Anaconda (2025) : Sans queue ni tête

Il va sans dire qu’on accueillait cette drôle d’idée avec autant d’impatience que de crainte. Mais avouons que ça avait au moins le mérite de changer un peu des sempiternels reboots et autres remakes. Un postulat assez génial qui sautait à pieds joints dans le domaine du méta pour un film qui se vautre, quant à lui, complètement dans celui du nanar. C’est bien simple, les bonnes idées ne font pas toujours les meilleurs films et cet Anaconda en est la preuve vivante. Hormis deux ou trois bonnes idées (mal exploitées), c’est une sorte de comédie d’aventures horrifique sans queue ni tête qui ne fait ni rire ni peur, pas plus qu’elle ne nous captive. Et pour le reste, c’est lourdingue, mal écrit et ça ne vole vraiment pas haut ! À fuir.

Synopsis : Doug et Griff sont amis d’enfance et partagent depuis toujours un rêve un peu fou : réaliser leur propre remake de leur film préféré, le cultissime ANACONDA. En pleine crise de la quarantaine, ils décident enfin de se lancer, et se retrouvent à tourner en plein cœur de l’Amazonie. Mais le rêve vire rapidement au cauchemar lorsqu’un véritable anaconda géant fait son apparition et transforme leur plateau déjà chaotique en un véritable piège mortel. Le film qu’ils meurent d’envie de faire ? Va être vraiment mortel…

Que vous étiez adultes ou adolescents à l’époque (en 1997), rares sont ceux qui n’ont pas vu Anaconda, le prédateur. Que ce soit en salles, où il a eu un succès poli, ou surtout chez soi après avoir loué la cassette VHS au vidéoclub du coin, voilà une production de son époque qui avait ses fans. C’était une série B sympathique pour l’époque, qui jouait sur les terreurs animales comme pouvaient le faire Peur bleue ou Arachnophobie, pour ne citer que des films légers à la limite de la seconde zone. Un film d’exploitation qui a engendré bien des suites, dont seule la première était assez correcte. Lorsqu’on a entendu parler l’an passé d’un nouvel opus, la nostalgie de retrouver ce type de films se mêlait à la tristesse de constater l’incapacité d’Hollywood à se renouveler.

Sauf que Sony ne préparait pas du tout un remake, reboot, suite ou legacy sequel. Non, c’était un tout autre projet en forme de délire méta, chapeauté par Tom Gormican, qui avait déjà fait jouer à Nicolas Cage son propre rôle dans le sympathique Un talent en or massif. Pour ce qui est de la mise en abyme, du clin d’œil cinéphilique et de l’exploration du méta, il était donc tout indiqué. On s’était dit alors : pourquoi pas ! Au moins, ça avait le mérite de changer des recettes habituelles.

Le postulat, qui voit des fans partir en Amazonie pour faire un film amateur hommage au film Anaconda de 1997, culte pour eux, avait du potentiel. La suite a, en revanche, commencé à inquiéter même les plus optimistes. L’annonce du casting avec Jack Black et Paul Rudd nous a déjà un peu refroidis, et les affiches ou bandes-annonces qui sont arrivées récemment n’auguraient rien de bon. Ce nouvel Anaconda sentait le film lourdingue à plein nez.

Notre flair ne nous a pas trompés ! En effet, cette comédie potache n’a clairement ni queue ni tête. Même la mise en place, qui aurait pu (et dû) foncer droit dans la parodie et explorer à fond le potentiel méta du pitch, s’enfonce bien vite dans des sentiers balisés. La promesse d’un bon délire léger s’envole presque aussi vite que les lumières de la salle se sont éteintes. Encore un peu et on se croirait dans un Disney à la Jungle Cruise. Et quand la bande d’amis arrive en Amazonie, les péripéties mollassonnes et sans grande surprise s’enchaînent à un rythme qui l’est tout autant. Et ce ne sont pas les clins d’œil faciles et pas très malins au film original qui vont changer la donne, surtout que les dialogues sont d’une pauvreté affligeante.

Anaconda balance deux ou trois bonnes idées quand même. Cependant, le potentiel de celles-ci n’est jamais exploité comme il le devrait. L’autre équipe de tournage, l’apparition d’Ice Cube ou la séquence du phacochère réjouissent à peine une seconde avant de se vautrer dans la gaudriole et le potache sans saveur. C’est bien simple, le résultat est encore plus bis que ne peut l’être le film original aujourd’hui et ça ne fait ni rire ni, encore moins, peur. Paul Rudd et Jack Black en font des tonnes, tandis que Thandie Newton est transparente au possible et doit encore se demander ce qu’elle fait là, hormis payer ses impôts. Cette farce proche du nanar regroupe tous les pires travers du navet hollywoodien. Et comme les effets spéciaux ne sont pas à la hauteur, on ne peut même pas se délecter des rares mises à mort. Bref, ni fait ni à faire, voilà l’exemple parfait de la fausse bonne idée !

Bande-annonce – Anaconda

Fiche technique – Anaconda

Réalisateur : Tom Gormican
Scénaristes: Tom Gormican, Kevin Etten
Production : Sony Pictures
Distribution: Sony Pictures Releasing France
Interprétation : Jack Black, Paul Rudd, Thandie Newton, Steve Zahn, Daniela Melchior, …
Genres : Comédie – Aventures
Date de sortie : 31 décembre 2025
Durée : 1h38
Pays : USA

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1.5

Festival

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