Alors que les salles de cinéma sont toujours fermées au public, certains membres de la rédaction du Magduciné font un petit tour d'horizon à propos du cinéma français actuel et son rapport avec le grand public sur ces dernières années.
D'une durée de presque dix heures, la fresque cinématographique monumentale que constitue La Condition de l'homme est à redécouvrir dans une édition Blu-ray soignée mais quelque peu frustrante signée Carlotta Films.
Le blanc n’est jamais un vide : c’est une matière, une vibration, une intensité. De Malevitch à Ryman, d’Agnes Martin aux monochromes contemporains, certains artistes en ont fait un territoire radical et méditatif. Le blanc devient lumière, texture, espace intérieur. Une exploration de cette couleur qui n’en est pas une, mais qui ouvre un monde.
La matière n’est jamais neutre : elle résiste, absorbe, accroche, se fissure. De Dubuffet à Fautrier, de Tapiès à Kiefer, certains artistes en ont fait un véritable langage. Textures, épaisseurs, reliefs : la peinture devient surface vivante, terrain de lutte, mémoire du geste. Une exploration de cette dimension tactile et profonde qui façonne l’image.
Une incursion dans le cinéma d’horreur culte, une nouvelle série dramatique mi-ado mi-adulte et un nouveau programme sombre de type thriller, suivant trois désaxés au passé terrible… Nous avons visionné les pilots de trois séries sorties ce mois de février : Clarice, mettant en scène le personnage éponyme de la saga cinématographique Hannibal, Ginny & Georgia, qui suit les aventures d’une mère de 30 ans fauchée, tentant d’élever son ado de 15 ans, et Tell Me Your Secrets, dont les protagonistes ont tous un passé trouble.
Le paysage n’est plus un décor : il est une perception, une atmosphère, une relation au monde. De Turner à Monet, de Friedrich à Richter, jusqu’aux installations immersives d’Eliasson, les artistes réinventent le paysage comme sensation, abstraction ou alerte écologique. Une traversée des formes contemporaines du regard.
L’invisible n’est pas ce qui échappe au regard : c’est ce qui le traverse. De Rothko à Soulages, de Twombly à Kapoor, certains artistes cherchent à capter une aura, un souffle, une présence diffuse. L’invisible devient vibration, trace, espace intérieur. Une exploration de ces formes qui ne se montrent pas, mais qui agissent.
Le temps n’est jamais extérieur à la peinture : il la traverse, la transforme, la marque. De Turner à Monet, de Twombly à Kiefer, les artistes explorent ses traces, ses durées, ses métamorphoses. Le temps devient matière, mémoire, atmosphère. Une traversée de cette force invisible qui façonne l’image.
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.