Master of None saison 1: critique série

Si Aziz Ansari s’est fait un nom grâce à Park & Rec, le comique et immature Tom Haverford pour être précis, et une très belle ligne sur son CV, il semble vouloir s’en rajouter une autre et non des moindre, avec sa série autobiographique co-écrite avec Alan Yang nommé pour meilleur acteur aux prochains Golden Globes.

Synopsis : Le quotidien de Dev, un acteur new-yorkais de 30 ans, qui a plus de mal à se décider sur ce qu’il veut manger que la direction à donner à sa vie. Ambitieux, drôle et cinéphile, il est à la fois très centré sur son propre bien-être et attaché à des sujets divers et variés tels que la situation critique des personnes âgées, le sort des immigrants et comment dénicher les pâtes les plus délicieuses pour le dîner.

Après Louie, Inside Amy Schumer… la sitcom s’est toujours inspirée du vécu propre. Le Prince de Bel Air et l’arrivée aux USA de Will Smith, Malcolm et Lindwood Boomer qui se moque de sa famille, Friends ou Martha Kaufman et David Crane qui s’inspirent du caractère de leurs véritables amis, Adam F. Goldberg qui donne son nom à la famille juive portée sur écran, sa famille… Sans parler des « dramédies » qui s’articulent autour de l’intime sur lequel on projette nos attentes (Sex and The City, Transparent, Parenthood, Six Feet Under…) La vague de l’autobiographique ne cesse de prendre de l’ampleur. Nicki Minaj a signé avec ABC pour une sitcom retraçant sa jeunesse. Adam Levine avec NBC… La désolation ou l’impatience, les avis divergent, mais le fait est là et Aziz Ansari a signé avec Netflix pour dès à présent une deuxième saison de Master Of None qui devrait voir le jour à la rentrée 2016.

Maître de Rien ou le contrôle de tout ? Pas si dure d’être comédien…

En 10 épisodes de 30 minutes, Aziz Ansari et Alan Yang ont décliné plusieurs thématiques, comme l’intergénérationnel, la routine du couple, l’ethnicité à la télévision ou le plan cul… Autant de sujets peu originaux, mais qui prennent un sens grâce aux personnages clownesques. Le terme est à la frontière entre le risible pathétique et le génial talent. Dev et son meilleur ami Arnold sont les pendants modernes de Laurel et Hardy, duo immature, mais d’une tendresse incommensurable. Puis, vient se greffer Denise, l’amie noire lesbienne au look hip hop vintage et Brian l’asiat BCBG. Un besoin de réunification qui passe pour un conglomérat de minorités plus que pour un véritable groupe d’amis. Le relationnel est par ailleurs bien trop souvent appuyé. Si la simplicité est pourtant de mise (malgré des effets cinématographiques très appréciables comme les partis de flash back ou l’extrait du film catastrophe dans lequel il joue), les répliques ne découlent pour la plupart jamais naturellement. L’écriture est bien trop présente et le jeu de certains comédiens, les parents de Dev pour ne viser personne, est emprunté et souligné. La mécanique des répliques apparaît souvent trop huilée, trop chorégraphiées et répétées à l’extrême, que finalement l’enchaînement devient trop évident, la volonté scénariste criarde et le (sou)rire, téléphoné. On a cette même impression, même devant un excellent Woody Allen. Si les premiers épisodes ouvraient la porte à beaucoup de tendresse, caractéristique première des dramédies urbaines (Girls, Looking, Casual, Younger), couplé d’un humour introspectif et d’une mise en scène allenienne sublimée, la mi-saison n’attire plus autant de curiosité et on finit le 10ème épisode par habitude, non sans regret bien au contraire !

Le principal défaut de Master of None est sa trame quasi anthologique. A chaque épisode, une thématique source d’ironie ou de dénonciation conduit la demi-heure à la manière des cailloux que sèmerait le Petit Poucet jusqu’à sa maison. Sauf que le spectateur voit très vite où Ansari et Yang veulent en venir et seul le plaisir de la ballade reste intact. On aurait aimé apprécié la surprise de la destination, mais peu importe… Chacun semble avoir déjà connu la première rencontre, les hésitations et espoirs de la première fois, puis la vie en couple et les conflits quotidiens. Aziz Ansari se met en scène presque « thérapeutiquement » en se faisant passer pour un grand enfant qui râle, car il ne trouve pas le bon tacos dans le foodtruck qu’il a mis presque une heure à chercher sur internet.

Parfois aussi vain que les sketchs Canal + Bloqués, et pourtant aussi attendrissant qu’un excellent Charlie Chaplin ou Woody Allen, Master of None ne décroche pas le sommet des top de fin d’année, et Netflix ne terminera pas sur les chapeaux de roue, mais Aziz Ansari aura réussi, si ce n’était pas déjà fait, à se faire connaître comme une étoile montante.

Master of None: Fiche Technique

Création: Aziz Ansari, Alan Yang
Réalisateurs : James Ponsoldt, Aziz Ansari, Eric Wareheim, Lynn Shelton.
Production: Aziz Ansari, Alan Yang, Michael Schur, Dave Becky, David Miner
Acteurs principaux: Aziz Ansari, Noël Wells, Eric Wareheim, Kelvin Yu, Lena Waithe, H. Jon Benjamin
Genre: Sitcom
Chaîne d’origine: Netflix
Nb. de saisons 1
Nb. d’épisodes 10
Durée 26-31 minutes

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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