Le Comte de Monte Cristo est un chef d’oeuvre, il le sait et il s’en vante

À peine sortie de l’adaptation correcte des Trois Mousquetaires que l’ombre de Dumas plane de nouveau sur nos écrans. Dire que nous craignions ce nouveauté projet tient de l’oeuphemisme. Comment adapter efficacement en un seul film un titre aussi passionnant et complexe que le livre éponyme de 1844 ? Finalement et sans échapper à quelques défauts, Le Comte de Monte Cristo réussit son pari : celui d’etre, à ce jour, la meilleure adaptation des aventures d’Edmond Dantès.

Vous me trouvez brutal ?

Présenterons-nous l’histoire qui traverse la littérature, nos écoles, nos cinémas ou nos chansons depuis près de deux siècles déja ? Oui ? D’accord. Le Comte de Monte Cristo, c’est un peu l’incarnation parfaite de l’expression : « La vengeance est un plat qui se mange froid ». Établie sur plusieurs decennie, l’intrigue suit l’histoire d’Edmond Dantès, jeune et nouveau capitaine de navire dont la vie sera brisée le jour de son mariage, victime d’un complot dont nous vous laissons découvrir les motifs. S’évadant de très (très) nombreuses années après sa douloureuse incarcération, riche d’une fortune colossale et d’un savoir encore plus grand, Dantès n’a qu’une idée en tête : se venger.

Ce qui frappe en premier abord, bien sûr, c’est la qualité et la justesse du jeu de Pierre Niney. On s’amusera de le voir en début de film sous les traits d’un Edmond Dantès supposément sorti de l’adolescence depuis peu (l’acteur avait près du double de l’âge de son personnage lors du tournage). En revanche, dès que les événements se déclenchent, on oublie très vite ce détail pour se concentrer sur le présent, ce qu’Edmond traverse. Nul besoin d’attendre que le jeune homme revienne sous les traits du Comte pour se sentir impliqué. Et, comme tout bon film, plus les événements vont se succéder, plus les performances des comédiens seront excellentes et plus l’oeuvre  gagnera en rythme et en intensité. Oui, Le Comte de Monte Cristo dure près de 3h. Pourtant, en ressentit, on en est loin.

Comme vendu, on y suit bel et bien une histoire de vengeance. Et, si les lecteurs pesteront forcément face à de très nombreux oublis, on reste sur une très belle leçon de narration, offrant au spectateur de délicieux sourires malicieux, face à la complexité et parfois à la noirceur du plan de Dantès. L’oeuvre de Dumas porte en elle énormément de thèmes et de messages, que le film garde avec une vraie justesse. Dommage, tout n’est pas parfait. Certains pans de l’intrigue sont trop expediés, particulièrement sur le dernier acte. À l’instar d’Harry Potter qui va enfin avoir droit à une bonne adaptation avec HBO, c’est avec une série télévisée que l’histoire aurait eu la chance d’atteindre l’apogée de son potentiel. Du moins, si elle avait gardé les qualités techniques du film.

Un contre tous, tous pour un

Dès les premières minutes, le ton est lancé et ce de la plus belle des façons. Musique épique et hollywoodienne, visuels somptueux dans une superbe scène de naufrage, on est immédiatement happé par la qualité technique et artistique de l’oeuvre. Difficile de bouder, sortant des Trois Mousquetaires et de la faiblesse insolente de leurs scènes d’introduction. Oui, on pourrait se dire que le budget plus coûteux que d’Artagnan ou Milady y est pour quelque chose. Dans les faits, non. Le budget n’est qu’une grande aide, sans une vision créative claire et s’il n’est pas porté par un(e) réalisateur/trice compétent(e). Ici, le duo X fait des merveilles.

Oui, les acteurs épatent, car bien dirigés. Chaque regard, chaque plan et chaque placement de personnage raconte quelque chose. C’est d’autant plus vrai que les décors, débordant de luxure et de détails, offrent une identité hors normes à chaque lieux où l’intrigue évolue. Certaines scènes bluffent par leur remarquable tension, tant chaque élément est à sa place. La musique, superbe, s’occupe du reste. On retrouve dans cette production tout ce que l’on aime dans le cinéma et pas seulement dans le cinéma français. Et, finalement, on sort des 3 heures en se disant qu’on n’aurait pas boudé un petit quart d’heure de plus. La marque des grandes oeuvres, assurément !

Bande-annonce : Le Comte de Monte Cristo

Fiche Technique : Le Comte de Monte Cristo

Réalisation : Alexandre de La Patellière / Mathieu Delaporte
Scénario : Alexandre de La Patellière / Mathieu Delaporte, d’après le roman d’Alexandre Dumas
Casting : Pierre Niney / Laurent Lafitte / Bastien Bouillon / Anais Demoustier
Production : Chapter 2 et Pathé Films
Distribution : Pathé
Durée : 178 minutes

Sortie : 28 Juin 2024 en salles

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4.5

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Dimitri Redier
Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
Film préféré (Gladiator) - Série préférée (Mr Robot) - Acteur préfére : (Benedict Cumberbatch) - Actrice préférée (Emma Stone) - Réalisateur préféré (Denis Villeneuve) - Jeu vidéo préféré (The Last of Us 2) - Plat préféré (Les sushis…ça n’a aucun rapport mais je suis sûr que vous vous posiez la question)

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