Comment tuer son boss 2 : critique du film

Critique Comment tuer son boss

Synopsis : Lassés de devoir se plier aux consignes de leurs supérieurs, Nick, Dale et Kurt décident de monter leur entreprise pour ne plus avoir de patrons. Mais un investisseur habile les prive soudain de capital. Sans ressources, ni recours juridique, nos trois apprentis entrepreneurs mettent au point un plan foireux, consistant à kidnapper le fils de l’investisseur et à exiger une rançon afin de pouvoir reprendre le contrôle de leur entreprise.

Un bon trio dans une suite financière

Après Dumb and Dumber De, la comédie US nous livre une nouvelle suite, Comment tuer son boss 2, à la différence qu’il ne s’est pas écoulé 20 ans pour qu’elle voit le jour, mais seulement 3 ans. Comment tuer son boss avait surpris en s’imposant au box-office, mais à première vue, une suite n’avait pas lieu d’être. De ce fait, l’inévitable question se pose: cette suite est-elle artistique ou financière ?

La réponse est facile, la motivation est purement financière. Le film a peu d’ambition et ressemble à un copier/coller. Les différences sont minimes, on remplace Colin Farrell par Chris Pine, Kevin Spacey par Christoph Waltz et le meurtre, par un kidnapping. La recette marchait bien dans le premier épisode, beaucoup moins cette fois-ci.

La principale qualité du film est son casting. Le trio Jason Bateman, Charlie Day et Jason Sudeikis, fonctionne toujours aussi bien. Mais c’est aussi son défaut. La faute à la trop grande liberté qui leur est offerte, en improvisant régulièrement sous la caméra de Sean Anders, le point très faible de l’ensemble.

Sean Anders remplace Seth Gordon à la réalisation, on lui doit le long et ennuyeux Crazy Dad avec Adam Sandler et Andy Samberg en 2012. C’est aussi un scénariste peu inspiré, ne faisant jamais preuve de finesse et se contentant de taper sous la ceinture. On lui doit aussi le scénario de Dumb and Dumber De, dont on retrouve les mêmes faiblesses : manque de rythme, de personnages forts et de scènes inoubliables.

Même si Jennifer Aniston est toujours aussi irrésistible, Sean Anders a surtout eu envie de lui faire dire le plus d’insanités possibles, sans penser à construire, à justifier ses envolées verbales, certes jouissives, mais tombant au final à plat. Il en est de même avec Kevin Spacey et Christoph Waltz, deux personnages pour un même rôle. En n’innovant pas, on se retrouve avec ces deux acteurs talentueux sous-utilisés, devant se débrouiller avec des miettes. Pire encore, le cas Jamie Foxx, n’apportant plus grand chose, semblant être juste là pour cachetonner. Enfin Chris Pine, digne successeur de Colin Farrell, mais qui a plus d’importance, transformant le trio en quatuor, le seule vraie nouveauté d’un film qui ronronne et se regarde le nombril, en espérant que le tiroir-caisse se remplisse sur le souvenir du premier épisode.

Comment tuer son boss 2 tente d’écorner le rêve américain, avec le mythe du self made man, en faisant preuve de cynisme. Mais cela reste léger et surtout, en prenant l’apparence de Christoph Waltz, un acteur allemand naturalisé autrichien, elle n’assume pas jusqu’au bout, son semblant de critique sur le capitalisme sauvage américain. Ce semblant de critique sociale, sert juste d’excuse pour lancer le trio dans une nouvelle aventure rocambolesque, qui était inévitable et donc trop prévisible.

