Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Au cinéma, la coupure lacère le temps ; dans le numérique, le glitch fracture le flux. Dans les deux cas, l’image cesse d’être lisse pour devenir tension, interruption, surface instable où le réel surgit précisément là où la continuité échoue.
La saturation n’est plus un effet ponctuel mais une architecture perceptive complète, où l’image doit envahir, le son remplir et l’émotion déborder pour rester perceptibles. À travers le cinéma et les régimes esthétiques contemporains, se dessine un monde où l’intensité n’orne plus le réel, mais le force.
Un geste arrêté, retenu, interrompu : le geste suspendu révèle une tension interne, un mouvement qui hésite et se retient. Une exploration des gestes instables qui fissurent l’image.
Le flou n’efface pas l’image : il la transforme. Vitesse, mémoire, disparition — autant de régimes qui font vaciller les contours, glisser les formes, dissoudre les présences. Une traversée des instabilités qui redéfinissent aujourd’hui la manière de voir.
Le reflet n’imite pas : il transforme. Surfaces, miroirs, déformations, duplications — autant de régimes qui rendent l’image instable, mouvante, toujours en train de se recomposer. Une traversée des doubles fragiles qui hantent les surfaces réfléchissantes.
Infinite Granite marque un tournant dans la carrière de Deafheaven. Un virage qu’on sentait venir et qui s’avère être d’une grande beauté. Une nouvelle carrière pour le groupe, ou une simple parenthèse. Qui sait.
Le double n’imite pas : il hante. Spectres, copies imparfaites, variations multiples — autant de formes instables qui fissurent l’unité du sujet et déplacent la présence. Une traversée des doubles qui dédoublent, altèrent et transforment l’image contemporaine.
Le cadre n’est jamais un simple contour. Il sélectionne, exclut, organise. Limites, bords, hors‑champ : autant de forces qui structurent l’image et révèlent son instabilité. Une traversée des frontières visibles et invisibles qui façonnent le regard.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.