Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
Il arrive qu’un livre, sans hausser la voix, parvienne à déplacer des lignes jusque-là figées. "Mise en scène et coordination de l’intimité" de Rachel Zekri (Armand Colin) appartient à cette catégorie d’ouvrages discrets mais nécessaires, ceux qui ouvrent des chemins concrets, balisés, pour mieux transformer nos pratiques et nos représentations.
À mi-chemin entre le roman graphique et le documentaire illustré, "La Vallée du vivant" s’avance comme un conte initiatique enraciné dans une France bien réelle : celle de la Drôme, et plus précisément cette Biovallée que d’aucuns considèrent comme un laboratoire à ciel ouvert pour une écologie incarnée. Un récit qui se veut à la fois introspectif et collectif, personnel et universel.
Duo écossais assez peu connu en francophonie, Chris Baldie et Michael Park signent avec "Traqué dans l’espace" une œuvre rythmée et inventive, qui ressuscite l’esprit du space opera tout en y injectant une tendresse inattendue. Paru aux éditions Bamboo, au sein de la collection Les Aventuriers d'ailleurs, ce récit se lit d'une traite, avec une certaine gourmandise.
Dans "Duck and Cover", Scott Snyder et Rafael Albuquerque reforment leur tandem pour un récit complet qui dynamite l’imaginaire des années 50 à coups de monstres extraterrestres et sur fond de guerre froide. À travers cette uchronie radioactive, les deux compères revisitent les angoisses de l'époque avec une verve pulp assumée, offrant au lecteur une odyssée adolescente inclassable.
Le second volume d'"Underground" scrute à nouveau les interstices de la culture. Après un premier volume mémorable, le scénariste Arnaud Le Gouëfflec et le dessinateur Nicolas Moog reviennent avec une deuxième fournée d’artistes hors-normes. Publié chez Glénat, cette somme (bio)graphique permet l’exploration des figures oubliées, rejetées ou simplement incomprises qui ont redéfini les codes de la pop culture, de l’ambient au trip-hop, en passant par le funk, le rock expérimental et la noise.
Avec "Huis clos", Naomi Reboul livre un récit d’une grande délicatesse, où il est question de silences pesants, de regards incertains et de ces paysages qui semblent plus vastes à mesure qu’ils résonnent avec les failles de ceux qui les traversent. Dans ce road-trip austral teinté d’introspection, deux jeunes hommes se croisent et s’éprouvent, dans la clarté douloureuse des vérités enfouies.
Dans "L’Abécédaire (très subjectif) du féminisme", Samantha Feitelson déplie l’alphabet comme on déplierait un éventail d’indignations, de résistances, d’espérances. Ni manifeste ni manuel, ce petit livre est une entreprise de réappropriation, un lexique décomplexé et résolument politique, qui problématise la place des femmes dans un patriarcat hyper-structurant.
Un titre coup de poing, presque un oxymore. "Hardcore Maternity" ne tourne pas autour du pot pour évoquer la rudesse dans les jupes de la maternité, les poings serrés dans les couches pleines, l'épuisement en vernis brillant. Dans cet album à l’esthétique ultra-stylisée, Marga Castaño et Esther de la Rosa dressent le portrait d’une maternité moderne, bancale, urbaine, qui s'accroche à un verre de vin entre deux obligations familiales.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.