La Folle Histoire de Max et Léon, un film de Jonathan Barré : Critique

Avec La Folle Histoire de Max et Léon, le Palmashow déboule sur grand écran pour une première comédie qui retentit comme une réussite.

Synopsis : Les aventures de Max et Léon, deux amis d’enfance fainéants et bringueurs, qui tentent par tous les moyens d’échapper à la Seconde Guerre mondiale.

L’Histoire avec un grand P (comme Palmashow)

Si vous ne connaissez pas le Palmashow, il est encore temps de découvrir le duo de comiques issu du web. De leur vrais noms David Marsais et Grégoire Ludig, les deux trublions étaient initialement connus pour leur Very Bad Blague, imaginant une multitude de situations dans un contexte donné (« Quand on sort une Punchline », « Quand on fait une comédie musicale » etc…), en incarnant une horde de personnages. Puis les comparses se sont retrouvés à la télé et sont à l’origine de parodies toutes plus drôles les unes que les autres (PNL, Maitre Gims, La Reine des Neiges etc..). C’est donc un nouveau défi que le duo s’est lancé, toujours fièrement accompagné de leur cadreur et co-scénariste Jonathan Barré. Passer du web au cinéma n’est pas un défi toujours relevé par les « Youtubers ». La prestation de Norman Thavaud dans Pas très normales activités fut catastrophique, celle de Jérome Niel (La Ferme Jérome) dans L’Idéal fut bien dénuée de tout intérêt également. Ainsi, il y avait de quoi appréhender La Folle Histoire de Max et Léon, même si la bande-annonce s’avérait prometteuse. Alors, réussite ou échec ?

Est-il encore possible de traiter la Seconde Guerre Mondiale de manière originale et, qui plus est, drôle ? C’est le défi qu’a tenté de relever le Palmashow, et c’est une réussite. Fidèle à leurs valeurs et à l’humour qui les caractérise, les joyeux lurons sortent l’artillerie lourde pour un premier film décapant, un road-movie français entre Résistance et collaboration pour réussir à ouvrir un bar à Mâcon.
L’humour du Palmashow est singulier et réussit à ne pas devenir lourd et surfait tant il est justement dosé. On retrouve ces mimiques, ces quiproquos et ces comiques de situation qui leur sont propres, tout cela mêlés à un travail esthétique et scénaristique. L’humour dominant du Palmashow, c’est surtout le comique de répétition, qui fonctionne et face auquel il est impossible de ne pas décrocher un rictus. Il est impossible de se lasser de l’humour de La Folle Histoire de Max et Léon, c’est également parce qu’il est incarné par une ribambelle d’acteurs et de Youtubers qu’on ne peut que s’amuser à énumérer. Ainsi, on retrouve Christophe Lambert, Dominique Pinon, Bernard Farcy, Florence Foresti et bien d’autres en terme d’acteurs, alors que du côté des Youtubers on recensera Adrien Ménielle ou encore Vincent Tirel. Si certains en font des caisses, alors que d’autres sont ressortis des tiroirs, on décèlera ceux qui se lâche et qui mérite une mention spéciale, comme Nicolas Marié, souvent apparu dans les Very bad Blague, qui se lâche, donnant naissance à un personnage loufoque et complètement barré. Toutefois, on ne peut échapper à certains gags qui sont déjà vus et re-vus. Certaines scènes se voient être ternies par des flottements la faute à un humour qui peine à passer, parfois par une absurdité trop prononcée. Les gags, même s’ils sont drôles, sont donc à géométrie variable.
En effet, certaines fautes de gout viennent ternir le ratio de réussite, qui reste tout de même bon, voire très bon. Des scènes avec des nazis dans un club gay en porte-jarretelle en feront jaser plus d’un, tout comme cette séquence qui se concentre en une énumération de blagues sur les juifs, même s’il faut prendre cela au 1000ème degrés.
On ne qualifierait pas le scénario de faible mais plutôt de concis. Les différentes séquences du film renvoie à cette notion de sketchs propres au Palmashow, sans toutefois omettre un fil d’Ariane qui consolidera l’intrigue. Cette dernière est fondée sur un chapitrage allant de 1939 à 1945, mais on comprend que l’humour a été favorisé au détriment du scripte.

Pour en revenir à l’aspect technique de La Folle Histoire de Max et Léon, on se réjouit de cette ambiance historique qui s’offre à nous comme un pastiche des plus grands films d’action ou d’aventure (Indiana Jones, La Liste de Schindler). La réalisation de Jonathan Barré est fluide et réfléchie, bien que non révolutionnaire. Les effets spéciaux semblent exagérés et trop factices mais en cela réside tout le charme de ce premier long-métrage. Le réalisateur s’amuse et on perçoit tout le plaisir qu’ont eu Barré et le Palmashow à faire ce film. Des explosions en arrière-plan avec nos héros en mode « badass » font sourire, mais fonctionne plutôt bien, une fois assimilées à l’intrigue.
Les décors et les costumes s’imposent comme des piliers du film qui font prendre toute crédibilité au récit. En une heure et demie, les deux gaillards doivent changer une bonne dizaine de fois de costumes, et presque d’identité, tout comme ils le font en incarnant la pléiade de personnages de leurs Very Bad Blague. La construction fait de La Folle Histoire de Max et Léon un road-movie qui nous promène de la campagne suisse à Londres, en passant par la place de Mâcon ou un camp de Charleville-Mézières. Et à chaque fois, les décors sont atypiques et finement construits. Impossible de se lasser tant les séquences défilent et ne se ressemblent pas. Cependant, le montage du premier quart d’heure est quelque peu inconvenant tant les actions s’enchainent et qu’il est impossible de se poser pour prendre le temps de contextualiser l’action.

La Folle Histoire de Max et Léon s’impose comme un premier film réussi, qui n’a pas à rougir de bon nombre de comédies françaises actuelles. Le passage du petit écran de l’ordinateur à celui du cinéma est tout à fait réussi, et on se plait à retrouver toute cette farandole d’acteurs, même si certains ne sont présents que pour quelques secondes, comme Baptiste Lecaplain. Rappelant OSS 117 ou La Grande Vadrouille, le premier long-métrage du Palmashow et de Jonathan Barré l’est justement : complètement barré (et très drôle).

La Folle Histoire de Max et Léon : Bande-annonce

Un Very Bad Blague, parmi tant d’autres :

La Folle Histoire de Max et Léon : Fiche technique

Réalisateur : Jonathan Barré
Scénario : David Marsais, Grégoire Ludig, Jonathan Barré
Interprétation : David Marsais, Grégoire Ludig, Dominique Pinon, Alice Vial, Julien Pestel, Nicolas Marié, Bernard Farcy…
Photographie : Sacha Wiernik
Montage : Delphine Guilbaud
Musique : Charles Ludig
Direction artistique : Stéphane Cressend
Producteurs : Ilan Goldman
Sociétés de production : Légende Films, Blagbuster Productions
Distribution (France) : StudioCanal
Durée : 98 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 1 novembre 2016

France – 2016

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Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

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