« TMNT Reborn » : quand l’action cède à la réflexion

Avec le quatrième tome de la série TMNT Reborn, Sophie Campbell poursuit une exploration introspective assez éloignée de l’action brute et des affrontements spectaculaires. Intitulé de façon évocatrice Qui sème le vent…, ce volume, paru chez HiComics, interroge les alliances et la complexité morale des personnages.

La scénariste Sophie Campbell opte pour une narration lente, qui fait renaître de ses cendres Oroku Saki, plus connu sous le nom de Shredder. Jadis ennemi juré des Tortues, ce dernier se présente désormais sous un jour ambigu, cherchant à racheter ses erreurs passées en intervenant discrètement, de manière presque paternaliste, dans la vie de ses anciens adversaires. Cette rédemption en filigrane vient subtilement perturber l’équilibre précaire du quartier mutant de New York, plongé dans une crise politique et sociale.

Là-bas affleurent des enjeux de pouvoir et certains risques liés aux tensions en cours. Le régime instauré par Old Hob et ses Mutanimaux est jugé oppressant et contre-productif. Il va bientôt faire face à une rébellion légitime mais périlleuse, menée notamment par Sally Pride. La contestation vire rapidement au chaos ; la communication est rompue et le manque de transparence tend à opposer des créatures que tout devrait rapprocher. C’est dans ces dilemmes moraux que le récit puise toute sa force, offrant au lecteur une réflexion sur la nature ambiguë du pouvoir.

Ce volume brille particulièrement dans son exploration psychologique de personnages familiers comme Raphaël et Leonardo. L’ancien leader, par exemple, est montré en quête d’une identité personnelle ; il se sent seul, délaissé, sans dessein. Raphaël, de son côté, perpétue une caractérisation en miroir à Alopex, par laquelle on interroge même ses qualités paternelles.

Cette approche introspective n’est pas sans défauts. Elle engendre quelques longueurs qui peuvent décourager le lecteur habitué aux cadences effrénées des épisodes classiques. Les affrontements, assez rares, manquent d’intensité et peinent à véritablement transmettre la gravité des enjeux narratifs. Dommage, car les planches sont réussies, bien composées et flattent souvent l’oeil.

Au final, Qui sème le vent… s’avère un tome riche, bien ficelé, mais dont l’intérêt réside surtout dans ses dialogues et ses dilemmes. Une proposition qui donne de la chair aux personnages mais qui sacrifie beaucoup du spectacle.

TMNT Reborn (T.04) : Qui sème le vent…, Sophie Campbell et Nadège Gayon-Debonnet
HiComics, mars 2025, 144 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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