Critique du film : The inevitable defeat of Mister and Pete

L’année scolaire se termine, l’été commence à New-york. Mister (Skylar Brooks), vit avec sa mère Gloria (Jennifer Hudson), une prostituée junkie. Elle garde parfois Pete (Ethan Dizon), dont la mère est aussi une junkie. Lors d’une descente de police, sa mère est embarquée. Ils se retrouvent seuls, se cachant du Sergent Pike (Adewale Akinnuoye-Agbaje), les recherchant pour les envoyer en centre de détention pour mineurs. Ils n’ont ni argent, ni carte sociale pour subvenir à leurs besoins. Ils vont devoir faire preuve de ruse pour s’en sortir et tenir tout l’été, loin de la police, de l’épicier indien, du caïd du quartier Kris (Anthony Mackie), d’une petite frappe Dip Stick (Julito McCullum) et du clochard Henry (Jeffrey Combs). Ils ne peuvent compter que sur Alice (Jordin Sparks), qui vit dans la luxure, loin du quartier. L’été s’annonce chaud et long pour eux.

Synopsis : Durant un été à Brooklyn, la mère de Mister est arrêtée par la police, laissant celui-ci seul et sans ressources. En compagnie de son ami Pete, ils vont tenter de survivre dans la fournaise New-yorkaise.

Seuls au monde

The inevitable defeat of Mister and Pete est le premier scénario de Michael Starrbury pour le cinéma. George Tillman Jr l’a tellement apprécié, qu’il s’est battu durant trois ans pour l’adapter, trouvant le soutien d’Alicia Keys et de nombreux acteurs reconnus, comme Jennifer Hudson, Anthony Mackie et Jeffrey Combs, pour le financer. On va d’ailleurs retrouver tout ce beau monde au générique.

George Tillman Jr a déjà plusieurs films à son actif, il a réalisé « Les Chemins de la dignité », « Notorious B.I.G. » et « Faster », entre autres. Un réalisateur sans talent particulier, alternant le moyen et le mauvais. Il trouve avec ce film, sa meilleure réalisation. Ses plans sont léchés, il suit sans excès le duo Skylar Brooks et Ethan Dizon, mais pêche dans son envie d’exhiber les belles courbes de Jennifer Hudson et Jordin Sparks, sans que cela n’apporte un réel intérêt à l’histoire, sauf à réveiller la libido du spectateur et la sienne (on n’est jamais mieux servi que par soi-même). La contemplation du corps dévêtu de Jennifer Hudson, lors de ses prises de drogues, se fait au son d’Otis Redding, une belle alchimie visuelle et sonore.

Le vrai intérêt du film, The inevitable defeat of Mister and Pete, c’est la découverte du talentueux Skylar Brooks. Le rôle est taillé pour lui. Malgré un physique à la Snoop Dogg, il impressionne en se frottant à des acteurs confirmés, en passant du rire, aux larmes. Ses rapports avec jennifer Hudson, sont durs, forts et émouvants. Ils ouvrent et ferment le film. On peut leur reprocher de tirer sur la corde sensible, d’être facile. Mais le film ne parle pas seulement de l’amitié entre Mister et Pete, mais aussi du rapport mère/fils, de l’absence du père, qui n’est jamais évoqué. De la difficulté de grandir dans la misère humaine et sociale, ou l’ennemi est partout : la police, une voisine malsaine, une petite frappe qui tient les murs de la cité, l’épicier indien ou le caïd du quartier.
Skylar Brooks porte le film sur ses frêles épaules, il se lance dans des monologues savoureux, comme lorsqu’il est devant « Un fauteuil pour deux », en imitant Dan Aykroyd ou en citant « Fargo », son film préféré. Son duo avec Ethan Dizon est réussi. Il montre aussi que la misère touche tout le monde, en évitant la stigmatisation d’une population.

Un film social, au travers d’une histoire d’amitié et d’amour, qui nous rappelle que le cinéma n’est pas seulement un divertissement. Dans la même veine, je lui préfère « Fresh » de Boaz Yakin (1994) ou « Gimme the Loot » d’Adam Leon (2012), qui parle aussi de la jeunesse afro-américaine dans la ville de New-York, avec une BO efficace.

Fiche technique : The Inevitable defeat of Mister & Pete

USA – 2013
Réalisation : George Tillman Jr
Scénario : Michael Starrbury
Distribution : Skylan Brooks, Ethan Dizon, Jennifer Hudson, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Jordin Sparks, Julito McCullum, Anthony Mackie, Jeffrey Wright et Kenneth Maharaj
Musique : Mark Insham et Alicia Keys
Photographie : Reed Morano
Montage : Jamie Kirkpatrick
Producteurs : Rachel Cohen, Jana Edelbaum, Robert Teiltel et George Tillman Jr
Productions : Ideal Partners Films, State Street Pictures, Floren Shieh Productions, Unified Pictures et Venture Forth
Distributions : CodeBlack Entertainment et LionsGate Entertainment
Genre : Drame
Durée : 1h48mn

Auteur : Laurent Wu

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