Juillet Août, un film de Diastème : critique

Après la petite polémique créée par Un Français en 2015, on ne s’attendait pas à voir revenir Diastème aux commandes d’une petite comédie sans prétention. Qui plus est une comédie dans laquelle officient de jeunes actrices en devenir. Juillet Août est presque un film prototype : c’est l’été, nous sommes face à une famille recomposée et à deux jeunes sœurs dont les cœurs sont tous prêts à balancer pour des flirts de vacances déchirants.

Synopsis : C’est l’été. Les familles migrent et se recomposent. Laura, 14 ans, et Joséphine, 18 ans, partent en juillet avec leur mère dans le Sud, puis en août chez leur père en Bretagne. La cohabitation entre ados et adultes ne manque ni de tendresse, souvent non-dite, ni d’exaspération, parfois bruyante… Car les filles ont leurs secrets, qui n’ont pas grand-chose à envier aux problèmes de leurs parents et de leurs beaux-parents. C’est l’été de tous les dangers ? Pas tout à fait. Quoique.

L’été meurtrier ?

On croyait au pire, voire être en plein cauchemar, en découvrant la bande annonce. Mais le réalisateur parvient à s’en sortir grâce à des interprètes très bien dirigés, qui finissent par sortir un peu des clichés dans lesquels ils semblaient avoir été enfermés. Mention spéciale à Thierry Godard en papa breton survolté et à la jeune Luna Lou en ado révoltée, râleuse, mais finalement plus mature qu’il n’y paraît. Le passage de juillet à août permet justement au film de prendre de la bouteille, de s’émanciper des plages ensoleillées et de ne pas enfermer la grande sœur dans un amour de vacances plan-plan. Loin de là d’ailleurs. C’est en effet un bijou volé par une bande de « bras cassés » qui fait le lien entre le sud et la Bretagne. L’été est donc bien loin d’être de tout repos, il est même « potentiellement dangereux ».

« C’est beau la vie, la longue vie »

Le film se déroule comme un moment de vie, un passage, des instants volés au cœur de l’été, avant qu’il ne faille vivre encore, grandir et devenir soi. Ce passage du temps, ces petits aléas de la vie sont le moteur du film, très ingénieusement mis en musique par Alex Beaupain qui a écrit les textes de cinq chansons qui ponctuent Juillet Août tout du long, racontant simplement la vie, l’amour. Ce sont autant de petites ritournelles qui pincent le cœur, entourent joliment les petits moments non parlés, les transitions du film. En choisissant de ne pas se focaliser seulement sur les coups de gueule de ses personnages, mais en cherchant aussi à les accompagner vers l’émancipation, sans les écraser, Diastème parvient à signer un film de vacances qui essaie d’en détourner les clichés. La mer bretonne s’ouvre au spectateur, ses chants et sa fraîcheur revigorante le temps d’une soirée ou d’une journée d’initiation à la voile. On y déjoue même des bandes de trafiquants du dimanche. Rien n’y est jamais bien grave car tout est assumé comme ayant une odeur de déjà vu.  De même qu’il n’avait pas la prétention de parler de toute la France et de ses habitants avec Un Français, Diastème n’a de nouveau pas celle de parler de tous les adolescents avec ce film, mais simplement des « petits drames à soi ». Un bon petit moment sans plus. L’esprit des vacances nous poussent sûrement à l’indulgence, puisque l’on fredonne encore les paroles d’Alex Beaupain en sortant de la salle. Un artiste capable de faire chanter avec douceur et force des textes aussi simples et banals qu’un premier « je t’aime ». C’est l’esprit de ce petit film moins manichéen que prévu et porté par l’envie de tout recommencer, de croire que c’est possible. A cette image, les deux séquences qui encadrent le film mettent en scène la jeune Laura (Luna Lou). On la trouvait révoltée et déterminée au début, la voilà plus qu’apaisée, sans pour autant être résignée, quand on la laisse à l’aube de ses 15 ans.

Juillet Août : Bande-annonce

Juillet Août : Fiche technique

Réalisation : Diastème
Scénario : Diastème, Camille Pouzol
Interprétation : Thierry Godard, Pascale Arbillot, Patrick Chesnais, Alma Jodorowsky, Luna Lou, Jérémie Laheurte, Lou Chauvain, Ali Marhyar
Montage : Mathilde Van de Moortel
Musique : Frédéric Lo (Compositeur), Alex Beaupain (Parolier), Jérémie Kisling (Interprète)
Sociétés de production : Karé Productions, France 3 Cinéma
Sociétés de distribution : Diaphana Films
Durée : 96 minutes
Genre : Comédie dramatique
Dates de sortie : 13 juillet 2016
France – 2016

Festival

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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