Yojimbo et Sanjuro, le diptyque culte de Kurosawa en DVD & Blu-Ray

Wild Side continue sa collection dédiée au génial réalisateur japonais Akira Kurosawa en sortant, le 25 janvier dernier, deux coffrets consacrés au diptyque Yojimbo et Sanjuro.

Un cycle dédié aux productions Toho réalisées par Akira Kurosawa devait obligatoirement passer par le diptyque formé par Yojimbo et Sanjuro. D’abord parce que les films font partie des plus grands succès de la célèbre firme japonaise, ensuite parce qu’ils sont très représentatifs du travail du cinéaste à cette époque.

En ce début des années 60, Kurosawa est un des cinéastes les plus reconnus au monde. Avec ses films comme Les 7 Samouraïs, le réalisateur se permet à la fois de faire une relecture moderne et réaliste des films de sabre et d’en respecter l’essence. C’est ce chemin qu’il va suivre à nouveau avec Yojimbo (d’abord sorti en France sous le titre Le Garde du corps). Adaptation des films de gangsters tout autant que film de samouraïs, Yojimbo se permet de jeter un œil ironique sur le Japon. Mélange d’humour grinçant, de scènes émouvantes et de suspense, le film montre la maîtrise du cinéaste et de toute son équipe, qui réussit là un des sommets du genre.

Kurosawa enchaînera avec sa suite, Sanjuro, qui perd son côté sarcastique. L’humour et l’action sont toujours présents et le réalisateur nous offre ici un spectacle de toute beauté, une fois de plus.

Les deux films sont présentés dans deux superbes coffrets DVD + Blu-Ray, avec un livret passionnant. Ce nouveau support rend hommage au sublime travail sur l’image de Kurosawa.

Yojimbo : bande-annonce

Yojimbo : caractéristiques DVD :

yojimbo-actu-dvd-akira-kurosawa-toshiro-mifune

Master restauré HD
Noir et blanc
Format image : 2.35, 16/9 compatible 4/3
Format son : Japonais DTS & Dolby Digital Mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h46

Caractéristiques Blu-Ray :

Master restauré HD
Noir & blanc
Format image : 2.35
Résolution film : 1080 24p
Format son : Japonais DTS Master Audio mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h50

Sanjuro : bande-annonce

Sanjuro : caractéristiques DVD :

sanjuro-akira-kurosawa-toshiro-mifune-actu-dvd

Master restauré HD
Noir et blanc
Format image : 2.35, 16/9 compatible 4/3
Format son : Japonais DTS & Dolby Digital Mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h31

Caractéristiques Blu-Ray :

Master restauré HD
Noir & blanc
Format image : 2.35
Résolution film : 1080 24p
Format son : Japonais DTS Master Audio mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h35

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.
Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

Natura : Se perdre pour renaître

S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.

Sirāt : l’odyssée des damnés

Prix du jury au Festival de Cannes 2025, Oliver Laxe prolonge son cinéma de l’épreuve et de la foi dans un road-trip halluciné au cœur du désert. Entre communauté de teufeurs, deuil intime et bascule métaphysique, "Sirāt" interroge l’errance contemporaine dans un monde vidé de repères. Une expérience sensorielle radicale, portée par les corps, la musique et un monde au bord de l’effondrement.

Once upon a time in Gaza : l’Espoir, le Vice et la Trahison

"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.