Zoom sur « La Grande Aventure du bitcoin et de la blockchain »

La Grande Aventure du bitcoin et de la blockchain, d’Olivier Bossard et Maud Rivière, paraît aux éditions Delcourt, dans la collection « Octopus ». L’album se propose de démystifier cette crypto-monnaie numérique, dont la valeur fluctuante a atteint des sommets vertigineux et régulièrement fait les gros titres des journaux.

Après la crise financière de 2008, un individu caché sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto veut s’affranchir du contrôle des Banques centrales. Il invente un système de monnaie numérique peer-to-peer, indépendant, sécurisé et transparent, basé sur la blockchain. Une monnaie qui doit être minée, avec une difficulté ajustée en permanence, de manière à générer les nouveaux blocs selon le rythme le plus approprié. Adoubé au Japon, interdit en Chine, vu avec circonspection en Corée du Sud, reconnu comme une matière première aux États-Unis mais comme une monnaie privée en Allemagne, le bitcoin divise des gouvernements encore en tâtonnements.

Comment fonctionne au juste une monnaie numérique indépendante des banques ? Dématérialisée mais garantie par la signature numérique dont elle est porteuse, elle se transfère entre deux adresses bitcoins à la manière d’un transfert bancaire classique. Son instabilité peut cependant occasionner des situations cocasses : qui n’a ainsi pas entendu parler de ces deux pizzas achetées au début du bitcoin pour l’équivalent, actuellement, de plus de 100 millions de dollars ? Les coûts de transaction s’avèrent quant à eux de moins en moins avantageux pour les paiements nationaux. Ainsi, de fil en aiguille, par le biais de courts chapitres thématiques, La Grande Aventure du bitcoin et de la blockchain vulgarise la technologie blockchain et les crypto-monnaies.

« Les mineurs sont les comptables et la blockchain constitue le grand registre de comptes. » La formule est jolie, mais mérite d’être étayée. Olivier Bossard et Maud Rivière s’y emploient tout au long des presque 130 pages de leur album. Ils reviennent sur des spécificités organisationnelles ou techniques telles que les fermes de minage, le hachage, la cryptographie asymétrique, la non-réplicabilité ou l’horodatage, mais se penchent également sur les investissements induits par les crypto-monnaies. Sous-tendant nombre de produits financiers, s’échangeant sur des plateformes dédiées, les bitcoins et leurs dérivés ont suscité l’intérêt croissant des investisseurs, au point de se voir qualifiés d’« or numérique ». Cette matière complexe est ainsi progressivement rendue accessible grâce au travail de pédagogie entrepris par les auteurs. En cela, ils s’inscrivent fidèlement dans les intentions affichées depuis sa création par la collection « Octopus ».

La Grande Aventure du bitcoin et de la blockchain, Olivier Bossard et Maud Rivière
Delcourt/Octopus, octobre 2022, 128 pages

Note des lecteurs5 Notes
3.5

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

« Le Fantôme de l’opéra » : horreur en musique

Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

« Le Parfum des feuilles de thé » : reprendre racine

Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.