Analyse Littéraire

L’affaire Arnolfini : enquête sur un tableau de Van Eyck

« Johannes de Eyck fuit hic 1434… » « La phrase est doublement ambiguë. Elle ne dit pas que le tableau date de 1434, mais que la scène qu’il représente a eu lieu cette année-là. Et elle se garde bien de nous informer si, de cette scène, Van Eyck fut le témoin ou le protagoniste. Elle place le tableau sous le signe du double sens. »

Starlight, une étoile qui brille vivement

« Les êtres sauvages, commença-t-il. Ça m’a toujours paru un peu erroné de dire ça d’eux. Ils ne sont pas sauvages. En tout cas, pas comme la plupart des gens le conçoivent. Observez-les. Voyez comment ils sont les uns envers les autres. Ils sont plus dociles que nous. Je crois que c’est parce qu’ils savent d’emblée comment aimer et que nous, nous devons l’apprendre. Je vois cela en eux. Comment l’amour les rend dociles. Pas seulement entre eux. La nature. Son mystère. L’attraction de la lune. Le ciel. Toute l’atmosphère qui s’en dégage. C’est ce qui m’attire. Cette grande ouverture qu’ils offrent. C’est ce que j’essaie de ressentir quand je suis avec eux. Ce que j’essaie de voir et de saisir, si j’ai de la chance. Cette authenticité. »

Les 7 roses de Tokyo : Où le féminisme s’avère essentiel

« Il a produit de sa poche gauche un paquet de Soleil Levant. Ce que le ravitaillement nous réserve de temps à autre, ce sont des Milan d’or, et pour ce qui est de ces Soleil Levant, à cause de la présence de feuilles de grande renouée, je ne pourrais affirmer qu’elles sont bonnes, avec la meilleure volonté du monde ; cependant, une bouffée de leur fumée me procure une sensation de nicotine jusqu’au bout des doigts et un agréable fourmillement gagne tout mon corps. C’est bien là la plus grande jouissance du fumeur. Je sais comment m’en procurer. Il suffit de bourrer de riz perlé un paquet vide de ces Soleil Levant puis d’aller se tenir devant le débit de tabac du coin, d’attendre le moment où les passants ont disparu pour mettre prestement le paquet sous le nez de la buraliste. La seconde d’après le riz a été escamoté au profit de tabac. »

Céline : Une enquête en trompe-l’œil

« Aimer les paysages de montagnes er de vallées du Sud du Wyoming, ça s’apprend. Céline n’avait jamais appris. Quelques jours plus tard, elle écrivit à Hank : « Les kilomètres de collines et de bigelovie puante, les mouchetures surprenantes d’antilopes pareilles à des taches de peinture, rouges et blanches, les montagnes rocailleuses en fond et le vent incessant, tout ça semble distant, presque inaccessible. Du coup, moi aussi je me sens mise à distance. On dirait de vraies montagnes privées d’humidité et de couleur, même si je sais que les gens en font des tonnes sur la subtilité des nuances de cette région. Comme pour compenser, pour s’excuser. Bref, ça me fatigue. Ça ne m’a jamais intéressée de rencontrer un paysage ou quelqu’un à moitié. … »

Les Cloches jumelles et leur sonorité particulière

« Derrière elle, un paquet de neige tomba d’une branche qui rebondit de joie, débarrassée de sa charge hivernale, fêta d’un jet de gouttelettes sa liberté retrouvée, et s’immobilisa en angle aigu. »

Conversations entre amis : Frances se cherche

« Alors je lui ai dit que j’étais marié, a poursuivi Nick. Tu devais tout de même bien avoir une idée de ce qu’elle te voulait, a dit Derek. Non, je t’assure, a dit Nick. Les gens prennent tout le temps des cafés ensemble, alors non, ça ne m’a pas traversé l’esprit. Ça ferait une bonne histoire à raconter dans un magazine, ça, a dit Evelyn. Si tu avais eu une aventure avec elle. Elle était jolie ? a demandé Bobbi. Nick a ri en montrant ses paumes, l’air de dire, qu’est-ce que tu crois ? Ravissante, a-t-il répondu. Melissa a ri, et il a souri la tête baissée, comme s’il était content de l’avoir distraite. Sous la table, je m’écrasais les orteils avec mon talon. Elle était aussi terriblement jeune, non ? a dit Derek. Vingt-trois ou quelque chose comme ça. Peut-être qu’elle savait que tu étais marié, a dit Evelyn. Il y a des femmes qui aiment les hommes mariés. Pou elles, c’est une sorte de défi. Je m’écrasais le pied si fort que la douleur est remontée dans ma jambe et que j’ai dû me mordre la lèvre pour m’empêcher de crier. En levant le talon, j’ai senti mes orteils palpiter. Je ne crois pas, a dit Nick. Elle avait l’air très déçu quand je le lui ai dit. »

Mort d’une héroïne rouge : importance de la ligne du Parti

« Malgré la plaisanterie, il sentit la tension monter entre eux. C’était illégal pour un homme et une femme d’être dans la même chambre sans un certificat de mariage. Le service de sécurité de l’hôtel avait le droit d’entrer à tout moment. « Contrôle de routine ! » Certaines chambres cachaient même des caméras vidéo. »

Karoo, le Saul pleureur

« J’ai un terrible problème avec la vérité. Je ne peux pas imaginer ce qui risque d’arriver une fois qu’on l’a énoncée. Ce que je vois, c’est que tout s’arrête et que la vérité une fois dite, comme une avalanche, bloque toutes les routes, en avant comme en arrière. »

Patagonie route 203 : errance argentine

« Des hauteurs occidentales accompagnant la lente descente des glaciers, les eaux se déversaient, les vents soufflaient ; à l’est l’océan dominait, avec ses saisons de pêche et les marées capricieuses, les plages désertes… jonchées d’ossements de baleines et de lions de mer. Où que l’on se tourne, le regard revenait sur les vagues et les quarantièmes rugissants, sans toucher un seul empan de terre. Ainsi se présentait la planète dans ces latitudes extrêmes que ses habitants se plaisaient à appeler « le monde du bout du monde », comme si c’était un motif de fierté. »

Terre errante dans l’immensité de l’univers

« Plus tard, nous sommes arrivés au bord de la mer, où nous avons pu voir le sommet de gratte-ciels immergés saillir des eaux. Au moment du reflux, des flots d’écume blanche se sont mis à rouler en cascade le long de leurs innombrables fenêtres… »

L’étrangère aux yeux bleus : charmante

« Les paroles acquièrent de la force quand elles viennent du fond de l’âme, dit Rinto. Elles doivent couler comme l’eau d’un ruisseau, libres comme l’air qu’on respire. »

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