Once Upon A Time Saison 5, une série de Edward Kitsis et Adam Horowitz : Critique

Once Upon A Time saison 5 propose une nouvelle intrigue séparée en deux comme la saison précédente : la légende du roi Arthur revisitée avant de laisser place au monde des Enfers dirigé par le dieu Hadès.

Synopsis : Après avoir lutté un temps contre les ténèbres, Emma décide finalement d’y succomber afin de sauver Regina de la dague du ténébreux. Nos héros décident de partir pour un nouveau royaume, Camelot, dans l’espoir de retrouver Merlin, le seul magicien à pouvoir libérer notre sauveuse des forces obscures qui sommeillent en elle…

Opérations cygne blanc & phénix

Ces deux contes se complètent assez bien, malgré de bonnes idées pas complètement exploitées. Quelques éléments appartenant au monde de Merlin ou à la mythologie Olympienne auraient pu apporter beaucoup plus de grandeur à la série qui se renferme un peu trop sur ses personnages principaux.
« L’opération cygne blanc » nous donne un début de saison très prometteur, après avoir rejoint le côté obscur, notre héroïne devient le nouveau Ténébreux, alors que Regina a réussi à rejoindre la lumière. Il était donc très intéressant que les rôles des anciennes rivales soient inversés, et nous sommes ravis de voir notre Evil Queen préférée prendre les choses en main afin de tout faire pour libérer Emma des ténèbres.
Après toutes ces années, le royaume de Camelot donne une explication sur les origines de Rumplestilkins en reliant sa dague à l’épée Excalibur. L’ingéniosité de cette saison est aussi d’avoir connecté le film d’animation Pixar Rebelle, avec Merida qui s’insère facilement dans l’univers médiéval de Camelot, comme pour La petite sirène dans l’histoire de Peter Pan en saison 3. Ce nouveau personnage secondaire est très attachant, le choix de l’actrice Amy Manson la rende d’autant plus pétillante, sympathique tout en reprenant à merveille la trame du dessin animé.

Ce qui aurait pu décevoir c’est la répétition des flash-backs et des malédictions, mais ce choix scénaristique pour raconter les aventures de Camelot est plus que bienvenu.
En effet, les scénaristes réitèrent l’expérience de la perte de mémoire, comme en saison 1 et en saison 3 (à l’exception qu’Emma est la seule à se souvenir). La construction narrative se fera de cette manière : le temps présent se passe à Storybrooke et les flash-backs dévoilera ce qui s’est passé à Camelot quelques mois plutôt afin de comprendre comment la sauveuse a pu devenir notre ennemi. Certes, c’est exagéré de revivre encore une fois la reconstitution des souvenirs, mais cela ne fait pas défaut à la série au contraire, ces intrigues, assez dynamiques dans l’ensemble, nous donnent envie d’en voir plus, surtout dans la partie qui se déroule à Camelot.

Cependant, on est intéressé uniquement par nos personnages principaux, par conséquent, nous pouvons être déçus en constatant que la légende arthurienne est survolée, sans que le récit ne soit inintéressant, ainsi, en dehors de Merida (qui n’appartient pas à ce royaume) qui a plusieurs épisodes qui lui sont consacrés, on regrette le manque d’intérêt pour les autres personnages comme Merlin, Lancelot ou encore Arthur.
Au bout du compte, l’autre mauvaise surprise au terme de la première partie de la saison est de ne pas avoir choisi de transformer complètement Emma en être maléfique, elle reste une héroïne en décidant de succomber aux ténèbres uniquement pour sauver Crochet, lié à Excalibur après avoir été blessé par cette dernière. Alors qu’on apprécie Crochet en vilain Ténébreux qui réclame vengeance, nous aurions préféré le voir faire le mal avec Emma en tant que couple destructeur faisant des ravages, permettant à Regina de devenir aussi la sauveuse de Storybrooke. Les créateurs n’ont pas eu le culot d’aller jusqu’au bout en ce qui concerne Emma, elle reste dans la lumière, et sacrifie son amour pour Crochet afin de se libérer tous les deux des ténèbres. Il y a des facilités scénaristiques dans cette conclusion qu’on aurait préféré éviter. De ce fait, comme pour Emma à Camelot, toute l’équipe se rend aux Enfers pour ramener Crochet à la vie en revisitant l’univers d’Hercule.

La seconde moitié de la saison, consacrée aux Enfers est plus inégale, encore une fois à cause d’une réinvention mal adaptée. Nous n’avons qu’un seul épisode centré sur les héros Hercule et Megara et une brève apparition de Zeus en fin de saison. Finalement, le véritable antagoniste, Hadès (interprété par le talentueux Greg Germann de Ally McBeal) est le seul a avoir une storyline développée avec celle de Zelena, le meilleur personnage de la saison qui doit choisir son camp entre le bien et le mal. L’autre soucis de cette intrigue est sa lenteur provoquée par le retour de personnages dont on se serait passés (tel que Cruella, Peter Pan, James pour ne relever qu’eux). Les seuls personnages qu’on a plaisir de retrouver sont les deux parents de Regina, entrainant une évolution supplémentaire, en particulier dans sa relation avec sa sœur Zelena. Malgré l’attente assez prévisible de voir Zelena devenir une héroïne, l’épisode 19 « Sisters » et les suivants sont excellents et ramènent une qualité dans la narration de cette saison qui partait dans tous les sens, les deux sœurs arrivent enfin à reformer une vraie famille avec leur défunte mère. On s’intéresse beaucoup plus aux parcours de ses deux anciennes méchantes plutôt qu’à « l’opération phénix » d’Emma pour ramener Crochet à la vie.

