Angry Birds, un film de Clay Kaytis et Fergal Reilly : Critique

Angry Birds : Le film amène avec lui une nouvelle ère dans l’adaptation cinématographique. Après le théâtre, les livres, les bandes dessinées ou encore l’opéra, c’est au tour des jeux vidéos sur smartphones de se retrouver sur grand écran, et d’ainsi quitter la plateforme téléphonique.

Synopsis : Ce film nous amène sur une île entièrement peuplée d’oiseaux heureux et qui ne volent pas – ou presque. Dans ce paradis, Red, un oiseau avec un problème de colère, le très pressé Chuck, et l’imprévisible Bomb ont toujours été mis à l’écart. Mais lorsqu’arrivent des cochons verts mystérieux sur l’île, ce sera la mission de ce groupe de parias de découvrir ce que trament les cochons.

Si l’idée peut rebuter, il est tout de même intéressant de voir comment un jeu qui consiste à lancer des oiseaux sur des cochons afin de passer des niveaux a pu être adapté au cinéma.
Pour leur premier long-métrage en tant que réalisateur, Clay Kaytis (animateur sur Volt ou Raiponce) et Fergal Reilly (concepteur du story-board de Tempête de Boulettes géantes) s’emparent des personnages clés du jeu vidéo, que sont les différents types d’oiseaux, ainsi que les cochons. Ainsi, on retrouvera Red, Bomb (oiseau qui explose), Chuck (oiseau qui va vite) et ainsi de suite… Mais outre l’univers du jeu, les deux réalisateurs, aidés de leur scénariste, créent une fiction autour de leurs personnages. Malheureusement, ce n’est pas un pari vraiment réussi. Beaucoup d’idées pour au final énormément de facilités scénaristiques, dans lesquelles rien n’est étonnant, tout est prévisible. Personne, dans le village des oiseaux, n’écoutent Red, ne le prend au sérieux, et pourtant, on se doute du futur qui lui sera réservé. Aussi, Aigle Vaillant, légende du village, qui n’existerait pas, est lui aussi un lieu commun des films d’animation. On commencerait à croire que les concepteurs de films d’animation commencent à prendre les enfants pour de véritables « pigeons » ( terme judicieux si l’on pense à Angry Birds), tant on leur ressert la même histoire mais sous différentes sauces. Dans Angry Birds, rien n’est innovant, même si la deuxième partie, sur l’île des cochons, et beaucoup plus entraînante que la première, dans le village des oiseaux. La seconde est une référence beaucoup plus directe au jeu, et on s’amusera également à retrouver toutes sortes d’allusions cinématographiques cachées, celle de Shinning étant la plus réussie. Angry Birds est un film qui se veut « à la mode », aux inspirations actuelles directes. On parle de tweet, d’Instagram et de réseaux sociaux. Tout est fait pour que le spectateur retrouve la société dans laquelle il vit, ce qui fait d’Angry Birds un film d’une génération qui pourrait très vite tomber dans l’oubli.

Toutefois, tout n’est pas à jeter. Les trois personnages principaux sont très attachants, même s’ils auraient pu être un peu plus caractérisés. Bomb est peut être le plus attendrissant par son côté naïf mais qui veut aider Red coûte que coûte. Chuck, quant à lui, qui ne cesse d’aller à mille à l’heure, aurait pu tres vite agacer mais heureusement, il est le complément simple et efficace de Bomb et de Red.
En terme de graphisme, le film est haut en couleur et s’avère plutôt plaisant à regarder. Les paysages sont beaux, même si très (trop ?) ancrés dans l’univers du jeu vidéo, les plumages sont un minimum réalistes. Le film ne se pose jamais une seule seconde, on nous en met plein les yeux, notamment sur l’île des cochons. L’animation joue avec le spectateur qui ne cessera d’aller de droite à gauche, n’ayant pas le temps de prendre son souffle tant le rythme est soutenu, mais au final, plutôt lassant.
Les voix françaises (film vu en VF lors de la projection) correspondent aux personnages, même si le personnage d’Audrey Lamy est plutôt minime. Omar Sy déforme légèrement sa voix, ce qui fait qu’on ne reconnaît pas d’emblée son timbre vocal lors des premières minutes du film.
Enfin, l’usage de la 3D n’est pas forcément une excellente idée. Rien n’est fait pour impressionner le spectateur, mis à part deux ou trois becs d’oiseau qui viennent comme frôler le bout du nez du spectateur. Hormis cela, la 3D ne sert qu’à la profondeur de champ et la version 2D ne doit sûrement pas être moins bonne.

Angry Birds est un film d’animation qui a beaucoup pour déplaire, malgré de très bonnes idées, malheureusement pas assez développées. Si les couleurs et le graphisme rendent le film un tantinet sympathique, les défaillances scénaristiques laissent comme un goût d’inachevé chez le spectateur, qui se retrouve usé par tant de facilités et de lieux communs propres à beaucoup de films d’animations. Il aurait été préférable de quitter le jeu vidéo pour inventer une nouvelle histoire, moins prévisible et plus passionnante. 
À quand l’adaptation cinématographique de Candy Crush ou Tetris ?

Angry Birds : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=K0xFzDigc6Y

Angry Birds : Fiche Technique

Réalisateurs : Clay Kaytis, Fergal Reilly
Scénario : John Vitti
Voix (VO) : Jason Sudeikis, Maya Rudolph, Josh Gad, Danny McBride, Kate McKinnon, Sean Penn, Bill Hader, Peter Dinklage…
Voix (VF) : Omar Sy, Audrey Lamy, Clovis Cornillac, François Berléand…
Superviseur des effets visuels : Danny Dimian
Montage : Kent Beyda, Ally Garrett
Musique : Heitor Pereira, Steve Aoki, Blake Shelton
Producteurs : John Cohen, Catherine Winder
Sociétés de production : Columbia Pictures, LStar Capital, Sony Pictures Imageworks INC., Village Roadshow Productions
Distribution (France) : Sony Pictures Releasing France
Durée : 99 minutes
Genre : Animation, Comédie
Date de sortie : 11 mai 2016

États-Unis, Finlande – 2016

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Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

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