Ce fameux trio, a beau resté l’attraction principale du film, ils n’en restent pas moins en deçà, de leurs performances dans le premier épisode. Jason Sudeikis étant la principale victime de la présence de Chris Pine, qui vampirise la complicité de ces trois-là. Ils sont en roue libre, Charlie Day enchaînant les crises et les bourdes avec talent, entraînant avec lui ses deux acolytes, dans un concours de stupidités, parfois amusantes et souvent fatigantes. Il n’en reste pas moins, que son abattage permet de rendre l’ensemble moins indigeste, sauf si on est allergique à son talent comique, mais si vous en êtes fan depuis It’s always sunny in Philadelphia, il continuera de vous enthousiasmer. Il en va de même pour Jason Bateman, plus sobre, dans un rôle proche de celui dans Arrested Development, en étant celui qui semble être un peu plus réfléchi, mais juste un peu.

Après son succès surprise, une suite était inévitable. la réussite n’est malheureusement pas au rendez-vous, en n’offrant qu’une resucée sans originalité, le film y perd de sa folie et spontanéité. C’est un film de potes, à voir entre potes, comme Dumb and Dumber De, This is the end ou 22 Jump Street, ce n’est pas désagréable, on passe malgré tout un bon moment, juste un bon moment.

Bande annonce VOST Comment tuer son boss 2

Fiche technique : Comment tuer son boss 2

Horrible Bosses 2
USA – 2014
Réalisation : Sean Anders
Scénario : Sean Anders et John Morris
Distribution : Jason Bateman, Charlie Day, Jason Sudekis, Jennifer Aniston, Chris Pine, Jamie Foxx, Christoph Waltz, Kevin Spacey et Jonathan Banks
Musique : Christopher Lennertz
Photographie : Julio Macat
Montage : Eric Kissack
Producteurs : Brett Ratner et Jay Stern
Sociétés de production : New Line Cinema et Rat Entertainment
Société de distribution : Warner Bros
Durée : 108 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie française : 24 décembre 2014

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.

Oklahoma Honey : le chant de la ruche

Andrew Patterson filme l'Oklahoma rural dans "Oklahoma Honey", une fable inspirante et généreuse portée par le retour de Matthew McConaughey en apiculteur charismatique, six ans après "The Gentlemen". Entre bluegrass, communauté et vengeance, Angelina LookingGlass fait des débuts marquants face à Kurt Russell.

Le Château de l’araignée : quand Kurosawa habille Macbeth de brume et de kimonos

"Le Château de l'araignée" transpose Macbeth dans le Japon féodal, entre codes du théâtre nô et fresque guerrière signée Akira Kurosawa. Toshiro Mifune et Isuzu Yamada portent ce récit d'ambition et de trahison, restauré en 4K et de retour sur grand écran.

Le cinéma dans la peau, de l’écran à la plume

Le cinéma est un langage construit, 24 mensonges par seconde, et écrire sur lui est une manière de prolonger cette fabrication tout en se découvrant soi-même. Que représente le cinéma ? Comment le traduire par des mots ? Qu’est-ce que l’exercice révèle de soi ? À travers ces témoignages personnels, les rédacteurs du Mag du Ciné explorent leur relation intime à l’écriture critique, entre perception, émotion et identité.

La fin d’Oak Street : Ce que la saga Jurassic Park/World ne nous avait pas offert…

Le dernier des blockbusters estivaux 2026 est peut-être également...

Oklahoma Honey : le chant de la ruche

Andrew Patterson filme l'Oklahoma rural dans "Oklahoma Honey", une fable inspirante et généreuse portée par le retour de Matthew McConaughey en apiculteur charismatique, six ans après "The Gentlemen". Entre bluegrass, communauté et vengeance, Angelina LookingGlass fait des débuts marquants face à Kurt Russell.

La fin d’Oak Street : Ce que la saga Jurassic Park/World ne nous avait pas offert…

Le dernier des blockbusters estivaux 2026 est peut-être également le plus attachant ! David Robert Mitchell change radicalement de registre - après deux films...

Juste pour une nuit : jusqu’au bout de l’ennui

Envie de chaos libidinal pendant douze heures dans une Amérique sous couvre-feu sentimental ? Le nouveau Will Gluck (Easy A, Tout sauf toi) propose plutôt un téléfilm sagement filmé, où même Monica Barbaro et Callum Turner peinent à faire des étincelles.