera le fait que les personnages manquent de vie et qu'ils ne soient pas assez travaillés pour emporter l’empathie, et l'adhésion, du public.
Mysterious object at noon est le premier long métrage du réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Élaborant son scénario à partir du cadavre exquis surréaliste, il propose un film plutôt expérimental à mi-chemin entre documentaire et fiction.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.