Novocaïne : film anesthésiant et générique

Une petite comédie d’action, de type série B décomplexée, on est toujours client ! Dotée d’un titre original et accrocheur, et d’un canevas qui l’est tout autant, on se dit qu’on va passer un bon moment. Sauf que Novocaïne n’a à offrir qu’un concept dont il tire quelques séquences de violence amusantes. Sa réalisation est académique et vieillotte, et le scénario cousu de fil blanc. Pour couronner le tout, le film est longuet, mettant autant de temps à démarrer qu’à conclure. Si Jack Quai a la tête de l’emploi, sa love interest est fade. Même le méchant de service est caricatural et horripilant.

Synopsis : Lorsque la fille de ses rêves est kidnappée, Nate, un homme ordinaire, transforme son incapacité à ressentir la douleur en une force inattendue dans son combat pour la retrouver.

Le refrain est connu : on prend un quidam, un personnage ordinaire, et on le met dans une situation totalement extraordinaire, prompte à enchaîner les péripéties. Cela peut aboutir à une comédie, à un film d’action, mais aussi à un mélange des deux comme Novocaïne. Et c’est Jack Quaid (fils de Dennis et de Meg Ryan) qui s’y colle. L’acteur qui monte (Scream ou le récent et excellent Companion), après avoir été découvert dans la série The Boys, colle parfaitement à cette typologie de personnage, malgré une certaine redondance.

Ici, le canevas est prometteur même si, à y regarder plus près, il n’a ni queue ni tête et ouvre la porte à une pluie d’invraisemblances. En effet, les possibilités ou impossibilités de la maladie du personnage sont clairement au bon vouloir des scénaristes selon leurs besoins narratifs, selon le fameux concept que notre héros ne ressent pas la douleur à cause d’une maladie neurologique. Quand il croit tomber amoureux et que sa dulcinée se fait kidnapper, il se met alors en tête de poursuivre les ravisseurs et se transforme en cobaye cinématographique de tous les sévices possibles.

C’est d’ailleurs là que réside le seul intérêt de Novocaïne : des séquences presque cartoonesques où Quaid se voit infligé toute sorte de coups violents. Elles seraient de la torture s’il sentait quelque chose, mais elles tendent ici vers un certain humour. Il y a quelques chorégraphies amusantes que ne renierait pas un John Wick, avec de multiples ustensiles et idées pour qu’il saigne, se brûle, se coupe, se luxe ou tout autres gâteries. Mais finalement, Novocaïne n’est pas si généreux que cela non plus à ce niveau, et le spectateur se lasse vite de combats à sens unique.

En dehors du concept de Novocaïne, l’encéphalogramme demeure plat. L’histoire prévisible ressemble à de trop nombreux  films d’action qui garnissaient les vidéoclubs jadis, les plateformes aujourd’hui. Malgré deux metteurs en scène (à l’origine du sympathique Villains) derrière la caméra, la réalisation est générique et paresseuse au possible. Le long-métrage du duo ne tient pas la longueur de ses presque deux heures.

Ajoutons à cela des seconds rôles horripilants, une love interest fade ( à laquelle se prête Amber Midthunder, pourtant très bien dans Prey), et Ray Nicholson (fils de Jack) qui joue un des méchants les plus caricaturaux et agaçants vu dans un film depuis longtemps. Une série B décevante donc, peu recommandable, à moins d’aimer sans modération voir un personnage enchaîner des sévices de maintes et originales façons…

Bande-annonce – Novocaïne

Fiche technique – Novocaïne

Réalisateur : Dan Berk & Robert Olsen.
Scénariste : Lars Jacobson.
Production: Safehouse Pictures.
Distribution: Paramount Pictures France.
Interprétation : Jack Quaid, Amber Midthunder, Ray Nicholson, Betty Gabriel, Matt Walsh, …
Genres : Comédie – Action.
Date de sortie : 26 mars 2025
Durée : 1h50.
Pays : USA.

Note des lecteurs1 Note
1.5

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