Le Labyrinthe : La Terre Brûlée, un film de Wes Ball: Critique

A peine remis de l’exaltant Le Labyrinthe, qui outre le fait d’avoir su l’installer durablement à Hollywood, a su rehausser le genre dystopique en donnant à voir un récit nous épargnant pour une fois cette veine politico-répressive usée jusque à la corde, Wes Ball récidive avec le second volet, sobrement intitulé La Terre Brulée.

Synopsis: Dans ce second volet de la saga épique, Thomas (Dylan O’Brien) et les autres Blocards vont devoir faire face à leur plus grand défi : rechercher des indices à propos de la mystérieuse et puissante organisation connue sous le nom de Wicked. Or le monde qu’ils découvrent à l’extérieur du Labyrinthe a été ravagé par l’Apocalypse. Leur périple les amène à la Terre Brûlée, un paysage de désolation rempli d’obstacles inimaginables. Plus de gouvernement, plus d’ordre… et des hordes de gens en proie à une folie meurtrière qui errent dans les villes en ruine. Les Blocards vont devoir unir leurs forces avec d’autres combattants pour pouvoir affronter Wicked et tenter de défier son immense pouvoir.

Si l’on sait gré au premier film d’avoir su imposer sa vision doloriste et originale dans un genre pourtant très balisé, n’hésitant ainsi pas à malmener son casting aussi bien physiquement que moralement, le tout nappé dans une intrigue sentant bon les années 2000 (Cube de Vincenzo Natali et la série Lost étant les références officielles de l’auteur James Dashner), nul doute que le deuxième volet de la franchise se devait d’apporter plus qu’un relent de mystère pour captiver les foules.

Laissant beaucoup de questions en suspens (D’où vient la contamination ? Pourquoi ces épreuves ?), le premier volet avait ainsi failli en abusant de l’originalité revendiquée par son sujet pour finalement laisser patauger son spectateur dans une marée d’incertitudes et de secret. Inutile de dire qu’après ça, ce deuxième volet se devait d’apporter des réponses, tout en laissant les coudées franches à son réalisateur Wes Ball, pour qui était venu l’heure de la confirmation.

Nouvelle carte, nouveau film.

Un besoin de confirmation qui semble d’ailleurs avoir infusé l’esprit de son metteur en scène au cours de la production, puisque à peine le film démarre, que voilà déjà Wes Ball en train de complètement redistribuer les cartes. Fini le labyrinthe, l’ambiance huis-clos limite carcérale, et l’unité visuelle grisâtre du premier film ; place désormais aux étendues arides de la Terre Brûlée. Un choix logique, qui permet de montrer toute son ambition, lui qui a dépeint dans les pages de nos confrères de chez Première, sa volonté de vouloir faire ici « son Empire Contre-Attaque ».

Et malgré tout le bien qu’on peut penser de ces propos, autant dire que Wes Ball semble désireux d’y donner suite. Ton plus sombres, personnages à la moralité ambiguë, le film se dissocie totalement de son aîné, chose à souligner si on dresse le film en parallèle de ses plus proches concurrents, les Hunger Games et autres Divergente, qui outre leurs qualités respectives (discutables), n’ont bâti leur succès que sur la réitération déguisée d’une recette unique. Une ligne directrice solide, dont le principal atout réside aussi dans sa parfaite indépendance. Car crédité d’un budget avoisinant les 60 millions de dollars, la production peut se permettre, fait rare, de pouvoir aligner une violence visuelle et scénaristique des plus affirmées dans une production tout public. Personnages de l’intrigue qui meurent, zombies infectés effrayant, agissements cruels des protagonistes, le fait est que la noirceur de l’ensemble contraste beaucoup avec le ton faussement gentillet et lugubre du premier. Incarnant la criante volonté de rupture qu’on était en droit d’attendre, Le Labyrinthe 2 peut alors se permettre d’enchaîner les scènes d’actions dans un rythme teinté d’un univers visuel bluffant compte tenu du budget, quitte à en user pour masquer le seul vrai défaut du film.

Une production accélérée.

Car malgré l’éloge panégyrique lui étant adressé, nul doute que Le Labyrinthe : La Terre Brûlée présente un défaut qui dans son cas, est paradoxalement rédhibitoire. Cultivant le secret depuis le début de la franchise, et lâchant des infos par à-coups dans ce dernier film, voilà que Wes Ball finit par succomber à cette manie, quitte à instaurer des enjeux à la tonalité sibylline et donc laisser dans le flou le spectateur, trop occupé à assister à des scènes d’actions très bien calibrées, mais en forme d’apparat. Ce faisant, il ne fait plus aucun doute que ce manque d’information peut sans doute être imputé à la production du long-métrage qui s’est vu scénarisé, tourné et monté en un an, et qui gardera dès lors comme scories un criant manque d’information, et une fin voyant le long-métrage s’aligner à la morale pseudo-guerrière de ses concurrents suscité, ou les personnages, débarrassés de leur instincts de survie voient finalement leurs mentalités évoluer, quitte à devenir des rejetons illégitimes de l’oncle Sam, partis la fleur au fusil, prêts à tout pour arriver à leurs fins. Le seul point réjouissant à cette fin quelque peu précipitée saura de savoir alors que le troisième volet sera explosif et réduit, chose rare, à un seul film, nous gratifiant donc d’un film qui ira au bout de ses idées, non pas préoccupé à inventer une intrigue de convenance.

Le Labyrinthe : La Terre Brûlée: Fiche Technique

Titre original : Maze Runner: Scorch Trials
Réalisation : Wes Ball
Scénario : T.S. Nowlin d’après La Terre brûlée de James Dashner
Casting: Dylan O’Brien (Thomas), Kaya Scodelario (Teresa), Ki Hong Lee (Minho), Thomas Brodie-Sangster (Newt), Rosa Salazar(Brenda), Giancarlo Esposito (Jorge), Aidan Gillen ( Janson)….
(janson),Barry Pepper ( Vince
Direction artistique : Daniel T. Dorrance
Décors : Andrew Max Cahn
Costumes : Sanja Milkovic Hays
Montage : Dan Zimmerman
Musique : John Paesano
Production : Marty Bowen, Wyck Godfrey, Ellen Goldsmith-Vein, Joe Hartwick Jr. et Lee Stollman
Sociétés de production : Gotham Group et Temple Hill Entertainment
Sociétés de distribution : Drapeau : États-Unis 20th Century Fox
Pays d’origine : États-Unis
Budget : 61 000 000 $
Langue : anglais
Durée : 133 minutes
Genre : Film de science-fiction
Dates de sortie : 7 octobre 2015
Box office : 184 600 000 $ au 01/10/15

 

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Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
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