« Plus vite, plus haut, plus sport ! » : quelques anecdotes incroyables

La bande dessinée Plus vite, plus haut, plus sport !, scénarisée par Julien Hervieux et illustrée par un collectif de dessinateurs talentueux comprenant notamment Merwan, Julien Solé, Virginie Augustin, Cédrick Le Bihan et Boucq, comporte plusieurs récits sportifs improbables et fascinants. Publiée par Fluide Glacial, elle promet de ravir les amateurs de sport et d’histoire avec ses anecdotes souvent stupéfiantes.

Plus vite, plus haut, plus sport ! s’articule autour de récits courts et souvent inattendus. On y apprend les origines du football (initialement, les joueurs étaient encouragés à se battre entre eux) ou l’histoire d’un marathon de Paris complètement désorganisé, où les coureurs prenaient le risque de se perdre, de défaillir pour cause de chaleur excessive, voire de mourir percutés par un véhicule…

L’album dévoile également des histoires de tricheries incroyables, comme celle des athlètes soviétiques qui se dopaient en tombant enceinte avant les compétitions pour bénéficier d’avantages hormonaux, ou ces cyclistes qui, avant l’apparition de la voiture-balai, pouvaient accomplir une partie de leur parcours… en train !

Julien Hervieux revient sur plusieurs récits mémorables, dont celui de Milon de Crotone, un lutteur devenu invincible bien qu’initialement moqué pour son apparence. Milon est célèbre pour s’être entraîné en portant un bœuf, développant ainsi une puissance sans égale. Son histoire se termine tragiquement lorsqu’il meurt piégé dans un arbre, et dévoré par des loups – si l’on en croit la légende.

De son côté, Raoul Paoli, un colosse mesurant 1,86 m pour 125 kg, s’est illustré dans plusieurs disciplines sportives comme la lutte, la boxe et le lancer de poids, devenant à chaque fois champion de France. Il a également survécu à la guerre et à un crash aérien, et a contribué à populariser le catch en France. Sa vie exceptionnelle est un témoignage de la polyvalence et de la résilience des athlètes.

Autre champion, Duke Kahanamoku est reconnu pour avoir popularisé le surf hors de son Hawaï natal, tandis que Roland Garros, avant de donner son nom au célèbre tournoi de tennis, s’est illustré en inventant le premier chasseur monoplace… lequel mettait en danger la vie des pilotes puisque les balles ricochaient sur une hélice blindée !

On a aussi droit à un journaliste duelliste qui multiplie les défaites de manière pathétique, ou encore à l’histoire, bien plus intéressante, de Katherine Switzer, la première femme à participer au marathon de Boston. Elle va s’opposer aux organisateurs avec beaucoup de courage et devenir un modèle pour toutes les femmes.

Plus vite, plus haut, plus sport !  parlera à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du sport, aux anecdotes insolites et aux exploits extraordinaires des athlètes. Grâce à la plume de Julien Hervieux et aux talents des dessinateurs, cette bande dessinée nous offre un voyage fascinant à travers les époques et les disciplines, révélant des facettes méconnues et souvent amusantes du monde sportif. Une lecture à la fois éducative et divertissante.

Plus vite, plus haut, plus sport !, Julien Hervieux et collectif
Fluide Glacial, juin 2024, 68 pages

Note des lecteurs0 Note
3.5

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

« Le Fantôme de l’opéra » : horreur en musique

Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

« Le Parfum des feuilles de thé » : reprendre racine

Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.