5 anecdotes sur « Hellboy » de Guillermo Del Toro

En attendant la sortie prochaine du reboot de Hellboy réalisé par Neil Marshall et avec David Harbour dans le rôle titre, revenons rapidement sur la première adaptation cinématographique du célèbre comics par Guillermo Del Toro avec quelques anecdotes.

1. Quelques changements entre le comics et le film :

Le film de Guillermo Del Toro est l’adaptation du premier comics Hellboy, « Les germes de la destruction » publié en 1994. Et comme toute adaptation, le réalisateur a fait des choix, des changements par rapport à l’œuvre initiale dont deux sont majeurs :

  • Tout d’abord il introduit le personnage de John Myers (Rupert Evans) qui n’existe pas dans le comics. Un personnage aux multiples fonctions, permettant d’avoir un point de vue humain, auquel le spectateur peut se rattacher mais également d’introduire l’univers de Hellboy à travers son point de vue qui, à la manière de celui du spectateur, découvre un univers qui lui est inconnu. L’introduction du personnage permet également de créer un triangle amoureux entre lui, Liz Sherman (Selma Blair) et Hellboy (Ron Perlman).
  • La seconde modification importante que fait Guillermo Del Toro est de développer le personnage du professeur Broom (John Hurt), le père d’Hellboy. Alors que dans le comics, le personnage meurt dès les premières pages, le metteur en scène fait ici le choix d’étoffer la relation qui unit Hellboy et son père et d’en faire le pivot dramatique du film, le rendant attachant au spectateur et permettant à Hellboy de passer de l’adolescence à l’âge adulte.

2. Pré-production :

Le développement du film fut très long, Guillermo Del Toro souhaitant faire une adaptation cinématographique de l’œuvre de Mike Mignola dès le milieu des années 90. Pour cela, le réalisateur rencontrera le dessinateur avec qui il deviendra ami et ils développeront le film ensemble. En 1998, le projet sera très abouti et proche de la version que nous connaissons aujourd’hui. Mais les studios refuseront de le produire pour diverses raisons notamment que ce soit un film de super-héros, que Ron Perlman soit l’acteur principal du film ou encore que l’histoire soit trop sombre et qu’elle ne soit pas une histoire traditionnelle dans la lignée de « La belle et la bête« , la bête ne se transformant pas en Homme à la fin. C’est pourquoi il faudra finalement attendre le succès du X-men de Bryan Singer en 2000 pour encourager un studio à donner son feu vert à la production du film.

3. Ray Harryhausen :

Lorsque Guillermo Del Toro commence à travailler sur le projet, il souhaite collaborer avec Ray Harryhausen, grand maître des effets spéciaux et célèbre par exemple pour son travail sur « Jason et les Argonautes« . Pour cela les deux individus se rencontrent autour d’un dîner et Guillermo Del Toro lui parle du projet mais Ray Harryhausen refuse, trouvant les films récents trop violents. Pourtant, au cours de ce dîner, Ray Harryhausen donnera malgré tout quelques conseils très utiles au réalisateur. Recommandant par exemple à ce dernier de ne pas animer les monstres comme des monstres mais comme des animaux. Conseil que Guillermo Del Toro appliquera sur la créature de Sammael notamment en la faisant glisser sur des flaques d’eau lorsque qu’elle court dans les égouts ou encore en lui faisant mâcher l’os d’un cadavre à la manière d’un chien.

4. Les élastiques :

Durant le long-métrage, une scène explicative entre le personnage de Myers et Liz explique au spectateur la raison pour laquelle, cette dernière a plusieurs élastiques à son poignée. Cette idée vient de Guillermo Del Toro lui-même qui, plus jeune, après avoir emmené quelqu’un à un hôpital psychiatrique suite à un accident, a voulu lui rendre visite quelques jours plus tard pour prendre de ses nouvelles. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il découvrit que l’individu en question s’était enfuit. Le jeune Guillermo est alors allé voir le directeur de l’hôpital qui lui a expliqué qu’il y avait un manque de personnel et qu’il serait très heureux de pouvoir embaucher de nouvelles recrues. Ce à quoi Guillermo Del Toro s’engagea en devenant membre de cet hôpital. C’est ainsi que le personnel hospitalier lui a appris la technique dite de l’élastique. Elle consistait, par manque de personnel, à donner des élastiques aux patients pour qu’ils puissent s’automédiquer et avoir conscience de leur état mental en permanence.

5. Diffusion :

Comme pour la pré-production, la diffusion du film, sera elle aussi assez compliquée. Le film sera rebaptisé dans certaines salles américaine « Hello boy » pour supprimé le préfixe « Hell ». D’autres salles quant à elles supprimeront des éléments du film qu’elles considéreront comme trop violents. Enfin, certaines salles iront jusqu’à refuser de le diffuser. Mais cela n’empêchera pas le film d’avoir un petit succès et de connaitre une suite quelques années plus tard, Hellboy 2 : Les légions d’or maudites.

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