Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

L’Étrange Festival 2025 : The Forbidden City, to Rome with Kung-fu

En ouverture de l’Étrange Festival 2025, "The Forbidden City" de Gabriele Mainetti propose un mélange audacieux de kung-fu, drame familial et romance. Entre Rome et la Chine, le film impressionne par sa mise en scène énergique et son humanité, confirmant le talent du cinéaste pour un cinéma de genre singulier et ambitieux.

Sleeping Dogs : un puzzle sans mystère

"Sleeping Dogs" suit un ex-policier atteint d’Alzheimer, incarné par Russell Crowe, tentant de résoudre une affaire non élucidée. Si le film ambitionne de mêler thriller psychologique et drame mental à la manière de Memento, il s’égare dans une narration confuse, sans tension ni émotion forte, malgré une performance solide de Crowe.

La femme qui en savait trop : la danse de l’insoumission

Dans "La Femme qui en savait trop", Nader Saeivar signe un drame poignant sur la condition des femmes en Iran. Tourné dans la clandestinité, le film mêle tension sociale et poésie visuelle. À travers la danse, les silences et les regards, il explore la résistance féminine face à l’oppression patriarcale et la quête d’une liberté longtemps confisquée.

Les Orphelins : un film d’action qui cherche sa voix

Avec "Les Orphelins", le cinéma d’action français s’affirme entre tension dramatique et pur spectacle. Porté par un duo de flics que tout oppose, le film mêle castagne stylisée, émotions contenues et héritage du cinéma bis. Olivier Schneider signe un thriller rythmé, imparfait mais généreux, dans la lignée de "Balle Perdue" et des grands buddy movies des années 80.

Lettres siciliennes : un jeu de mots et d’ombre

Avec "Lettres Siciliennes", Grassadonia et Piazza signent un thriller mafieux atypique, plus porté sur les mots que sur l’action. Présenté à Venise et Reims Polar, le film mêle correspondance, manipulation et mémoire dans une Sicile fantomatique. Entre ironie, silence et tension feutrée, une œuvre dense et singulière, où le verbe devient une arme, et la parole, un terrain de jeu dangereux.

Sous tension : la vie après la mort

Dans une Grèce au bord de l'effondrement, Costas, jeune agent de sécurité dans un hôpital saturé, se retrouve pris entre dettes, chagrin et dilemmes moraux. "Sous tension" de Penny Panayotopoulou est un drame poignant sur le deuil, la corruption et la solidarité, où l’espoir surgit malgré la noirceur ambiante. Un regard sensible sur la résilience humaine face à la décomposition sociale.

Together : l’amour qui nous transforme

Premier long-métrage de Michael Shanks, "Together" mêle horreur organique et drame conjugal dans une fable grotesque sur la fusion amoureuse. Porté par Dave Franco et Alison Brie, ce huis clos explore la dépendance affective, la perte d’identité et les tensions du couple avec une audace formelle aussi troublante que touchante.

Karate Kid : Legends – l’art du recommencement

"Karate Kid : Legends" tente de réunir les générations avec Jackie Chan et Ralph Macchio, mais se perd dans une formule sans surprise. L’absence de Dre, des personnages peu développés et une mise en scène maladroite sabotent toute émotion. Ce nouvel opus, calibré pour la nostalgie, peine à retrouver l’âme et la puissance inspirante des premiers films de la saga.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

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Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.