Thierry Dossogne

Magic : Anthony Hopkins en Jeff Panacloc détraqué

Oublié car occulté par les fresques historiques et biopics qui ont fait la gloire du cinéaste, Magic n’a pourtant rien d’un ratage farfelu d’un artiste qui aurait simplement ressenti une envie d’expérimentation aux ambitions modestes. Pour sa troisième collaboration avec Anthony Hopkins, Attenborough lui offre enfin un premier rôle, et pas des moindres. Bien avant d’interpréter le célèbre docteur Lecter, Sir Hopkins campe dans ce film un ventriloque dont la schizophrénie se mue bientôt en folie meurtrière.

La Peine du talion : l’âme corrompue

Dans ce film de 1948 signé du quasi-inconnu Henry Levin et au scénario particulièrement intéressant, William Holden est opposé à un Glenn Ford dans un superbe contre-emploi d’ancien officier que la guerre a rendu ivre d’autorité et de violence. Un Technicolor maîtrisé, une musique marquante et, surtout, des suppléments généreux et instructifs, font de cette sortie un immanquable pour tout amateur de westerns !

Bullhead, de Michaël R. Roskam (2011) : une bête parmi les autres

Bullhead est une œuvre impressionnante qui entraîne le spectateur dans un étonnant polar en milieu fermier. Le film de genre et les différentes pistes qu’elle ouvre ne servent toutefois que de toile de fond au vrai sujet : le portrait d’un homme brisé qui, à l’image de ses bêtes, tente en vain de surmonter les lois de la nature. Le comédien belge, en mode method acting, livre une performance époustouflante qui lui ouvrira une carrière internationale bien méritée.

Le Combat du capitaine Newman : loin du champ de bataille

Coincé entre deux époques – ce qu’illustrent aussi bien les éléments du scénario que le jeu des comédiens –, le film souffre d’un déséquilibre permanent qui explique sans doute en partie qu’il est aujourd’hui largement méconnu. La facette de l’univers militaire qui y est montrée est d’autant plus étonnante si l’on considère que le film de David Miller – dont c’est une des dernières œuvres – est sorti en 1963, ce qui en fait tout simplement un pionnier de la représentation cinématographique des blessures psychologiques du soldat américain.

Brazil, de Terry Gilliam (1985) : le rêveur clairvoyant

Dans un monde orwellien qui suffoque sous le poids de sa propre absurdité bureaucratique, la figure du héros rêveur incarne plus qu’une bouffée d’air frais : un espoir. Quand rêve et réalité se confondent de plus en plus dans un joyeux désordre à l’imagination débordante, les fantasmes les plus fous se matérialisent et effacent les repères. A moins que tout ceci n’était justement… qu’un rêve ?

Le Héros d’Iwo-Jima, de Delbert Mann (1961) : je ne suis pas un héros

L’œuvre de Delbert Mann, sortie dans une ère de vaches maigres pour le cinéma hollywoodien, retrace le destin du caporal Ira Hayes, un des hommes figurant sur la célèbre photographie d’élévation du drapeau américain sur l’île japonaise d’Iwo Jima, pendant la Seconde Guerre mondiale. Tony Curtis incarne cet homme qui, par un simple hasard, se voit propulsé vers une célébrité imméritée qu’il est incapable d’assumer.

Tsai Ming-liang, 3 premiers films : variations autour d’obsessions

Les trois premiers films de Tsai Ming-liang sont intimement liés au point de constituer des variations autour des thèmes de prédilection du maître taïwanais né en Malaisie : décor urbain, laideur matérielle, incommunicabilité, solitude, sexualité, voyeurisme, etc. A maints égards, ces premières expériences particulièrement bien maîtrisées synthétisent déjà le cinéma de Tsai. Des suppléments roboratifs achèvent de faire de cette sortie un must absolu pour tous les amoureux du cinéma et de la personnalité attachants et hors nomes du metteur en scène.

Le renne blanc, d’Erik Blomberg : un conte horrifique sami

Développée à partir d’une (fausse) légende sami, ce peuple autochtone du nord de la Scandinavie également appelé lapon, Le renne blanc est une œuvre simple mais visuellement expressive, qui exploite parfaitement un décor naturel assez original compte tenu du genre dans laquelle elle s’inscrit. Les curieux seront en outre récompensés par des suppléments qui apportent une réelle plus-value à l’objet filmique.

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