Renouant avec la veine du thriller érotique qui l’a rendu célèbre, Adrian Lyne en livre une version atone et à peine incarnée, notamment par un Ben Affleck complètement sorti de sa zone de confort. Eaux profondes est le premier film érotique produit par Disney (via 20th Century Studios) depuis un autre fameux navet, Color of Night, en 1994. Espérons que ce soit le dernier.
Si elle s’adresse à un public averti, cette fable étrange, entre folklore et fantastique, témoigne de l’intérêt rarement démenti du Japon moderne pour ses traditions et sa mythologie peuplées de créatures pittoresques. Elle célèbre en outre une autre figure traditionnelle intrigante, issue quant à elle du kabuki : l’onnagata. Cette édition de grande qualité témoigne d'un travail de passionnés comme on les adore !
Si le film transpire l’amour sincère pour la ville, la nostalgie de Branagh a ôté aux images de son enfance toute l’âpreté qu’exigeait la période historique dans laquelle elles s’inscrivent. Bien trop policé, Belfast se présente dès lors comme un drame familial très gentillet, dont l’empreinte demeure superficielle. C’est bien connu, la nostalgie embellit toujours le passé.
Casting international de stars (Charlton Heston et Sophia Loren en tête), alternance de scènes intimes et de séquences de combats mobilisant une myriade de figurants, décors majestueux, pompe et solennité : Le Cid répond à tous les canons du genre, sans pour autant que la personnalité du metteur en scène ne s’efface totalement derrière le gigantisme de la mise en scène. Sa réussite prouve enfin que, des séries B à petit budget aux récits bigger than life, en passant par la complexité des enjeux caractérisant ses westerns, Anthony Mann fut un artiste caméléon, dont le génie s’exprima dans des contextes pour le moins variés.
Johnny Guitare est un opéra mélodramatique qui se joue des conventions et surprend le spectateur de la première à la dernière minute. Couleurs, costumes, décors, dramaturgie, interprétation, musique : tout concourt au génie insolite du film. C’est le cinéma qui sort vainqueur de ce duel à mort entre deux femmes au caractère volcanique. Une sortie incontournable, donc, d’autant plus que Sidonis/Calysta l’a agrémentée de suppléments à la hauteur de l’événement !
Tourné en 1946 par Jacques Tourneur, davantage célébré pour ses œuvres fantastiques et ses films noirs, ce western basé sur un roman d’Ernest Haycox fut qualifié par feu Bertrand Tavernier de « premier western moderne de l’histoire du cinéma ». Si Tourneur pèche par un évitement un peu trop systématique de l’action spectaculaire et par une direction d’acteurs discutable, force est de reconnaître que son premier long-métrage en couleurs est une splendeur visuelle rompant avec les codes prévisibles du genre…
Dennis Hopper mérite une reconnaissance bien plus large que celle obtenue par son mythique film de motards, sa carrière de cinéaste (du moins jusqu’à la fin des années 80) se révélant remarquable. Il existe heureusement des passionnés qui ne comptent pas leurs efforts pour lui redonner vie, ce dont témoigne la restauration de son troisième opus Out of the Blue, réalisé près de dix ans après la descente en flammes de The Last Movie. Elle est accompagnée de suppléments tout simplement indispensables dans cette édition signée Potemkine.
Parce qu’il s’agit d’un événement fondateur, mais aussi parce que ce dernier est l’occasion pour le Duke d’exprimer son positionnement politique et une certaine idée de l’Amérique, Alamo mobilise des moyens considérables et un casting costaud pour un métrage initial excédant les trois heures. Depuis sa sortie, l’œuvre a été vertement critiquée par les spécialistes pour ses qualités de document historique. Qu’importe ! Il nous reste un western épique impeccablement mis en scène, qu’on prend énormément de plaisir à revoir et qui témoigne d’un indéniable talent de Wayne derrière la caméra.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.