Les fous des pilotes #9 : Critique des séries Another Life et Pandora

Juillet, c’est le mois des vacances, y compris sur petit écran. Du coup, peu de nouvelles séries ont débuté leur diffusion en ce mois, mais nous avons quand même pu visionner deux pilotes qui vont nous entraîner dans le domaine de la science-fiction. Alors, accrochez-vous, nous partons dans le futur pour apprendre à contrer les menaces extra-terrestres (Pandora, sur CW) ou encore tenter d’entrer en contact avec un mystérieux artefact (Another Life, diffusé sur Netflix).

Pandora, un navet spatial

En 2199, Jax, une jeune fille qui a assisté à l’assassinat de ses parents pour une raison inconnue, intègre une université terrienne où elle compte apprendre à défendre la planète des menaces extra-terrestres. Si ce synopsis n’annonce rien de négatif et, non plus, de révolutionnaire, il suffit de visionner le pilote pour comprendre ce à quoi l’on a affaire. Pas grand-chose. Vraiment pas grand-chose.
L’ouverture de l’épisode, sensée nous faire comprendre le désespoir de la protagoniste qui assiste à la mort de ses parents, est en réalité hilarante, tant la mise en scène et le jeu des acteurs sont ridicules. Les qualifier de générique aurait été gratifiant. A partir de ce moment, on comprend qu’il va être difficile de tenir devant la totalité de l’épisode. Et l’on n’est pas au bout de ses peines.
Un rythme engourdi, des dialogues vides, des personnages clichés, une intrigue banale… Pandora est une série B et l’originalité questionnable de son titre en atteste.

Bercé d’une bande son ridicule digne d’un dessin animé Gulli, ce monde futuriste s’avère très peu crédible. Des aliens, que l’on différencie uniquement des humains grâce au maquillage qu’ils ont sur le visage, des effets spéciaux rudimentaires, des décors vides et amateurs qui privent la série de toute identité. Et pourtant il y a bien une direction artistique créditée au générique.
On comprend que le manque de budget est en cause mais cette série, qui semble beaucoup trop inspirée de Star Trek et Starship Troopers sans pourtant refléter la moindre des qualités de ces deux œuvres, n’a aucune raison d’être.

1

Thomas Gallon

Another Life : dans l’espace, personne ne vous entend bâiller

Le problème majeur d’une partie non négligeable des films et séries de science-fiction actuellement est son manque flagrant d’idée, qui l’entraîne bien souvent à simplement plagier les succès du genre.

Le pilote d’Another Life en est un bel exemple.

Un objet volant manifestement extraterrestre, qui prend la forme d’un immense anneau de Moebius tournant sur lui-même, se pose sur Terre et envoie des signaux vers une lointaine planète, Pi Canis Majoris. L’action va alors se diviser en deux parties : sur Terre, où l’on va tenter d’entrer en contact avec la chose, et dans l’espace, où l’on a envoyé une mission vers la planète concernée.

Les scènes terrestres sont un parfait exemple de ce mélange de ridicule et de plagiat qui caractérise le pilote. Pour faire parler « l’artefact », on va le bombarder avec des sons divers et variés, allant jusqu’au langage… pigeon ! Et finalement, lorsque le contact se fait enfin, la communication s’établit à base de musique et de lumières colorées (toute ressemble avec un certain film de Spielberg serait-elle totalement hasardeuse ? On songe aussi, bien entendu, au très beau Premier Contact de Denis Villeneuve).

Dans l’espace, la scène commence avec… la sempiternelle scène, maintes fois vue et revue, du réveil prématuré des astronautes plongés en sommeil artificiel. Réveil dû à un problème inattendu qui se dévoile devant eux. On a droit à l’I.A. du vaisseau, au capitaine contesté par son équipage, à la jalousie du second qui s’estime mieux disposé à diriger cette expédition, à la mutinerie, etc. Des événements qui s’enchaînent et que l’on regarde de loin et avec un certain ennui, tant la mise en scène ne parvient pas à faire naître ni tension dramatique ni suspense. Les personnages sont des monolithes caricaturaux incapables de susciter le moindre intérêt. A part Katee Sackhoff, dont la présence ne sert qu’à rappeler sa gloire passée dans une des références du genre, le reste du casting est composé de beaux et belles gosses qui ne brillent pas par leur talent de comédiens.
Il faut environ un quart d’heure avant que ne surgissent la mutinerie de l’équipage et l’ennui du spectateur. Le reste est franchement pénible.

1.5

Hervé Aubert

Festival

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