Incarnate, un film de Brad Peyton : critique

Incarnate, où comment une idée de départ assez intéressante peut être massacrée par de piètres choix de mise en scène.

Synopsis : Le docteur Ember possède une capacité étrange et perturbante : il peut entrer dans l’esprit de personnes possédées pour les libérer des entités qui les parasitent. Le Vatican entre en contact avec lui pour s’occuper du cas d’un garçon, Cameron, dont la psyché est emprisonnée par un archidémon.

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Le principe qui sert de point de départ à Incarnate aurait pu donner un film intéressant. Le docteur Ember rentrant dans le subconscient des personnes possédées, le spectateur pense inévitablement à un mélange entre Inception et Insidious. Et le film joue sur les deux références. D’un côté, il y a le rapport compliqué entre rêve et réalité, entre le monde du subconscient et le monde véritable, avec la nécessité d’avoir un objet concret qui permette de savoir de quel côté de la frontière mentale on se trouve. D’un autre côté, le film reprend les codes habituels du film de possession, les démons aux yeux entièrement noirs et à la voix rauque, les personnages qui volent dans la pièce, etc. On entend même un personnage faire une référence directe à L’Exorciste.

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Hélas, si l’idée de départ est intéressante, le résultat final est plutôt lamentable. Les choix artistiques plombent tous les effets potentiels. Ainsi, le cinéaste, Brad Peyton (qui nous avait déjà prouvé son absence de talent avec Voyage au centre de la Terre 2 et surtout San Andreas) décide de ne pas perdre de temps : il cherche à nous faire peur dès la scène d’ouverture en nous montrant tout de suite le démon et la possession du jeune Cameron. Ainsi, tout le travail, absolument nécessaire dans un film d’horreur, d’installation d’une ambiance, d’une atmosphère glauque ou étouffante, est passé à la trappe. Le réalisateur confond vitesse et précipitation et manque complètement son effet. Il lui sera impossible, par la suite, de rattraper cette erreur : Incarnate reste un film poussif dans lequel on s’ennuie et où non seulement l’horreur, mais même l’angoisse sont totalement absentes.

Le scénario cumule des scènes que les amateurs du genre ont déjà vu des centaines de fois. Le scénariste tente bien d’implanter un ou deux retournements de situation, mais c’est tellement cousu de fil blanc que l’effet de surprise ne fonctionne pas et cède la place au ridicule.

Quant aux personnages, ce n’est pas tant leur côté caricatural qui gêne. Dans la production du genre, Incarnate se révèle vite être un des films les plus mal interprétés de ces dernières années. Aaron Eckhart surjoue l’homme blessé qui cherche à se venger en faisant une trogne qui serait hilarante dans d’autres circonstances. Carice Van Houten (qui a quand même quelques belles performances à son actif, comme l’excellent Black Book de Paul Verhoeven) se contente, elle, de ne pas jouer du tout, n’exprimant aucune émotion et se contentant de regarder à la télévision la diffusion de l’exorcisme de son fils.

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Seule nouvelle plutôt positive : le budget relativement restreint du film (estimé à 5 millions de dollars par imdb) empêche le cinéaste de déployer toute une avalanche d’effets spéciaux, et c’est sûrement une très bonne idée. Il faut bien admettre que les rares trucages que l’on voit dans Incarnate sont tellement pitoyables qu’on regrette vite leur présence.

En bref, Incarnate est un exemple de plus de ce type de films qui plombent le genre du cinéma d’horreur, à la fois par la banalité de leur modèle, déjà vu des dizaines de fois, et par leur absence de créativité artistique.

Incarnate : Bande annonce

Incarnate : Fiche Technique

Réalisation : Brad Peyton
Scénario : Ronnie Christensen
Interprétation : Aaron Eckhart (Doncteur Ember), Carice Van Houten (Lindsey), Catalina Sandino Moreno (Camilla), David Mazouz (Cameron), Keir O’Donnell (Oliver).
Photographie : Dana Gonzales
Montage : Jonathan Chibnall, Todd E. Miller
Musique : Andrew Lockington
Production : Jason Blum, Trevor Engelson, Michael Seitzman
Sociétés de production : IM Global, Blumhouse Productions, WWE Studios, Deep Underground Films
Sociétés de distribution : BH Tilt, Universal Pictures
Budget : 5 millions de dollars
Genre : fantastique, horreur
Durée : 91 minutes
Sortie en France : 29 janvier 2017 (Festival de Gérarmer), 19 avril 2017 (VOD)

USA- 2016

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