Critiques films

RRR : le blockbuster tollywoodien qui a conquis le monde

« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !

Sur la route d’Omaha : le pari de la retenue

Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.

Les Maîtres de l’univers (2026) : les muscles froissés

Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.

The Shadow’s Edge : ancienne école, nouvelle ère

"The Shadow’s Edge" marque le retour en grâce de Jackie Chan dans un polar d’action nerveux signé Larry Yang. Entre filature, tension autour de la surveillance et cascades inventives, le film réunit un trio marquant avec Tony Leung Ka-fai et Zhang Zifeng. Un remake énergique où se confrontent tradition, modernité et un spectacle d’action généreux.

À la poursuite du Père Noël , quand James Huth tient les rênes d’une belle comédie familiale

"À la poursuite du Père Noël" : avis familial en fausse interview, entre humour, thématiques sensibles et mise en scène soignée.

Arte kino festival 2025 : Remember to blink d’Austėja Urbaitė

L'Arte Kino Festival présente 12 films européens tout au long du mois de décembre.  L'occasion de soutenir et de rendre visible, et de manière gratuite, le cinéma d'auteur européen. Parmi la sélection, le très beau film lituanien "Remember to blink" d'Austėja Urbaitė qui explore la question de l'adoption, de l'identité et da différence culturelle avec douceur et cruauté à la fois.

Jone Sometimes : le grand départ

"Jone Sometimes" de Sara Fantova est un film sensible sur le passage à l’âge adulte, porté par l’introspection d’une jeune femme durant la Semana Grande à Bilbao. Entre amitiés, amour, doutes et liens familiaux fragiles, ce récit d’été mêle douceur, silences et souvenirs en formation, capturant l’intensité éphémère de la jeunesse avec pudeur et justesse.

Zootopie 2 : les carottes sont cuites

Avec son univers animalier foisonnant, coloré, son duo lapin-renard attachant, son humour et son enquête policière trépidante, sur fond d'un beau message d'intégration et de tolérance, "Zootopie" figure parmi les meilleurs films Disney des années 2010. Dix ans plus tard, nous retrouvons Judy et Nick dans une nouvelle intrigue mettant en danger l'avenir de la cité cosmopolite. Malgré un goût de déjà-vu et un récit moins bien rythmé que son prédécesseur, "Zootopie 2" offre une aventure divertissante grâce à son monde étendu.

La voix de Hind Rajab : un indigent tire-larmes

Kaouther Ben Hania choisit d'évoquer la tragédie de Gaza à travers le cas d'une petite fille coincée dans une voiture, secourue par le Croissant rouge palestinien. Un traitement sans recul qui ne tarde pas à enfermer le spectateur dans une émotion obligatoire. Déplaisant.

L’Œuf de l’Ange : le monde englouti

Restauré en 4K, "L’Œuf de l’Ange" de Mamoru Oshii révèle toute la puissance mystique et contemplative de ce film culte. Entre visions gothiques, silence habité et quête de sens, cette œuvre rare explore la foi, le doute et la beauté fragile d’un monde en ruine. Une expérience poétique et hors du temps qui continue de hanter le cinéma.

Reedland : le silence des roseaux

"Reedland", premier long métrage de Sven Bresser, transforme un paysage rural en espace mental où se mêlent solitude, désir latent et malaise collectif. Entre thriller détourné, portrait psychologique et fable sensorielle, le film explore la fragilité d’un homme et d’une communauté en mutation, portée par une atmosphère dense et une forte identité visuelle.

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« Les Gendarmes : L’album du film » : en coulisses

À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma. 

« L’Odyssée » : un monument de la littérature adapté en BD

Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif. 

L’homme gribouillé, à l’aspect monstrueux

« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ? - Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de… - Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ? - Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh… - Répugnant. Oui - … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a… - … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble ! - Franchement, je préférerais pas… - Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard. - Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »

« Naïs » : la force du renoncement

En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.

« Les Adieux ne durent jamais » : le voyage comme ultime conversation

Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.