Portrait d’une femme qui ne recule devant rien pour échapper à sa condition féminine étriquée, rattrapée par un régime aux abois, l’œuvre évite soigneusement le militantisme aveugle grâce à son intelligence et ses portraits nuancés. Égalité des sexes au sein d’une même médiocrité humaine, c’est la conclusion qu’on peut tirer d’un film qui assume son point de vue pessimiste et tranché !
Les longs-métrages que Francis Ford Coppola réalisa dans une décennie 1980 maudite subissent depuis lors un traitement injuste. On ne peut donc qu’accueillir avec excitation ces nouveaux masters restaurés, proposés par Carlotta, de deux des meilleures œuvres du maître américain sorties durant cette époque. Si les nouvelles copies sont d’excellente facture et remplissent leur mission principale en nous rappelant les immenses qualités des deux films, il est fort dommage que ces sorties « événements », bien mises en valeur par le joli packaging, ne soient pas accompagnées de suppléments vidéo plus conséquents…
Oublié car occulté par les fresques historiques et biopics qui ont fait la gloire du cinéaste, Magic n’a pourtant rien d’un ratage farfelu d’un artiste qui aurait simplement ressenti une envie d’expérimentation aux ambitions modestes. Pour sa troisième collaboration avec Anthony Hopkins, Attenborough lui offre enfin un premier rôle, et pas des moindres. Bien avant d’interpréter le célèbre docteur Lecter, Sir Hopkins campe dans ce film un ventriloque dont la schizophrénie se mue bientôt en folie meurtrière.
Dans ce film de 1948 signé du quasi-inconnu Henry Levin et au scénario particulièrement intéressant, William Holden est opposé à un Glenn Ford dans un superbe contre-emploi d’ancien officier que la guerre a rendu ivre d’autorité et de violence. Un Technicolor maîtrisé, une musique marquante et, surtout, des suppléments généreux et instructifs, font de cette sortie un immanquable pour tout amateur de westerns !
Bullhead est une œuvre impressionnante qui entraîne le spectateur dans un étonnant polar en milieu fermier. Le film de genre et les différentes pistes qu’elle ouvre ne servent toutefois que de toile de fond au vrai sujet : le portrait d’un homme brisé qui, à l’image de ses bêtes, tente en vain de surmonter les lois de la nature. Le comédien belge, en mode method acting, livre une performance époustouflante qui lui ouvrira une carrière internationale bien méritée.
Coincé entre deux époques – ce qu’illustrent aussi bien les éléments du scénario que le jeu des comédiens –, le film souffre d’un déséquilibre permanent qui explique sans doute en partie qu’il est aujourd’hui largement méconnu. La facette de l’univers militaire qui y est montrée est d’autant plus étonnante si l’on considère que le film de David Miller – dont c’est une des dernières œuvres – est sorti en 1963, ce qui en fait tout simplement un pionnier de la représentation cinématographique des blessures psychologiques du soldat américain.
Dans un monde orwellien qui suffoque sous le poids de sa propre absurdité bureaucratique, la figure du héros rêveur incarne plus qu’une bouffée d’air frais : un espoir. Quand rêve et réalité se confondent de plus en plus dans un joyeux désordre à l’imagination débordante, les fantasmes les plus fous se matérialisent et effacent les repères. A moins que tout ceci n’était justement… qu’un rêve ?
L’œuvre de Delbert Mann, sortie dans une ère de vaches maigres pour le cinéma hollywoodien, retrace le destin du caporal Ira Hayes, un des hommes figurant sur la célèbre photographie d’élévation du drapeau américain sur l’île japonaise d’Iwo Jima, pendant la Seconde Guerre mondiale. Tony Curtis incarne cet homme qui, par un simple hasard, se voit propulsé vers une célébrité imméritée qu’il est incapable d’assumer.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.