Alibi.com 2, une comédie qui ne ment pas

Les films de Philippe Lacheau, c’est du pop-corn. On sait quel genre de produit on consomme en entrant dans la salle. On sait qu’on va rire, parfois beaucoup. On sait que notre vie sera exactement la même à la sortie. On sait que l’on va avoir l’essentiel de ce qu’on attend d’une comédie : de l’évasion et du rire. Retrouver la Bande à Fifi, c’est se retrouver entre potes, un après-midi ou un soir, pour un moment de franche rigolade. Et, disons-le maintenant, Alibi.com 2 est de très loin les meilleures retrouvailles dont on pouvait rêver. 

Mari(s) à tout prix

Risqué, très risqué de sortir Alibi.com 2 ce 7 février. C’est une semaine après le catastrophique Asterix & Obelix : L’empire du Milieu et une semaine avant Ant-Man et la guêpe : Quantumania, le prochain produit Marvel. Philippe Lacheau, malgré son statut de réalisateur populaire, se retrouve entre deux titans. Oui, Astérix et Alibi ont presque 60 millions d’écart. La différence ? L’un est une catastrophe artistique fait pour l’argent, par l’argent, l’autre est un film fait avec le cœur, pour les spectateurs. La sortie d’Alibi.com 2 peut donc très bien s’avérer parfaitement bien orchestrée, la barre de l’humour et du rire ayant été placée désespérément bas par la dernière comédie populaire (dont vous pouvez d’ores et déjà retrouver ma critique sur Le Mag). Mais, si on exclut cet opus des irréductibles Gaulois de notre mémoire, cela n’enlève rien à l’idée principale : Alibi.com 2 est juste une sacrée bonne comédie.

D’une durée d’1h30, le film ne s’essouffle jamais. Rares, très rares mêmes, sont les comédies qui parviennent à tenir un rythme comique aussi réussi que celle-ci. Quiproquos de plus en plus invraisemblables, situations toujours plus débiles les unes que les autres. Philippe Lacheau et sa troupe ne reculent devant rien pour tordre le spectateur de rire. On peut le dire : qu’est-ce que c’est con ! Mais c’est là tout le brio de l’œuvre, sa maitrise parfaite de l’humour absurde. Que ce soit dans les dialogues, le jeu des acteurs, les idées de vannes grandioses (que je tairai évidemment) et les différentes situations vécues par les personnages dans le film, on ne cesse jamais de rire plus de deux minutes. Bien sûr, et il faut le souligner : si vous n’aimez pas l’humour de Philippe Lacheau, si ces films ne vous ont jamais fait rire, celui-ci ne sera pas plus pour vous que les autres. Non. Ici, pas de message caché, pas de philosophie, pas de décors extraordinaires ou de mise en scène léchée. Alibi.com 2 propose du simple, mais le propose avec une redoutable efficacité. Deux personnages principaux dont on s’attache, une histoire qui part de plus en plus en vrille et des vannes, beaucoup, beaucoup de vannes. Philippe Lacheau nous rappelle qu’une comédie n’a pas besoin de 65 millions d’euros pour exister, elle n’a besoin que de deux choses : investir le spectateur dans l’histoire et faire rire. C’est tout et, de ce côté là, c’est une franche réussite.

Ce que l’on apprécie, aussi et surtout, c’est la générosité du film. Il est fait avec le cœur, ça ne fait aucun doute. Tous les personnages, même les plus anecdotiques, possèdent une intrigue et un ou plusieurs gags qui lui sont liés. Alibi.com 2 joue avec plusieurs running-gag et tous sont à se tordre de rire, même après la dixième vanne. Le timing comique est toujours impeccable, aidé par les très bonnes performances des comédiens. Certes, ils jouent toujours un peu les mêmes rôles, mais cela revient avec ce que l’on disait en introduction : le sentiment de retrouver des potes qu’on adore. Tarek Boudali est toujours impérial, dans ses postures, ses mimiques. Didier Bourdon n’a plus aucune limite. Elodie Fontan, un peu moins présente que dans le 1er film, continue d’émouvoir. Philippe Lacheau fait du Philippe Lacheau. On retient des passages exceptionnels avec Gad Elmaleh, Pascal Obispo ou encore Catherine Benguigui, qui offre un running-gag d’anthologie. Maintenant, on veut Nicky Larson 2 !

Bande-annonce, Fiche technique et synopsis du film Alibi.com 2

Réalisé par : Philippe Lacheau
Par Philippe Lacheau, Pierre Lacheau
Avec : Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Didier Bourdon, Nathalie Baye, Arielle Dombasle, Gérard Jugnot, Georges Corraface, Catherine Benguigui…
Film comédie, 2023, France, 01h28
sortie le 8 février 2023
Distribution : StudioCanal

Synopsis officiel : Après avoir fermé son agence Alibi.com et promis à Flo qu’il ne lui mentirait plus jamais, la nouvelle vie de Greg est devenue tranquille, trop tranquille… Plus pour longtemps ! Lorsqu’il décide de demander Flo en mariage, Greg est au pied du mur et doit se résoudre à présenter sa famille. Mais entre son père escroc et sa mère ex-actrice de films de charme, ça risque fort de ruiner sa future union. Il n’a donc pas d’autre choix que de ré-ouvrir son agence avec ses anciens complices pour un ultime Alibi et de se trouver des faux parents plus présentables…

 

Note des lecteurs6 Notes
4

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Lydia et le vaisseau des tempêtes : les constellations embrumées

"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 
Dimitri Redier
Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
Film préféré (Gladiator) - Série préférée (Mr Robot) - Acteur préfére : (Benedict Cumberbatch) - Actrice préférée (Emma Stone) - Réalisateur préféré (Denis Villeneuve) - Jeu vidéo préféré (The Last of Us 2) - Plat préféré (Les sushis…ça n’a aucun rapport mais je suis sûr que vous vous posiez la question)

Lydia et le vaisseau des tempêtes : les constellations embrumées

"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.