Asterix et Obelix : L’Empire du Milieu, au bord du gouffre

Astérix est là ! Ça va faire mal ! Oui, malheureusement. Après un premier épisode sympathique et un second exceptionnel, les aventures du célèbre Gaulois ont perdu de leur superbe avec les deux opus suivants, l’un moyen et l’autre vraiment mauvais. Mais, finalement, Astérix et Obélix : L’empire du Milieu pourrait presque les réhabiliter !

Oh chic, des Chinois ! 

Comme le suggère le titre de l’article, les aventures de notre célèbre duo se déroulent en Chine, dans l’Empire du Milieu. Pas originale pour un sou (ce n’est pas vraiment ce qu’on demande, on peut le reconnaitre), l’histoire place nos compères en pleine mission d’escorte, de libération et de reconquête. Pour le reste, tout y passe. Méchants envahisseurs, traitres, combattants chinois qui défient la gravité les yeux dans les yeux. Enfin, le coup classique. Le scénario, pour tout dire, est tellement décousu que ça en devient comique. Difficile même de parler de scénario, tant le seul but du film consiste à enchainer les caméos. On suit le même schéma : Caméo, vanne liée à la célébrité en question, scène suivante. Paronamix, incarné par Pierre Richard, va se laisser emporter par des sables mouvants. Falbala (Angèle) va paraphraser ses chansons, ce genre de choses. A un moment, on est presque dedans. On veut deviner qui va avoir tel rôle, dans cet Empire du milieu de personnalités françaises. On a bien un fil rouge qui relie le tout, mais c’est d’une platitude qui feraient fantasmer nos plus grands platistes. D’ailleurs, petit cours d’Histoire pour le film, à cette époque, on savait déjà que la terre était ronde.

Pour le reste ? Le néant. Dommage, car certaines idées sont intéressantes. Asterix, par exemple, qui refuse de prendre de la potion magique et qui révèle un complexe d’infériorité. Ah, bah c’est tout. Pardon, une idée intéressante, qui ne mène à rien. Car oui, malheureusement, le duo se révèle finalement très secondaire dans sa propre aventure. Ils ne se parlent finalement que très peu. Quand c’est le cas, c’est pour ne rien dire. Le film préfère leur coller à chacun une histoire d’amour. C’est d’un ennui insultant. Certains seconds rôles, comme Cohen ou Cassel, sont bien mieux traités qu’eux. Un comble !  On suit les péripéties sans jamais décrocher un sourire et quand c’est le cas, c’est nerveux. Les références, s’enchainent, sans logique. La Chèvre, Brice de Nice, les Monty Python, Dior, Jul, tout y passe, et c’est nul. Le pire, sans doute, ce seront les vannes anachroniques, qui ne fonctionnent pas. Elles sont là, et voilà.

Budget taille large, naufrage XXL 

Avec le casting du film, on pouvait espérer, a minima, une interprétation de qualité. Eh ben vous pouvez avaler d’une traite le whisky qui vous sert de potion magique puisque tous, absolument tous les acteurs principaux du film, sont catastrophiques. Guillaume Canet, formidable acteur d’ordinaire, est totalement à côté de son personnage. On ne reconnait jamais Asterix, ni dans le fond, ni dans les mimiques. Vincent Cassel s’en fout, Cotillard offre certainement l’une des pires interprétations de sa carrière, Julie Chen (la princesse) n’a quasiment aucune réplique qui tombe juste. Elle est juste réellement magnifique, et aucun personnage n’oublie de le souligner. Deux acteurs s’en sortent : Gilles Lellouche, qui fait un Obélix très convainquant et Jonathan Cohen, qui fait du Jonathan Cohen, donc ça fonctionne. Cet homme est formidable.

Puis, il faut parler du budget. 65 Millions, soit l’un des films français les plus chers jamais produits (mais pas autant qu’Astérix aux Jeux Olympiques et ses 76 Millions). Pour quel résultat ? Visuellement, le film tient la route et offre quelques plans vraiment magnifiques. Certaines idées sont vraiment bien trouvées, particulièrement concernant les paysages. Oui, car pour le reste, la mise en scène frôle le néant absolu, malgré une ou deux fulgurances pour les passages d’action. Pire, certaines scènes ne respectent même pas les règles basiques de la réalisation, dans le cadrage ou dans le choix des plans lors du montage. Le budget, il est dans Angèle, qui apparait environ une minute, dans Orelsan, qui apparait le double. Bref, il est dans les caméos. La palme revient à Zlatan, objet marketing à lui seul qui propose le seul moment du film qui a un peu de gueule… pour finir sur une vanne anachronique liée à son statut de footballeur. Non, désolé, mais il n’y a rien à sauver dans ce naufrage artistique, à part peut-être quelques moments drôles et sa musique, réellement sympathique.

Bande-annonce : Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu

Fiche Technique : Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu

Réalisateur : Guillaume Canet
Scénario : Guillaume Canet / Julien Hervé / Philippe Mechelen
Casting : Guillaume Canet / Gilles Lellouche / Vincent Cassel / Jonathan Cohen / José Garcia / Marion Cotillard  / Julien Chen / Pierre Richard / Audrey Lamy  / Ramzy Bedia / Bigflo et Oli / Orelsan / Manu Payet
Musique : Matthieu Chedid (M)
Production : Pathé / Tresors Films
Genre : Comédie d’aventures
Durée : 111 minutes
Sortie : 1er Février 2023 en salles

Note des lecteurs76 Notes
0.5

Festival

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Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
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