Le Concours, un film de Claire Simon : Critique

Rêve de réussite et passion cinéphile dans Le Concours, nouveau documentaire de Claire Simon

Synopsis : C’est le jour du concours. Les aspirants cinéastes franchissent le lourd portail de la grande école pour la première, et peut-être, la dernière fois. Chacun rêve de cinéma, mais aussi de réussite. Tous les espoirs sont permis, toutes les angoisses aussi. Les jeunes gens rêvent et doutent. Les jurés s’interrogent et cherchent leurs héritiers. De l’arrivée des candidats aux délibérations des jurés, le film explore la confrontation entre deux générations et le difficile parcours de sélection qu’organisent nos sociétés contemporaines.

Après Le Bois dont les rêves sont faits sorti en 2016, Claire Simon est de retour sur grand écran pour Le Concours, documentaire sur le concours d’entrée à la Fémis, réputée pour son caractère sélectif, mais ô combien attrayant. ll faut savoir que seules 6 personnes sont sélectionnées pour environ 3000 postulants. Autant dire que les places valent très chères et sont plus que très convoitées.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Le Concours n’évoque pas la progression d’un étudiant unique à travers les différentes épreuves d’admission. Claire Simon fait le choix d’illustrer formellement et simplement chaque étape, en parvenant à parfois filmer un étudiant qui la réussira, alors qu’un autre échouera. Les choix de la réalisatrice sont intéressants et correspondent aux attentes du spectateur. Le concours d’admission n’est pas embelli, l’image renvoyée n’est en aucun cas un embellissement de la réalité. Le film se fait présentation d’un des examens autour duquel tournent le plus de mystères.

Mais la directrice du département réalisation de la Fémis ne se contente pas de donner un aperçu des épreuves afin d’appâter de futurs candidats ou de conforter certains dans l’envie de le passer. Aux portraits d’étudiants filmés à travers leurs oraux ou leurs écrits se mêlent l’envers du décor, celui des professeurs. Ces derniers donnent naissance à de nombreuses séquences drôles, de quoi décrisper le spectateur au milieu de ce stress ambiant. Les avis des examinateurs, leurs impressions, leur franc parler aboutissent à de réelles perles que l’on ne peut qu’apprécier. On retiendra cette séquence lorsqu’un étudiant doit construire un scénario autour d’un sujet donné, ici, une simple phrase. Nait alors une scénario complètement alambiqué, dans lequel l’étudiante vient elle-même se perdre, faute à une multitude de personnages ayant tous des liens entre eux. Les têtes des professeurs/examinateurs sont alors mémorables et on ne peut s’empêcher de rire tant la confusion règne. Claire Simon ne se conforme pas dans le portrait formel d’un concours, toutes les facettes sont exploitées.
Il est également intéressant d’assister aux débats entre correcteurs après évaluation des écrits : entre prises de position en faveur d’un étudiant et remise en question de la correction des autres, Le Concours devient une fiction à part entière tant chaque personne présente à l’écran est incarnée et parfois obstinée dans ses convictions.
La photographie de ce documentaire est simple et se place comme un œil discret, une caméra immersive. L’absence de tout artifice visuel, que ce soit en terme d’image ou de montage, est à souligner. Les étudiants et les professeurs sont abordés de la même façon, et la notoriété de l’école tend à se faire oublier le temps d’un film. Jamais les mérites de l’enseignement ne sont vantés ou dépeints comme géniaux. La Fémis devient simplement une grande école dans laquelle les étudiants tentent d’intégrer.

Toutefois, Le Concours tend à donner l’impression que l’examen d’entrée à la Fémis est d’une certaine facilité et, qu’ainsi, chaque épreuve est facile à surmonter.

Très peu d’élèves semblent stressés ou déconcertés par les examens, chacun semble confiant, ce qui n’est pas le cas lorsque 3000 étudiants passent un concours. Mais Claire Simon met également en lumière les petits défauts du concours et les incohérences qui peuvent subvenir chez les examinateurs, notamment lors de l’entretient final, lorsqu’il ne reste plus que 20 étudiants dans chaque domaine. Que ce soit sur la maturité, l’âge, le milieu social ou la manière de s’exprimer, les remarques des enseignants prouvent bien toute la subjectivité de ce concours d’entrée. De quoi ne pas en rassurer plus d’un.

Malgré le lien étroit entre Claire Simon et La Fémis, Le Concours ne nous est pas présenté comme un film de propagande afin de donner envie aux étudiants français de passer cet examen. Même s’il s’avère très simple, aussi bien sur sa forme que sur son fond, les différentes facettes dépeintes, que ce soit du côté des étudiants ou des professeurs, apportent toute crédibilité et véracité à l’œuvre.

Le Concours : Bande-annonce

Le Concours : Fiche Technique

Réalisation : Claire Simon
Photographie : Claire Simon
Montage : Luc Formelle
Producteurs : Belinda Leduc, Arnaud Dommerc
Sociétés de production : Andolfi
Distribution (France) : Sophie Dulac Distribution
Durée : 119 minutes
Genre : Documentaire
Date de sortie : 8 février 2017

France – 2017

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Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

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