Alors qu’Hollywood lui tend les bras, le très convoité Michael Fassbender n’en oublie pas pour autant la Grande-Bretagne, où il prend le temps de tourner de petits films indés entre deux blockbusters. À la croisée des chemins entre Fish Tank et Snatch, À ceux qui nous ont offensés s’inscrit dans la catégorie des films sociaux « coup de poing », mais ne convainc pas totalement.
Synopsis : Chad Cutler, voyou des rues, vit dans un campement de caravanes avec sa femme, ses deux enfants et d’autres membres de sa communauté, dirigée d’une main de fer par son illettré de père, Colby, qui exerce une emprise destructrice sur les siens. En pleine crise existentielle, Chad cherche à s’affranchir du joug paternel pour offrir un avenir meilleur à ses enfants, mais y parviendra-t-il ?
À ceux qui nous ont offensés est un film ambitieux qui aborde des thèmes forts, notamment à travers la relation de dominant/dominé très ambiguë qu’entretiennent Chad Cutler (Michael Fassbender) et son père Colby (Brendan Gleeson). Le patriarche, sorte de Parrain au pays des manouches, est un monstre illettré et grossier, qui pousse ses proches au crime : il a déjà envoyé l’un de ses fils derrière les barreaux et fourvoie les autres, y compris les plus jeunes qu’il dissuade d’aller à l’école en leur bourrant le crâne d’inepties. Il s’impose donc comme une figure 
Dommage également d’observer qu’À ceux qui nous ont offensés, qui s’inscrit dans la veine de Mange tes Morts, Les Ardennes, Snatch ou encore Fish Tank, est un film social coup de poing et brut de décoffrage qui emprunte à la fois à du Loach et à du Ritchie pour finalement ressembler à un documentaire sociologique un poil cliché sur les communautés des gens du voyage au Royaume-Uni. Entre un attardé qui joue avec des poulets en plein milieu des ordures (Sean Harris, amusant mais inutile), les enfants élevés comme des animaux, les chiens qui se font tuer sauvagement 
En dépit de sa faiblesse scénaristique (beaucoup de pistes sont amorcées sans qu’on revienne dessus ensuite et l’intrigue comporte pas mal de « plot holes »), À ceux qui nous ont offensés reste une jolie tentative cinématographique qui ne perd jamais son obje
Au final, À ceux qui nous ont offensés est un objet cinématographique imparfait qui navigue entre deux eaux, lorgnant maladroitement vers les films de gangsters d’un côté et les drames sociaux âpres et immersifs de l’autre, sans jamais parvenir à trouver le juste milieu. Excessif, caricatural sans le vouloir, scénaristiquement inabouti, le résultat laisse à désirer, d’autant que le réalisateur opte pour une fin niaise et bon enfant qui rompt étrangement avec la violence et la rudesse ambiantes. Pourtant, si on se laisse porter par l’ambiance et si on se montre réceptif au combat du héros, on pardonne les défauts du film pour mieux en apprécier les qualités globales : authenticité, sincérité et naturel.
À ceux qui nous ont offensés : Bande-annonce (VO)
A ceux qui nous ont offensés : Fiche technique
Titre original : Trespass Against Us
Réalisation : Adam Smith
Scénario : Alastair Siddons
Interprétation : Michael Fassbender (Chad Cutler) ; Brendan Gleeson (Colby Cutler) ; Lyndsey Marshal (Kelly Cutler) ; Sean Harris (Gordon Bennett) ; Killian Scott (Kenny) ; Rory Kinnear (Inspecteur Lovage)
Direction artistique : Andrea Matheson
Photographie : Eduard Grau
Montage : Kristina Hetherington et Jake Roberts
Musique : The Chemical Brothers
Décors : Nick Palmer
Costumes : Suzanne Cave
Producteurs : Alastair Siddons, Gail Egan et Andrea Calderwood
Société de production : Potboiler Productions et Film4
Distributeur : Lionsgate
Durée : 99 minutes
Genre : Drame, policier
Date de sortie : 1er mars 2017
Royaume-Uni – 2016