Comme à son habitude, la rédaction du Magduciné est bien présente au Festival de Cannes. L'année 2021 ne déroge pas à la règle, avec ses multiples surprises et autres découvertes. Premier tour d'horizon avec entres autres Ouistreham d'Emmanuel Carrère ou même Tout s'est bien passé de François Ozon.
Le bruit visuel n’est pas un accident : c’est une force. Saturation, chaos, surcharge — autant de régimes qui débordent l’image, brouillent la lecture et transforment le regard. Une traversée des excès qui composent aujourd’hui l’instabilité visuelle.
L’effacement n’est jamais une disparition totale. Ratures, dissolutions, absences : autant de gestes et de phénomènes qui troublent la présence, déplacent la forme et ouvrent l’image à une fragilité active. Une traversée des opérations qui font vaciller le visible.
La réputation d'Ennio Morricone n'est plus à faire : chacune de ses mélodies est une histoire parallèle, un contrepoint sonore à l'image. Dans Il était une fois en Amérique des thèmes discrets ponctuent, jalonnent et rendent riches de sens, les grands moments de l'intrigue. Retour sur une musique wagnérienne qui a su devenir ponctuation emphatique et colorer une des plus grandes fresques de l'histoire du cinéma
L’instabilité fait osciller les formes, vibrer les lignes, dériver les surfaces. Elle transforme l’image en un espace mouvant, traversé de tensions et de glissements. Une exploration des forces qui empêchent toute fixation du visible.
Une image qui vacille hésite, tremble, se dérobe. Fragilité, bascule, disparition : autant de régimes qui révèlent la précarité du visible et la tension qui traverse toute forme instable.
Le cinéma s'est souvent réapproprié la problématique concernant l'humain et ses limites. Les robots, les androïdes et autres intelligences artificielles sont d'autant de personnages qui ont permis à bien de cinéastes et scénaristes de se pencher sur l'avenir de l'humain, son rapport à la technologie et sa perpétuelle quête d'identité. Voici une petite liste non exhaustive de films traitant du sujet.
Le geste débordant est un geste qui dépasse. Il excède son cadre, fuit, déborde, se répand. Il ne respecte plus la limite qui devait le contenir. Dans cet excès, quelque chose se libère : une énergie incontrôlée, une fuite hors de la forme, une poussée qui transforme l’image en flux.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.