El Soñador-The Dreamer, un film de Adrián Saba : Critique cinéma

Sélectionné dans une trentaine de festivals internationaux, le nouveau long-métrage de Adrián Saba surprend autant par son esthétisme que par sa poésie. El Soñador-The Dreamer est comme son nom l’indique, le songe de toute une vie…

Synopsis : Pour échapper brièvement à sa morne existence de petit délinquant, Sebastián se laisse dériver dans le monde de ses rêves. C’est le seul où il peut se protéger, lui et son amour pour Emilia, et échapper aux menaces du monde réel. Mais la frontière entre rêve et réalité devient floue…

Un rêve éveillé

« On dit que quand on rêve, on ne peut pas lire. » C’est sur ces mystérieuses paroles, murmurées par Emilia, que débute le songe de Sebastián, alias Chaplin. Rêveur, ce jeune homme subit les conséquences de la vie en s’échappant littéralement dans ses chimères, là où il est le seul maître de son sort.

Emporté dans le tourment de la délinquance, Sebastián fréquente un groupe de jeunes marginalisés, multipliant ainsi les actes fautifs. Escroquerie et violence, tel est le quotidien de cet homme, en parfaite contradiction avec cet univers. Nous nous retrouvons ainsi plongés au cœur de la ville de Lima, dominée par un profond réalisme… Jusqu’au plongeon interrompu dans l’imaginaire de cet homme. C’est au détour d’une rencontre foudroyante avec une jeune femme dénommée Emilia, que Sebastián ne cesse de s’enfuir dans ses rêves idylliques, à la recherche d’une vie meilleure. La liberté dans le monde des rêves, voici la principale question que pose ce long-métrage : lorsque le rêve devient réel et la réalité une pure illusion…

« Tout est sombre. Le seul signe de ma présence en ce monde est le frottement du sofa contre ma peau. Mes paupières ne me protègent plus. Je vois comme elles brillent à l’intensité de la lumière. Au-delà de mes paupières…rien. » 

Une poésie colorée

Quand l’esthétisme rencontre la poésie. Voici le bouleversement dont nous sommes témoins lorsque nous regardons El Soñador-The Dreamer.  Adrián Saba, réalise avec ce long-métrage une prouesse cinématographique encore très peu exploitée jusqu’à présent.

J’ai simplement raconté une histoire de manière émotionnelle avec une cinématographie fluide et une palette pleine de couleur. Adrián Saba

Dans l’histoire du cinéma, nombreux sont les films exploitant avec brillance la thématique du rêve.  Parmi ces derniers nous retrouvons Mulholland Drive (2001), Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004), ou encore Inception (2010). Pourtant, El Soñador-The Dreamer se démarque de ces films quelques peu énigmatiques en apportant une véritable nouveauté cinématographique : celle de favoriser l’esthétisme au détriment du scénario.

 L’esthétisme visuel est ainsi réfléchi dans les moindres détails : nous passons d’une scène baignée par le rouge éclatant pour arriver à un paysage dominé par le vert électrique. Les transitions entre les séquences réelles et el-sonador-the-dreamer-film-acteur-scene-de-nuitimaginaires sont travaillées méticuleusement de façon à plonger le spectateur dans un doute obsessionnel : comment déceler la réalité du rêve ? Bref, nous nous retrouvons intimement plongés pendant une heure et vingt minutes dans une narration guidée par le visuel… Ce challenge, bien que risqué, aurait très bien pu apporter une lenteur excessive à la trame de l’histoire, pourtant l’absence de dynamisme n’attaque en rien le film, au contraire il permet de percevoir véritablement l’étendue de sa dimension poétique.

« Tout n’est qu’un silence. Peut-être suis-je morte ? »

El Soñador-The Dreamer se révèle ainsi comme un véritable drame aux allures de conte littéraire. Cette escapade dans l’imaginaire d’un jeune homme, baigné par la volonté d’un avenir utopique plonge ainsi le spectateur dans une toute autre dimension… Celle d’une expérience de rêve éveillé en temps réel. 

El Soñador-The Dreamer : Bande-annonce

El Soñador-The Dreamer : Fiche technique

Titre international : The Dreamer
Titre original : El Soñador
Réalisation : Adrián Saba
scénario : Adrián Saba
Casting : Herbert Corimany, Eugenio Vidal, Gustavo Borjas, Valentín Prado, Elisa Tenaud…
Genre : fiction
Durée : 80 minutes
Dates de sortie : 15 mars 2017
Directeur de la photo : César Fe
Producteur : Carito Denegri
Directeur musical : Nuria Saba
Montage : Justin Beach
Pays : Pérou, France
Année : 2016

France, Pérou – 2016

Festival

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Megane Bouron
Megane Bouronhttps://www.lemagducine.fr/
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