Sortie dans l’indifférence dans les salles françaises, Game Night est une comédie qui ne révolutionne pas son genre mais qui a le mérite de remplir le cahier des charges.
Synopsis :Mariés mais pas encore parents comme ils le souhaiteraient, Max et Annie animent un jeu une nuit par semaine en compagnie de plusieurs couples d’amis. Cette fois, c’est Brooks, le charismatique frère de Max, qui organise sa soirée chez lui : il a même prévu de se faire kidnapper pour de faux. Brooks se fait bien enlever devant ses invités… mais pas du tout par ceux qu’il a embauchés.
Game Night peut certainement faire vaguement penser à After Hours de Martin Scorsese qui, lui-même, a inspiré un certain nombres de comédies (plus ou moins réussies pour rester gentil) dont Crazy Night (Date Night en VO)de Shawn Levy, au titre déjà évocateur. Et surtout, impossible de ne pas penser au jeu de société culte le Cluedo (déjà adapté au cinéma). Bref, rien de nouveau à l’horizon avec ce long-métrage se déroulant dans un laps de temps limité, avec des personnages loufoques embarqués dans des situations improbables. Les réalisateurs Jonathan Goldstein et John Francis Daley, scénaristes de Comment tuer son boss ? ne révolutionnent clairement pas la comédie américaine (et dire qu’ils s’y sont mis à deux mais passons) : par conséquent, Game Night s’inscrit dans ce lot de films du genre sympathiques, parfois drôles mais rapidement oubliables.
Game Night prend un peu trop de temps à se mettre en place même si nous exposer la situation des personnages principaux (Annie ne parvient pas à tomber enceinte à cause du stress et de la jalousie de Max envers son frère Brooks, de retour dans sa vie après un an d’absence) est évidemment nécessaire pour comprendre les relations entre eux ainsi que leurs réactions. En revanche, une fois Brooks kidnappé, le long-métrage est lancé pour de bon, gagnant cette fois-ci en rythme et en intensité. Même s’il est assez prévisible sans (trop) se vouloir moralisateur, il se révèle par moments assez surprenant avec des rebondissements pas si attendus. Si dans le lot certains personnages secondaires peuvent décevoir par leur manque de développement (on pense au personnage de Michael C. Hall qui semble faire des clins d’œil à Dexter), d’autres en revanche ont le mérite d’intervenir dans le récit pour mieux frapper là où on s’y attend le moins. Même certaines blagues qui peuvent faire sourire sur le moment s’avèrent plus tard utiles dans le déroulement du scénario, que ce soit dans l’enquête ou dans la consolidation entre les personnages. Il y a même un plan-séquence assez intéressant (celle avec l’œuf de Fabergé), procédé assez rare dans les comédies, prouvant qu’il y a parfois un semblant de mise en scène.
Enfin, la distribution est plutôt satisfaisante, voire même bonne concernant certains, chacun rendant leurs personnages un chouïa idiots attachants. Jason Bateman fait plutôt du Jason Bateman (et est au cœur de deux scènes jouissives, en lien avec des chiens) et sa femme à l’écran, Rachel McAdams (Spotlight) s’en sort formidablement bien dans un registre comique réellement assumé. Jesse Plemons (Fargo, Hostiles), désormais l’acteur qui monte, est particulièrement savoureux dans le rôle de ce flic autant gentil et sensible que froid et flippant.
Offrant parfois quelques scènes inspirées, Game Night reste une petite comédie sympathique divertissante mais qu’on oublie vite une fois le visionnage terminé.
Game Night: Bande-annonce
Game Night : Fiche Technique
Réalisation : Jonathan Goldstein et John Francis Daley
Scénario : Mark Perez
Casting : Jason Bateman, Rachel McAdams, Kyle Chandler, Sharon Horgan, Billy Magnussen, Lamorne Morris, Kylie Bunburry, Jesse Plemons, Michael C. Hall, Danny Huston, Chelsea Peretti…
Musique : Cliff Martinez
Sociétés de production : New Line Cinema, Davis Entertainment, Aggregate Films
Société de distribution : Warner Bros. France
Durée : 1h39
Genre : comédie
Date de sortie : 18 avril 2018
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Ancienne étudiante en lettres modernes, j'ai toujours aimé écrire sur les sujets qui m'animent. Et le cinéma en fait clairement partie ! J'ai des goûts assez variés : certes, comme tout le monde, j'ai mes réalisateurs chouchous (Kubrick, Scorsese, Moretti, Loach, Almodovar, Bong Joon-ho), mais je suis avant tout curieuse : aucun genre et réalisateur de n'importe quelle culture ni époque ne me font peur, bien au contraire.
Sinon j'ai une grande préférence pour les séries britanniques (Black Books, The IT Crowd, Father Ted...).
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