Attaché de presse littéraire, interview (II) : Elisabeth Tielemans

Le Mag du Ciné a décidé de se pencher sur un métier peu connu du grand public : l’attaché de presse, et plus spécifiquement celui dont l’activité est directement liée au monde de l’édition.

Nous avons décidé de soumettre plusieurs professionnels, venus d’horizons divers, dotés de statuts différents, à un même questionnaire. L’objectif ? Effeuiller le métier en laissant à ceux qui l’exercent au quotidien le soin de verbaliser leurs ressentis et leurs expériences.

Rencontre avec Elisabeth Tielemans, créatrice et responsable de l’agence Mauvaise Herbe.

Pourriez-vous décrire brièvement votre activité d’attachée de presse littéraire ?
Ma mission est de promouvoir et faire rayonner les livres et les maisons d’édition pour lesquelles nous travaillons. Pour cela, j’envoie des informations sur les nouveautés, je réponds aux demandes, j’envoie les livres (avec des catalogues, des communiqués, des petits mots, selon), je relance, je cible… Mais aussi, nous organisons des événements comme nos deux derniers « Little Livres » à la Villette ou des rencontres avec les professionnels. Nous créons aussi des petits cadeaux sympas comme des calendriers.

Quels sont vos rapports avec les auteurs ?
J’ai toujours de bons rapports avec les artistes, je les aime et mon but est vraiment de mettre en valeur leur travail et qu’ils trouvent leur lectorat ; en tout cas, je fais ce que je peux pour ça.

Comment défendre un ouvrage en 2021, sur un marché devenu pléthorique ?
Le défendre quand même. De plus, j’ai la chance de travailler pour des petites maisons d’édition indépendantes qui ne publient pas à outrance , et dont, justement, chaque livre mérite d’être défendu. Il faut trouver le bon médium, un titre pourra avoir moins de critiques presse, mais il sera bien mis en avant par les libraires, ou bien il sera sélectionné pour un prix, et puis parfois il y a tout !

L’avènement relativement récent des webzines, des blogs littéraires, voire des chaînes YouTube spécialisées, a-t-il modifié votre manière de travailler ?
Il y a aussi pléthore de médias pour les livres et on s’y perd assez vite. Nous avons créé une page Instagram Mauvaise Herbe un peu pour ça, pour diffuser l’information d’une autre manière et à la manière de ces nouveaux médias. En revanche, Youtube, moi, je ne suis pas trop : je mets ma collègue sur le coup !

Comment se porte l’économie du livre ces dernières années ?
D’après les différents articles dans des revues spécialisées, l’économie générale est plutôt bonne, même s’il est toujours assez difficile pour les petites maisons d’édition indépendantes d’accéder à une bonne mise en place en librairie et de sortir la tête de l’eau.

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur vos activités ?
Je travaillais pour une grande maison d’édition indépendante québécoise avant la crise, mais elle a préféré au premier confinement cesser partiellement et temporairement ses activités en France. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de créer ma propre agence. J’ai trouvé en fait presque aussitôt plusieurs maisons d’édition avec lesquelles travailler et j’ai même maintenant une collègue pour pouvoir répondre aux demandes. Donc sur mon parcours professionnel, cette crise aura été plutôt bénéfique…

Est-il toujours aisé de travailler en bonne intelligence avec les journalistes ?
Il faut s’adapter aux différentes personnalités, mettre de l’intention dans ce que l’on fait, c’est toujours un plaisir je trouve d’échanger autour des livres, c’est une passion partagée finalement.

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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