« Vies en jeux » : récits d’athlètes olympiques

Vies en jeux, d’Églantine Chesneau, explore les destins exceptionnels de seize athlètes ayant marqué l’histoire des Jeux olympiques. À travers 200 pages illustrées, cet album apporte des précisions importantes, et souvent déroutantes, sur des sportifs qui, chacun à leur manière, sont passés à la postérité.

Les Jeux olympiques trouvent leurs origines dans la Grèce antique, il y a plus de 3000 ans, époque où les cités grecques, en constante guerre, trouvaient dans ces compétitions sportives un moyen de rivaliser sans recourir aux armes. Cette tradition se transforme et se perpétue quand, en 1894, Pierre de Coubertin, baron français, réussit à convaincre douze pays de participer à une version modernisée des jeux. Ce fut un point de bascule qui aboutit à la création du Comité International Olympique et à la tenue des premiers jeux modernes en 1896.

Ce rappel historique fait, Églantine Chesneau peut en venir à ce qui forme l’étoffe de son album : des récits individuels marquants. Celui de Shizo Kanakuri, surnommé le père du marathon au Japon, a de quoi intriguer, puisqu’il disparaît en pleine compétition lors des Jeux olympiques de Stockholm en 1912. À côté, l’histoire de Betty Robinson révèle comment cette jeune sprinteuse américaine est devenue, à tout juste 16 ans, la première femme à remporter une médaille d’or en athlétisme, et ce, quelques mois après avoir commencé à courir.

D’autres récits symbolisent à merveille la résilience. Wilma Rudolph, qui a souffert de la poliomyélite, surmonte un handicap pour remporter trois médailles d’or aux Jeux de Rome en 1960. Nadia Comaneci, instrumentalisée par le régime oppressif de Ceaușescu en Roumanie,subit des conditions de surveillance extrêmes, mais parvient finalement à s’échapper pour les États-Unis. Marie-José Pérec, elle, n’a pas tenu face à l’ acharnement médiatique. Des angoisses l’accablent avec toutes les sollicitations médiatiques dont elle fait l’objet, et la difficulté qu’elle éprouve à parler en public. Pis, lors des jeux d’Australie, opposée à Cathy Freeman, une aborigène très médiatisée, elle décide d’abandonner, ne pouvant se préparer dans la sérénité.

En plus des portraits qu’il dresse – avec talent –, l’album explore également les zones d’ombre des Jeux, comme le scandale des Jeux paralympiques de Sydney en 2000, où une équipe espagnole de basket composée majoritairement de joueurs non handicapés a soulevé des questions éthiques et d’intégrité. Ce récit est juxtaposé à l’histoire inspirante de Natalie du Toit, nageuse sud-africaine amputée qui a transcendé son handicap pour exceller à la fois aux Jeux olympiques et paralympiques, ou à celle de Jesse Owens, l’athlète qui défia la propagande nazie.

Vies en jeux fait plus que narrer des succès sportifs. Il dresse un portrait nuancé des personnalités, des triomphes et parfois des controverses qui jalonnent l’histoire des Jeux olympiques. Chaque récit est une fenêtre ouverte sur la complexité des enjeux humains, sociaux et politiques qui se tissent autour de cet événement mondial. Avec succès, Églantine Chesneau interroge ce que signifie être un athlète olympique, au-delà des médailles.

Vies en jeux, Églantine Chesneau
Glénat/Vents d’Ouest, mai 2024, 200 pages

Note des lecteurs2 Notes
3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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