Annie Colère, Le Tourbillon de la vie : deux destins de femmes à découvrir en DVD/VOD en avril

Deux femmes tentent de reprendre leur destinée en mains, de s’émanciper et de trouver leur propre voie. En reprenant le pouvoir sur son corps et en aidant d’autres femmes pour Annie colère (primé à Locarno en 2022) et en choisissant une route à laquelle se tenir, une étincelle de vie pour l’héroïne du Tourbillon de la vie. Deux films qui sortent enfin en DVD/BR/VOD en avril !

Annie Colère en DVD/BR/VOD le 4 avril
Synopsis: Février 1974. Parce qu’elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC – Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l’aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l’adoption de la loi sur l’avortement un nouveau sens à sa vie.
Réalisation : Blandine Lenoir
Avec Laure Calamy, Zita Hanrot, India Hair
Bonus DVD/BR :  • Scènes coupées (15mn) • Entretien avec Blandine Lenoir et deux anciennes militantes du MLAC, Irène Jouanne et Brigitte Daudu (14mn) • Le film commenté par Blandine Lenoir (réalisatrice) et Lucile Ruault (conseillère historique sur le film)
Editeur vidéo : DIAPHANA ÉDITION VIDÉO

D’où nait la colère ? Comment la transformer en combat, en engagement ? Comment survivre à la colère, l’apprivoiser ? Quant elle est forcée d’accoucher clandestinement et perd dans la foulée sa meilleure amie des désastres d’un accouchement trop précaire, Annie décide d’aider d’autres femmes. Parce que son accouchement a été sécurisant et plein d’une sororité bienvenue, elle offre sa douceur, sa présence à d’autres femmes. La détresse, la clandestinité et la colère donc deviennent des forces. Toutes les femmes présentent soulèvent des montagnes, surtout elles s’entraident, se soutiennent, se regardent.

Annie Colère met en  scène le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) créé en 1973 et dont l’objectif était de légaliser l’avortement. L’action du film se déroule un an avant la promulgation de la Loi Veil et raconte un élan permanent de femmes qui ne s’arrêtent jamais de s’entraider, de poursuivre leurs actions. Un film d’espoir, un film de collectif, d’échanges. Porté par de magnifiques comédiennes dont Laure Calamy qui joue pour la 3e fois dans un film de Blandine Lenoir (après Zouzou et Aurore), Annie Colère est un film nécessaire, humaniste qui pense aussi l’après. Comment retrouver la force du collectif, continuer à être ensemble une fois la loi promulguée ?

Peu connu le MLAC méritait bien un film, Blandine Lenoir serait donc une nouvelle créatrice d’images manquantes pour raconter l’histoire des femmes invisibilisées. On connaît effectivement les avortements clandestins et dangereux tels que racontés dans L’événement, mais moins ce mouvement qui a fait changer la loi. « Il y a une dizaine d’années, quand j’ai découvert l’existence du MLAC , ma première réaction a été « mais pourquoi je n’en ai jamais entendu parler avant ? » (…) cette lutte est passionnante, car fondamentale dans le changement de la société (…) J’ai eu envie de fabriquer ces images manquantes » (propos de la réalisatrice tirés du dossier de presse du film).

Le Tourbillon de la vie en DVD/BR/VOD le 21 avril
Synopsis : Les grands tournants de notre existence sont parfois dus à de petits hasards. Si Julia n’avait pas fait tomber son livre ce jour-là, aurait-elle croisé Paul ? Ou sa vie aurait-elle pris une toute autre direction ? Nos vies sont faites d’infinies possibilités. Pour Julia, il suffit d’un petit rien tellement de fois ; tous ces chemins qu’elle aurait pu suivre, toutes ces femmes qu’elle aurait pu être… Choisit-on son destin ? A quoi tiennent l’amour ou le bonheur ?
Réalisation : Olivier Treiner
Avec Lou de Laâge, Raphaël Personnaz
Bonus DVD/BR :  • Scènes coupées
Editeur vidéo : M6 Vidéo

Une femme, mille possibilités, c’est le choix fait par les deux scénaristes Olivier Treiner et Camille Treiner. Julia est donc toujours au début d’un chemin et le film, qui fonctionne vraiment comme un tourbillon, en explore et épuise toutes les possibilités. Julia n’est pas une seule femme, mais elle peut être tout ce qu’elle veut. Il suffit parfois d’une seule seconde. La force de ce scénario est d’explorer plusieurs voies, plusieurs Julia, avec virtuosité, le scénario comme le montage se promènent de Julia en Julia sans que l’on soit perdu. Les différentes vies s’offrent à nous comme autant d’histoires.

Julia est toujours un temps écrasée, malmenée, mais elle trouve chaque fois l’étincelle pour se relancer, se reprendre en main et ne plus subir. C’est aussi cette écriture là qui donne sens au Tourbillon de la vie, même si la vie est écrite quelque part, l’individu a toujours la possibilité de se relever, de trouver sa force intérieure. A ce jeu-là, Lou de Laâge endosse tous les visages, toutes les postures et est très à l’aise dans ce scénario à tiroirs, elle virevolte de vie en vie, de scène en scène. Le vieillissement de l’actrice, puisqu’on la suit jusqu’à ses 80 ans, est plutôt discret et réussi, la voix de l’actrice se module parfaitement aux émotions ressenties également.

Le scénario fait donc la part belle au hasard ou plus aux hasards, tout en étant très maîtrisé. Il donne simplement un pouvoir supplémentaire à la question de ce hasard, les deux scénaristes se sont rencontrés dans un café à une table qu’ils avaient l’habitude d’occuper mais à des heures différentes. Cette histoire, née de ce hasard, a forgé l’idée du Tourbillon de la vie comme le rapportent le réalisateur, Olivier Treiner dans le dossier de presse du film. On y croise même un personnage qui fait de la prédiction une science pour mieux maîtriser le monde (les pandémies, les catastrophes naturelles…). Pourtant, c’est toujours quand elle accepte de lâcher prise que Julia avance et vole de ses propres ailes.

Enfin, la musique tient une place particulière dans le Tourbillon de la vie puisque Julia est pianiste (de manière un peu différente selon les scénarios suivis), c’est le frère du réalisateur, Raphaël Treiner, qui a composé la bande originale du film. Nous pourrons ainsi longtemps garder en mémoire la scène où Julia, en plein désir d’émancipation, joue du piano tout près du mur de Berlin en train de tomber. Une petite pépite.

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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