Jonathan Fanara

Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

« Projecteurs & Caméras »: au service du cinéma

"Projecteurs & Caméras" retrace la riche histoire technologique de la société Pathé, en explorant près de 90 années d'innovations dans le domaine cinématographique. L'ouvrage, richement illustré, met en lumière l'évolution des dispositifs Pathé, non seulement dans leur aspect technique, mais aussi à l'égard de leur influence culturelle et sociale. Par le biais d'une présentation détaillée, il donne à voir un généreux panorama des formats, des machines et des enjeux qui ont façonné le cinéma amateur et professionnel.

« Clémentine » : un second tome de grande qualité

Avec le second tome de "Clémentine", Tillie Walden renoue avec l'univers impitoyable de Walking Dead. Ce nouvel opus, publié aux éditions Delcourt, nous emmène au cœur d'une aventure post-apocalyptique où l'espoir et le désespoir, en lutte, se mêlent constamment. Clémentine et ses deux amies, Ricca et Olivia, sont trois adolescentes qui n'ont connu qu'un monde en ruines, loin des conventions de la civilisation telle que nous la connaissons. Ensemble, elles tentent de survivre face à une double menace : les zombies et les survivants, souvent prêts à tout pour s'approprier les maigres ressources disponibles.

« The Kong Crew : Central Dark » : apocalypse clanique

Avec "Central Dark", Éric Hérenguel nous entraîne dans une Manhattan ravagée, où la nature a repris ses droits, s’est vengée des hommes, et où les anciens repères sont perdus. New York est désormais caractérisée par l’écrasante présence de Kong, des Amazones et d’un bestiaire préhistorique d’une violence sauvage. Dans ce nouvel opus de The Kong Crew, les personnages évoluent dans un Central Park devenu une jungle hostile, où le chaos est roi et les alliances se trament, se trahissent et s'effondrent.

« Orgueil et Préjugés » : étude de classes

Claudia Kühn et Tara Spruit publient aux éditions Jungle une adaptation graphique d'"Orgueil et Préjugés", de Jane Austen. 

« Mémoires de Gris » : tragédie médiévale

Dans "Mémoires de Gris", Sylvain Ferret échafaude une fresque médiévale où se mêlent violence, mysticisme et quête de liberté. À travers le retour du chevalier Pierre de Brume et son lien avec Marion, guérisseuse au passé complexe, ce roman graphique plonge le lecteur dans un univers marqué par la misère et les révoltes populaires, mais également habité par une poésie sombre où chaque personnage, loin des clichés, lutte pour survivre dans un monde brutal et désespérément humain.

« Minuit passé » : entre mystère et poésie

"Minuit passé", le dernier roman graphique de Gaëlle Geniller, publié aux éditions Delcourt, prend pour cadre un manoir rempli de secrets et de souvenirs perdus. En suivant Guerlain et son jeune fils Nisse, l'auteure et dessinatrice nous entraîne dans une atmosphère envoûtante, où mystère, interactions entre passé et présent ou encore tendresse paternelle se rencontrent. Ce récit interroge la construction de soi et l’influence de l’enfance sur l’identité.

« Grand Petit Homme » : devenir majuscule quand on est minuscule

Avec "Grand Petit Homme" (Glénat), Zanzim met en scène un homme de petite taille, peu considéré, et désireux de devenir grand. Le roman graphique, qui emprunte beaucoup au septième art, interroge avec humour et finesse les notions de virilité, de séduction et de résilience, à travers les aventures singulières de Stanislas, anti-héros s'il en est. 

« La Maison des impies » : un thriller entre horreur et polar noir

Avec "La Maison des impies", Ed Brubaker et Sean Phillips nous plongent dans l’Amérique des années 1980, en pleine "panique satanique". Cet album marie horreur et polar noir, abordant les ravages psychologiques de cette époque tout en maintenant le suspense jusqu’à la dernière page. Le célèbre duo, fidèle à son esthétique, aboutit une nouvelle fois à un récit sombre et habilement construit.

Newsletter

À ne pas manquer

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.