Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

L’Étrange Festival 2025 : Cadet, un esprit malsain dans un corps corrompu

Avec "Cadet", Adilkhan Yerzhanov signe un thriller horrifique empreint de drame familial et de satire politique. Anna Starchenko livre une performance au bord de la rupture, intense et mémorable, en mère courageuse confrontée à des forces surnaturelles et institutionnelles. Fantômes, traumatisme et tension oppressante se mêlent pour un film kazakh glaçant.

L’Étrange Festival 2025 : Welcome Home Baby, portrait d’une mère en feu

"Welcome Home Baby" marque le retour d’Andreas Prochaska avec un thriller psychologique glaçant sur l’abjection de la grossesse, l’héritage familial et le contrôle du corps féminin. Entre horreur atmosphérique et critique sociale, le film mêle trauma, onirisme et esthétique soignée dans une Autriche rurale hantée.

L’Étrange Festival 2025 : 40 Acres, les agriculteurs de l’apocalypse

Premier long métrage de R.T. Thorne, "40 Acres" explore la survie d’une famille afrodescendante dans un monde post-apocalyptique ravagé par la guerre et la faim. Entre héritage colonial, tensions raciales et résilience familiale, ce drame saisissant interroge la transmission, l’autonomie et le prix de la liberté dans un futur au bord de l’effondrement.

L’Étrange Festival 2025 : Gibier, un gâchis parmentier

Avec "Gibier", Abel Ferry tente le retour au cinéma de genre nerveux. Si le point de départ intrigue, le film s’embourbe vite dans une mise en scène confuse, un rythme mal maîtrisé et des personnages peu incarnés. Faute de tension et de cohérence, ce survival finit par perdre son impact et lasse plus qu’il ne secoue.

L’Étrange Festival 2025 : Dead Lover, quand l’amour et la mort ont le même goût

"Dead Lover", deuxième long-métrage de Grace Glowicki, mêle théâtre, grotesque et satire pour revisiter le monstre romantique à la Frankenstein. Entre humour absurde et body horror, le film explore un amour désespéré qui refuse le deuil, transformant la mort en une farce tragi-comique. Avec une esthétique bricolée et un jeu d’acteurs multirôles, Glowicki offre une réflexion sincère sur l’amour transgressif et monstrueux.

L’Étrange Festival 2025 : Je suis Frankelda, de l’autre côté de l’histoire

Premier long-métrage mexicain en stop motion, "Je suis Frankelda" mêle esthétique gothique, narration poétique et réflexion sur la liberté créative. Porté par les frères Ambriz et soutenu par Guillermo del Toro, ce conte hanté explore les pouvoirs de l’imaginaire à travers une autrice en quête de sens. Une œuvre visuellement éblouissante, entre horreur libératrice et hommage au cinéma d’animation artisanal.

L’Étrange Festival 2025 : Girl America, un rêve enchaîné

"Girl America" de Viktor Tauš est un film sensoriel et bouleversant inspiré d’une histoire vraie. À travers le destin d’une orpheline tchèque marquée par l’abandon, l’oppression et la toxicomanie, il explore la mémoire fragmentée, la résistance intime et la quête d’une liberté intérieure. Un biopic onirique, viscéral et audacieux, entre réalisme cru et envolées poétiques.

L’Étrange Festival 2025 : Hold the Fort, une nuit sous haute copropriété

"Hold the Fort" est une série B fauchée mais attachante qui rend hommage au cinéma d’horreur artisanal. Entre satire sociale, humour potache et monstres déchaînés, William Bagley signe un film sincère mais inégal, porté par l'énergie d'un collectif de potes. Un chaos assumé, parfois bancal, qui séduit autant qu’il frustre.

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Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

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