Sorties cinéma Mars 2017 : des mines, des maths, du sang et une malédiction

Les sorties à venir avec votre agenda cinéma du mois de Mars. Le mois de février fut le mois des récompenses, avec les Bafta, les Césars et les Oscars qui se sont suivis de près, une consécration pour La La Land et Manchester by the Sea côté anglophone, et pour Juste la fin du monde et Elle côté francophone. Un mois riche en cinéma certes, mais Mars ne sera pas en reste, avec de nombreuses grosses sorties. Chaque mois LeMagduCine vous propose un zoom sur les sorties du mois dont vous n’avez peut être pas encore eu vent.

Les Oubliés, de Martin Zandvliet. Le 1er Mars

Le film raconte l’histoire de jeunes soldats allemands faits prisonniers par l’armée danoise après la 2nde Guerre Mondiale. A peine sortis de l’adolescence ils vont devoir nettoyer une plage du Danemark de plusieurs milliers de mines posées par le régime nazi. Les mines, en dehors d’être l’une des plus grande machine de mort dont l’être humain ait eu l’idée, sont un excellent moyen d’apporter de la tension dans un film. Imprévisibles, destructrices et spectaculaires, ajoutez à cela quelques adolescents présents contre leur gré et vous obtenez quelques sueurs froides garanties.

Les figures de l’ombre, de Theodore Melfi. Le 8 mars

Les figures de l’ombre, ce sont les mathématiciennes afro-américaines qui ont permis par leurs calculs d’envoyer John Glenn dans l’espace et par la même occasion de faire avancer la cause des femmes et des noirs aux Etats-Unis. Le film est un carton gigantesque aux Etats-Unis avec 145 millions de recettes, dépassant même l’intouchable La La Land. Un succès publique et critique qui ne sera malheureusement pas suivi par les Oscars : arrivé en challenger, Les figures de l’ombre repartira les mains vides de la cérémonie. Le succès du film de l’autre côté de l’Atlantique et son sujet devraient néanmoins vous convaincre d’y jeter un œil.

 

Grave de Julia Ducournau, le 15 mars

Que se passe-t-il quand on met en contact une jeune étudiante vétérinaire, végétarienne depuis toujours et de la viande crue ? Une réaction en chaîne qui mène au cannibalisme, rien que ça. Grave est un film gore français, et rien que cette association de mots devrait être suffisante pour vous donner envie d’aller voir cet étrange projet. Un bon coup de pouce au film de genre français, que beaucoup imaginent en train de se noyer sous un océan de comédies plus remplies de clichés et de drames dépressifs. Le film a pour joyeuse réputation d’avoir provoqué quelques malaises lors de ses diffusions en festival. 

https://www.youtube.com/watch?v=5FB_9zONNtQ

La rage du démon de Fabien Delage. Le 25 mars

En janvier 2012, un collectionneur organise une projection privée d’un film de Georges Méliès (tout simplement le père des effets spéciaux) au musée Grévin à Paris. La séance tourne à l’émeute et la cause semble en être le film diffusé : la rage du démon. Le film semble provoquer des réaction très étranges chez celui qui le regarde. Ce documentaire va essayer de retrouver la trace de ce film et de comprendre d’où vient cette « malédiction » qui pèse dessus, le tout agrémenté d’interviews d’Alexandre Aja et Christophe Ganz. Le film est en réalité un Mockumentary, (ou documenteur dans la langue de Gérard Depardieu) c’est-à-dire qu’il présente sous la forme d’un documentaire un peu de vérité enroulé dans une couche de mensonge, ou inversement. Un projet innovant pour un réalisateur français qui avait déjà essayé de combiner le documentaire et l’horreur avec Dead Crossroads, documentaire sur les lieux hantés de France.

Également au cinéma ce mois-ci:

Le 1er mars:

  • Logan de James Mangold
  • Patients de Grand Corps Malade
  • T2 Trainspotting de Danny Boyle
  • Paula De Christian Schwochow
  • 20th Century Women De Mike Mills

Le 8 mars:

  • Miss Sloane de John Madden
  • Kong: Skull Island de Jordan Vogt-Roberts
  • Confession de Nicolas Boukhrief
  • Babyphone de Olivier Casas
  • Monsieur & Madame Adelman de Nicolas Bedos

Le 15 mars:

  • Chacun sa vie de Claude Lelouch
  • The Lost City of Z de James Gray
  • Jours de France de Jérôme Reybaud

Le 22 mars:

  • La Belle et la Bête de Bill Condon
  • Fantastic Birthday de Rosemary Mayers
  • Brimstone de Martin Koolhoven
  • Sage Femme de Martin Provost

Le 29 mars

  • Ghost In The Shell de Rupert Sanders
  • Gangsterdam de Romain Lévy
  • Baby Boss de Tom McGrath
  • A United Kingdom de Amma Asante

Auteur : Yvan Ribollet

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Elvis, de Baz Luhrmann, avec Austin Butler et Tom Hanks : un nouveau genre de biopic magistral

Elvis est sorti le 22 juin 2022. Réalisé par Baz Luhrmann, le long-métrage a pour têtes d'affiches Austin Butler dans le rôle-titre et Tom Hanks dans celui du colonel Parker, l'imprésario exclusif du musicien. Pendant presque trois heures, le réalisateur australien nous conte le mythe Elvis, superbement interprété par le jeune acteur, et aussi bien mis en scène. A voir et à retourner voir.

Blade Runner 2049, Le Sens de la Fête… les films du week-end

Si vous ne savez pas quoi voir ce week-end, rattraper votre retard avec l'inratable Blade Runner 2049, le grand film de science-fiction par Denis Villeneuve. Ou bien faites-vous plaisir avec la comédie de la semaine, Le Sens de la Fête par les réalisateurs d'Intouchables et de Nos Jours Heureux. Moins rigolo, mais plus grinçant, Michael Haneke revient avec Happy End avec une flopée de bons acteurs. Enfin, le documentaire de la semaine est Latifa, le coeur au combat, poignant et nécessaire.

Un beau soleil intérieur, Stupid Things… les films du week-end

Vous ne savez pas quoi voir ce week-end ? Profitez du romantisme et de la sincérité d'un Beau soleil intérieur. Plongez dans le portrait poignant d'un adolescent dans Stupid Things ou dans la folie du dernier film de Noémie Lvovsky.