Romaric JOUAN

Vieux briscard de la cinéphilie de province, je suis un pro de la crastination, à qui seule l'envie d'écrire résiste encore. Les critiques de films sont servies, avant des scénarii, des histoires et cette fameuse suite du seigneur des anneaux que j'ai prévu de sortir d'ici 25 ans. Alors oui, c'est long, mais je voudrais vous y voir à écrire en elfique.

Terminator : Dark Fate, il faut que tout change pour que rien ne change

Ce Terminator est un Dora de plus, un produit intéressant à étudier pour comprendre plus tard ce que les sagas refaites toutes belles, toutes propres, présentaient dans un passé dystopique comme le côté obscur des studios. En dignes successeurs de Frankenstein.

Cycle HBO : « Show me a hero », une odyssée de l’espace

L'intérêt est à la fois cinématographique, narratif et social : une série peut œuvrer, si on lui laisse le temps, à rendre accessibles et emballantes les longues litanies de public sénat ou de la chaîne parlementaire. Dans ces hémicycles, pas de super héros, quelles que soient leurs formations politiques ou leurs idéologies, mais des technicien(nes), des prises de têtes et des places que peu de personnes accepteraient de prendre si facilement, au final.

Enfance au cinéma: Pialat et l’enfance nue, 50 ans pour le voir

Pialat y tient : du réalisme certes, mais né d'un scénario écrit bien en amont, très documenté et criant de vérité. Pourtant, pour le cinéaste, il s'agissait presque du contraire de ce « cinéma-vérité » qui renversait les genres les uns après les autres en sortant des studios et des scripts de papa. Ainsi comme on reconnaît parfois les grandes décorations à ceux et celles qui les refusent, le film ne marche pas en salles. Trop cru, direct et franc du collier, il ne nie rien des obscurités de l'enfance quand on la bascule trop près des bords.

Dark Crystal le temps de la résistance : de l’avenir, faisons table rase

Louis Leterrier, à la réalisation, vient d'affirmer que « Dark Crystal : le temps de la résistance » était son projet le plus difficile. Après des super héros (Hulk), des films d'actions (Insaisissables) et des remakes remarqués (Le Choc des Titans), la remarque vaut son pesant d'or. Visuellement, elle prend tout son sens dès les premiers regards. Les choix de conserver l'esthétique des marionnettes, leur mobilité sont déjà poignants. Mais le fait d'adopter les mêmes contraintes de découpage pour arriver à raconter cette histoire couronne le tout et reproduit les codes de l’œuvre originelle.

Dora ! Dora ! Dora !

Le manque total d'ego de son personnage ne cache pas un Forrest Gump, non, juste un pauvre film d'aventures stéréotypé faisant passer un petit Benjamin Gates pour un très bon Indiana Jones. Des décors aux musiques, l'ensemble du projet interpelle sur notre propre contexte de production. Les enfants peuvent-ils regarder des mauvais films, puisqu'ils ne s'en souviendront pas plus qu'ils ne se souviennent de leurs pots de confiture Banane/Cassoulet de chez Bledina dont on nourrit les bébés innocents ?

Mindhunter, saison 2 : pour vivre heureux, vivons cachés

Par de longues répliques, la construction d'atmosphères, le propre maniérisme incarnant Mindhunter rappelle que chaque pièce du dispositif n'est pas superflue. Qu'isolées, certes, certaines paraîtraient désuètes, mais servent au final une cause plus grande, en l'occurrence ici une grande série salvatrice pour Netflix, pour le sens que l'on donne au cinéma et l'usage que l'on souhaite en faire.

Lieux et cinéma: le pont de Brooklyn, un new-yorkais très célèbre

Le pont de Brooklyn, c'est un lieu de pèlerinage, percé de rivets rappelant qu'il est plus vieux que le Titanic. Il acceptera vos selfies quand vous viendrez à votre tour lui taper sur l'épaule, parce que, « tu sais mec, tu me rappelles tel film... »

Stranger things saison 3 : l’invasion des profanateurs de pop culture

Dans le sac des créateurs, des goodies, ces objets qui rappellent l'enfance de tous les petits occidentaux. A croire que les frères Duffer sont venus chez nous sur des vide-greniers pour acheter des VHS.

Newsletter

À ne pas manquer

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.

Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.