En première ligne : sous haute tension

Voilà une immersion haletante dans le quotidien d’une infirmière, qui pointe du doigt des services hospitaliers manquant de moyens mais surtout de personnel. Pour son troisième long-métrage, la suissesse Pietra Biondina Volpe fait preuve d’un sens du rythme et de l’urgence qui traverse l’écran, ainsi que d’un souci du détail qui repose sur une grosse documentation en amont. En première ligne est donc aussi réaliste qu’il est captivant même si, dans la première partie, on craint l’effet catalogue de cas. Mais grâce au talent de la magnétique Léonie Benesch, on se passionne avec émotion et empathie pour un personnage, son métier et ses patients. Une œuvre nécessaire et humaine qui tire la sonnette d’alarme.

Synopsis : Floria est une infirmière dévouée qui fait face au rythme implacable d’un service hospitalier en sous-effectif. En dépit du manque de moyens, elle tente d’apporter humanité et chaleur à chacun de ses patients. Mais au fil des heures, les demandes se font de plus en plus pressantes, et malgré son professionnalisme, la situation commence à lui échapper…

On peut dire que l’actrice allemande Léonie Benesch a à cœur les domaines sociaux de son pays. Après nous avoir époustouflés l’an passé dans La Salle des profs, suspense haletant au sein d’un collège qui montrait les dysfonctionnements du système d’éducation allemand, voilà qu’elle joue ici dans une œuvre qui montre les problématiques des systèmes de santé. En première ligne évolue ainsi dans le même registre que deux films tricolores : l’excellent La Fracture sorti il y a deux ans, et bientôt L’Intérêt d’Adam qui a fait forte impression en ouverture de La Semaine de la Critique à Cannes cette année.

Après l’inédit Traumland et Les Conquérantes, sur le droit de vote des femmes, la Suissesse Pietra Biondina Volpe propose un petit uppercut qui, comme La Fracture cité plus haut, nous montre que les hôpitaux manquent cruellement de moyens, mais surtout de personnel.

Le jeu de Léonie Benesch est d’un naturel confondant. L’actrice s’est fortement documentée en amont pour pratiquer de façon crédible les gestes d’une infirmière. Sa performance participe grandement à rendre En première ligne ultra réaliste, à la lisière du documentaire.

Pietra Biondina Volpe fait le choix – maîtrisé – de la caméra à l’épaule, qui amplifie les sentiments d’urgence général et de fatigue nerveuse du personnage. On passe d’un patient à l’autre de manière fluide mais à un rythme frôlant la saturation. La crainte, surtout en première partie, d’assister à un catalogue de cas médicaux s’estompe au profit d’une immersion dans la dynamique des évènements.

En première ligne est une œuvre humaniste où chacun des patients mérite d’être pris en charge et soutenu. Le film atteint également son but : nous faire prendre conscience de la situation dangereuse des systèmes de santé, en Suisse comme partout en Europe. Prenant du début à la fin, agissant presque sur nous comme un suspense, le long-métrage de Pietra Biondina Volpe se positionne comme une œuvre nécessaire et d’utilité publique.

Bande-annonce – En première ligne

Fiche technique – En première ligne

Titre original : Heldin
Réalisation : Pietra Bondina Volpe
Scénario : Pietra Bondina Volpe
Production : MMC Studios Köln GmbH
Distribution France : Wild Bunch Distribution
Genres : Drame – Social – Suspense
Sortie : 27 août 2025
Durée : 1h32
Nationalité : Allemagne – Suisse.

CASTING PRINCIPAL

Leonie Benesch
Sonja Riesen
Selma Adin
Jasmin Mattei
Jurg Plüss

ÉQUIPE TECHNIQUE

Photographie : Judith Kauffman
Musique : Emilie Levienaise-Farrouch
Montage : Hansjörg Weissbrich
Décors : Béatrice Schultz

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3.5

Festival

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