Scorpion Série, saison 1 : critique

Dans l’univers des séries anglo-saxonnes, le personnage du surdoué (ou, éventuellement, le personnage doté de capacités extraordinaires) est très à la mode. De Greggory House à Sherlock Holmes en passant par Patrick Jane. Scorpion vient s’insérer dans cette liste déjà bien fournie.

Synopsis : Walter O’Brien, un surdoué au Q.I. de 197, et d’autres surdoués comme lui sont souvent appelés par la Sécurité Intérieure pour résoudre des affaires compliquées et dangereuses.

Des génies
Scorpion est donc le nom de l’agence qui regroupe quatre génies : il y a donc Walter O’Brien (Elyes Gabel), le patron, qui se vante de son Q.I. de 197 mais qui est incapable d’exprimer le moindre sentiment, son côté rationnel ayant étouffé son aspect émotionnel. Il y a Happy Quinn (Jadyn Wong), la mécanicienne qui peut tout réparer ou construire mais qui se méfie des autres et refuse les contacts humains ; Sylvester Dodd (Ari Stidham) la « calculatrice humaine », capable de dire avec précision où tombera n’importe quel projectile mais rempli de toutes les phobies existantes et Toby Curtis (Eddie Kaye Thomas), médecin comportementaliste, très utile quand il s’agit de manipuler quelqu’un mais joueur invétéré.

À cela il faut ajouter deux personnages plus « normaux », Paige Dineen (Katharine MacPhee), une serveuse qu’ils vont embaucher comme porte-parole et dont le fils, Ralph, est lui-même un surdoué ; et Cabe Gallo (Robert Patrick), l’agent de la Sécurité Intérieure qui les accompagne et qui leur sert de bras armé.
À noter, pour les amateurs de NCIS Los Angeles, l’apparition du personnage de Hetty dans un des épisodes…

Là où la série se veut originale, c’est que les personnages existent réellement.

Des situations extrêmes
L’agence Scorpion est donc appelée dans des situations extraordinaires. Le premier épisode les voit tenter de régler un problème avec le logiciel employé dans les tours de contrôles, problème qui rend impossible l’atterrissage du moindre avion. Ils doivent combattre des criminels, mais aussi simplement des phénomènes naturels. Voilà qui est d’ailleurs bien reposant : Scorpion est une série où, globalement, les épisodes ne se ressemblent pas tous. Les situations diffèrent et cela permet d’échapper aux répétitions.
Par contre, il faut bien admettre que ce sont ces situations, et les solutions apportées par Scorpion, qui créent une des limites de la série : son absence totale de réalisme. Une voiture reliées par un câble électronique à un avion en plein vol, le réveil d’une personne qui n’a pas respiré depuis six minutes, les résolutions in extremis se multiplient, au mépris de la crédibilité bien souvent.

Capital sympathie
Mêlant suspense, action et humour, la série mise beaucoup sur un rythme très rapide qui ne laisse aucun temps mort. Cela se fait, une fois de plus, au détriment de la psychologie des personnages, qui sont tous très formatés, mais fort sympathique.Et, en effet, ici comme ailleurs, la série joue la carte de l’empathie avec ses personnages. On les trouve drôles et sympathiques, on leur donne quelques défauts pour les rendre plus humains, des douleurs personnelles enfouies (mais pas trop, pour que le spectateur puisse les repérer), des histoires d’amour potentielles, il n’en faut pas plus.
En conclusion, une série d’action mouvementées et drôle, pour spectateurs peu exigeants sur le plan du réalisme.

Scorpion : bande-annonce

Fiche Technique- Scorpion

Date de sortie : 22 septembre 2014
Nationalité : USA
Création : Nick Santora
Réalisation : Sam Hill, Mel Damski, Milan Cheylov, Bobby Roth, Christine Moore (II), David Grossman (III), Dwight H. Little, Gary Fleder, Guy Ferland, Jace Alexander, Jann Turner, Jeff Thomas, Jeffrey G. Hunt, Jerry Levine, Justin Lin, Kevin Hooks, Matt Earl Beesley, Omar Madha
Scénario : Nick Santora, Nicholas Wootton, Paul Grellong, Rob Pearlstein, David Foster (IV), Elizabeth Beall, Alex Katsnelson, David J. North, Kim Rømer, Jay Beattie, Dan Dworkin
Interprétation : Elyes Gabel (Walter O’Brien), Katharine McPhee (Paige Dineen), Robert Patrick (Cabe Gallo), Eddie Kaye Thomas (Toby Curtis), Jadyn Wong (Happy Quinn), Ari Stidham (Sylvester Dodd)
Musique : NR
Photographie : NR
Décors : NR
Montage : NR
Production : Troy Craig Poon
Sociétés de production : CBS, Perfect Storm Entertainment, S. B. Films
Distribution : CBS
Budget :NR
Genre : action, suspens
Nombre d’épisodes de la saison 1 : 22
Durée d’un épisode : 42’

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.
Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.

Les Saisons : L’amour, le rythme et les saisons

"Les Saisons", la série écrite et réalisée par Nicolas Maury, s’éloigne des éclats et des récits sociaux pour épouser le souffle intime d’un trio amoureux. Entre mélancolie poétique et naturalisme doux, elle tente moins de raconter que de saisir le frémissement des sentiments, au rythme d’une lumière vendéenne et d’un temps qui tangue. Une œuvre sensible, qui crée son public en osant la lenteur et la langueur.