En dépit d’une mise en lumière des personnages d’Emma, Regina, Zelena et Crochet, les vrais héros de la saison, on regrettera le manque d’investissement pour le reste de la distribution, qui est par ailleurs un défaut récurrent depuis ses débuts. Nous avons beaucoup trop de personnages, dans le casting principal ou secondaire, qui sont inexistants ou sans intérêt comme le pauvre Robin (dont son interprète Sean Maguire était devenu régulier pour être finalement tué en fin de saison), les Charmings, mais aussi les habitants de Camelot qui repartent chez eux beaucoup trop facilement en fin de saison, Merida aurait pu avoir un départ plus important comme celui de La Reine des Neiges l’année dernière quand on y repense.
Nous avons cette frustration chaque saison pour ces personnages qui arrivent pour finalement rester dans l’ombre, comme Will Scarlett et son passé inexploré dans le Wonderland, ou l’amie d’enfance d’Emma, la fille de Maléfique dont on ne connaît pas encore les origines (alors que l’on n’a pas abordé une fois le sujet dans  cette saison 5…).

Enfin, nous restons perplexes quant au destin de Rumplestikins, tant il nous fascine autant qu’il nous énerve, à l’inverse de Regina, il est évident qu’aucune rédemption n’est possible. Alors qu’il était humain au début de la saison 5, il semblait agir en héros uniquement dans le but de redevenir le seul et unique Ténébreux, nous prouvant par la même occasion qu’il est irrécupérable et restera l’horrible sorcier qui choisit le pouvoir avant tout le reste.
Mais le choix est assumé de la part des scénaristes dans la descente aux Enfers, Rumple ne cherche même pas à le cacher ou à essayer de faire le bien, il revendique aimer le pouvoir, tout en ne se considérant pas non plus comme un vilain, il fait juste ce qui doit être fait avec sa magie. On avait du mal à comprendre ses décisions en saison 4, mais le rôle est plus clair, et semble lucide face à la situation, contrairement à Belle qui a du mal à l’accepter, il n’y a pas que le bien et le mal, Regina et Zelena l’ont compris, Emma aussi, mais Belle reste pure et refuse encore de s’ouvrir à cette idée.
Pour finir, malheureusement pour les personnages, mais heureusement pour les valeurs propres à la série : la morale reste intacte, la magie vient toujours avec un prix, et nos héros vont devoir payer. Emma a choisi de partir en Enfer pour sauver l’homme qu’elle aime, mais cela a coûté la vie du grand amour de Regina tué par Hadès. Elle y a regagné une sœur, mais perd son Robin des Bois.

Le final aborde la question générale de cette saison 5, le mal qui est dans chacun de nous : Emma luttant avant de devenir le nouveau Ténébreux, Zelena qui cherche à aimer sa fille et à sauver Hadès de sa vengeance en vain. Regina doit aussi lutter « littéralement » contre ses propres démons et ses anciennes manies d’Evil Queen qui est abattu en constatant que les vilains n’obtiennent jamais leur fin heureuse.
Nous avons eu de bonnes histoires développées dans cette saison, pas toujours bien équilibrée, mais le double épisode final nous donne envie de revenir pour une saison 6.
Les scénaristes arrivent à relancer leurs intrigues chaque année, cette fois en intégrant le monde des histoires jamais racontées comme le récit de Dr Jekyll et Mr Hyde (étrangement en même temps que la saison 3 de Penny Dreadful diffusée actuellement sur Showtime). Hyde arrive à Storybrooke comme le nouveau dirigeant, annoncé comme l’antagoniste de la prochaine saison, avec la partie maléfique de Regina, l’Evil Queen, nous imaginons assez bien une alliance entre ces deux méchants, et un ultime affrontement entre Regina et sa Némésis.
La saison 6 aura probablement des airs de saison 1 où nous aurons des épisodes indépendants servant à présenter ces fameuses nouvelles histoires, où « Once Upon A Time » devient une expression que l’on pourra qualifier pour tout récit et pas uniquement pour les contes de fées.

Once Upon A Time saison 5 reste divertissante et assez similaire à la saison 4 où la première partie sur Camelot était réussie et la seconde sur les Enfers un peu moins. Néanmoins, la série est toujours de qualité en offrant des storylines assez bien construite, et un semblant de renouveau pour la saison 6 à venir, même si on sent que le happy end ne devrait plus tarder.

La cinquième saison de Once Upon A Time a réuni, en moyenne, 4,4 millions de téléspectateurs et un taux de 1,37 sur les 18/49 ans.
La série reviendra en septembre pour une sixième saison sur ABC.

Once Upon A Time Saison 5 : Bande-annonce

Once Upon A Time Saison 5 : Fiche Technique

Créateurs : Edward Kitsis, Adam Horowitz
Réalisation : Dean White
Scénario : Geofrey Hildrew
Interprétation : Jennifer Morrison (Emma), Lana Parrilla (Regina), Ginnifer Goodwin (Blanche Neige), Josh Dallas (David), Jared S. Gilmore (Henry), Robert Carlyle (Rumplestilkins), Emilie De Ravin (Belle), Colin O’Donoghue (Crochet), Sean Maguire (Robin des Bois), Rebecca Mader (Zelena)…
Direction artistique : Michael Norman Wong
Décors : Mark Lane
Costumes : Eduardo Castro
Photographie : Stephen Jackson
Montage : Mark Flemming, Tom Dahl
Musique : Mark Isham, Michael Bader
Casting : Veronica Collins Rooney, Corinne Clark, Jennifer Page
Producteurs : Samantha Thomas, Kathy Gilroy, Edward Kitsis, Adam Horowitz, Steve Pearlman
Société de production : ABC Studios
Format : 23 épisodes de 42 minutes
Diffusion : ABC
Genre : dramatique, fantastique
Etats-Unis – 2011

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Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

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