Sans un bruit, jour 1 : cette fois-ci, le silence est d’argent

On connaît la chanson à Hollywood. Quand il y n’y en a plus, il y en a encore. Ou alors c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Si le premier adage est avéré depuis des lustres, le second n’est pas toujours vrai. Ce troisième opus est la seconde séquelle du succès surprise Sans un bruit de 2018. Une petite série B très réussie, originale et au concept fort mêlant horreur, post-apocalyptique et science-fiction. Cet antépisode a beau innover sur le contexte et être plus généreux en effets spéciaux, il perd en tension et ne peut plus guère compter sur l’effet de surprise. Il n’empêche quelques morceaux de bravoure et de magnifiques plans sur un New York dévasté en plus d’un rythme soutenu et de personnages attachants sauvant la mise. Ce Sans un bruit, jour 1 demeure tout de même le moins bon de la franchise.

Synopsis : Découvrez comment notre monde est devenu silencieux.

L’équipe composée de John Krasinski derrière la caméra et Emily Blunt, sa femme à la ville devant l’objectif, n’est plus. En tout cas pour cette seconde suite sous forme de préquelle montrant l’arrivée des fameuses bestioles réagissant au bruit. Un concept imparable qui commence à être essoré plus que de raison (on attend une troisième séquelle sous peu). L’acteur, réalisateur et surtout initiateur de cette franchise agit donc ici seulement à titre de producteur pour se consacrer au film familial Amis imaginaires sorti le mois passé et de qualité très moyenne. C’est donc le réalisateur du singulier et digne d’intérêt Pig, Michael Sarnoski, qui s’y colle sans vraiment bousculer la mythologie de la franchise, que ce soit visuellement ou sur le fond.

On pourrait même trouver cette narration des origines inutile puisque le prologue de la première suite montrait déjà l’arrivée des aliens, à la seule différence que l’action se situait dans une petite ville nichée dans la campagne où vivait la famille des héros. Cette histoire s’apparente donc presque à un prétexte, où la seule valeur ajoutée est de placer les protagonistes à New York, ville qui en a connu des fins du monde à travers le septième art et sous toutes ses formes. On est d’ailleurs un peu déçu de voir cette invasion si peu spectaculaire et presque dévoilée en mode intimiste. Alors bien sûr, il y a quelques plans magnifiques de Big Apple en ruines mais c’est un peu chiche en scènes de destruction massive, bien que la qualité des effets spéciaux soit au rendez-vous.

En revanche, on ne peut nier que l’on voit beaucoup plus les créatures sur ce troisième opus, comme on les voyait déjà plus dans le second que dans le premier, grâce sans doute au budget croissant de film en film. Les attaques sont plus présentes et les aliens sont plus nombreux, ce qui occasionne quelques sympathiques séquences d’assaut. Cependant il est clair que la tension est ici moins présente que dans les précédents volets, la menace étant connue et désormais bien plus palpable et visible. Certains aspects citadins apportent de la nouveauté, compte tenu du côté rural des précédents films, mais l’ensemble n’est pas assez exploité et galvanisant.

La distribution se dote de nouvelles têtes, avec notamment une Lupita Nyong’o très investie, crédible et touchante. Son personnage et celui de son chat permettent vraiment de s’investir dans l’histoire. D’ailleurs ce chat est autant une bonne idée pour ce qu’il peut occasionner face à la menace que mal employé et source d’incohérences. Un léger clin d’œil au premier Alien est-il voulu ? Mais, en effet, difficile de croire qu’on le retrouve toujours et qu’il ne fasse jamais de bruit. On doit aussi dire qu’avec « Sans un bruit, jour 1 », la franchise perd forcément son effet de surprise, déjà un peu émoussé dans le précédent volet. À ce rythme, on pourrait bientôt avoir un Sans un bruit sous les tropiques ou un Sans un bruit à Paris, et le décliner à l’infini.

Le résultat a le mérite d’être court, comme ses prédécesseurs, de ne jamais ennuyer tout en dressant des ponts avec la suite au niveau temporel (avec le personnage de Djimon Hounsou par exemple), et de nourrir la mythologie de la franchise. On en attendait malgré tout un peu plus. Cet antépisode s’avère donc presque aussi palpitant que ses ainés mais il manque de valeur ajoutée et de surprises, se plaçant comme un nouvel opus, au mieux, dispensable, au pire, inutile. Plaisant et appliqué mais sans commune mesure avec l’original, comme souvent avec les franchises hollywoodiennes.

Bande-annonce – Sans un bruit, jour 1

Fiche technique – Sans un bruit, jour 1

Réalisateur : Michael Sarnoski.
Scénariste : Michael Sarnoski d’après les films de John Krasinski.
Production : Paramount.
Distribution: Paramount France.
Interprétation : Lupita Nyong’o, Joseph Quinn, Alex Wolff, Djimon Hounsou, …
Genres : Science-fiction – Horreur.
Date de sortie : 26 juin 2024.
Durée: 1h41.
Pays : USA.

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3

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