Cannes 2019 : Nos films coups de coeur et notre palmomètre

Le dernier jour de cette 72ème édition du Festival de Cannes a sonné et la rédaction en a profité pour faire un classement des films vus toutes sélections confondues. Avant que Alejandro González Iñárritu et son jury remettent ce soir la fameuse Palme d’Or, nos rédacteurs Sebastien Guilhermet, Gwennaëlle Masle et Jules Chambry ont eux aussi décidé de faire leur palmomètre.

Notre Palmomètre : 

Gwennaëlle Masle :

Palme d’Or : Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma
Grand Prix :
Une vie cachée, de Terrence Malick
Prix du Jury :
Douleur et Gloire, de Pedro Almodovar
Prix d’interprétation masculine :
Xavier Dolan, dans Matthias et Maxime
Prix d’interprétation féminine :
Adèle Exarchopoulos dans Sibyl
Prix de la mise en scène :
Les misérables, Ladj Ly
Prix du scénario :
Parasite, de Bong Joon-Ho
Caméra d’Or :
Papicha, de Mounia Meddour
Queer Palm : 
Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma

Sébastien Guilhermet :

Palme d’Or : Une vie cachée, de Terrence Malick
Grand Prix :
 Once Upon a Time in Hollywood, de Quentin Tarantino 
Prix du Jury :
Les Misérables, de Ladj Ly
Prix d’interprétation masculine :
Roschdy Zem, dans Roubaix, une lumière
Prix d’interprétation féminine : Adèle Haenel et Noémie Merlant, dans Portrait de la jeune fille en feu
Prix de la mise en scène :
Le lac aux oies sauvages, Diao Yinan
Prix du scénario :
Parasite, de Bong Joon-Ho
Caméra d’Or :
J’ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin
Queer Palm : 
Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma

Jules Chambry

Palme d’Or : Une vie cachée, de Terrence Malick
Grand Prix :
Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma
Prix du Jury : Parasite, de Bong Joon-Ho
Prix d’interprétation masculine :
Pierfrancesco Favino, dans Le Traître
Prix d’interprétation féminine : Noémie Merlant, dans Portrait de la jeune fille en feu
Prix de la mise en scène :
Le Lac aux oies sauvages, de Diao Yi’nan
Prix du scénario :
Bacurau, de Juliano Dornelles et Kleber Mendonça Filho
Caméra d’Or : J’ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin
Queer Palm : 
Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma

Nos coups de cœur : 

Gwennaëlle Masle :

1) Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma (Compétition)

Avec Portrait de la Jeune Fille en Feu, Céline Sciamma offre un film bouleversant et d’une grande intelligence visuelle. Noémie Merlant et Adèle Haenel sont à couper le souffle. C’est beau, pur, rempli de grâce et d’amour pour l’art. la réalisatrice nous fait revivre nos amours les plus inspirants. Immense coup de cœur.

2) Une Vie Cachée, de Terrence Malick (Compétition)

Il est de ces moments suspendus qui font un Festival, Une Vie Cachée est très clairement le chef d’œuvre de la 72ème édition du Festival de Cannes. Du très grand Malick, probablement son meilleur. Une émotion grandiose portée par un acteur qui mérite cent fois la récompense et une photographie inégalable.

3) Papicha, de Mounia Meddour (Un Certain Regard)

Papicha a été le premier coup d’éclat de la sélection Un Certain Regard, un grand tour de force algérien au féminin. Armé de résistance, avec une héroïne captivante qui porte le film d’une main de maître, c’est un premier film qui marque. Aussi rayonnant que révoltant, Mounia Meddour donne à vivre et à créer. Frappant.

4) Parasite, de Bong Joon-Ho (Compétition)

Parasite est le genre de moment jouissif dont un Festival a besoin pour respirer. Regorgeant d’humour et d’une alternance de tons formidables, le film est un véritable divertissement, dans ces moments sombres où l’humour prend toute sa place.

5) Douleur et Gloire, de Pedro Almodovar (Compétition)

Intimiste, introspectif, sensible, Douleur et Gloire présente un Almodovar délicat, rempli de sagesse et de tendresse autant envers ses acteurs que son passé. Un joli voyage dans la vie du cinéaste à travers un Antonio Banderas plus que convaincant.

Sébastien Guilhermet :

1) Une Vie Cachée, de Terrence Malick (Compétition)

Le cinéaste américain est à son meilleur et arrive à trouver le parfait équilibre entre la narration de ses premiers films et ses expérimentations visuelles actuelles. Une vie cachée est une mélodie, une symphonie céleste, un astre d’une autre galaxie venu nous émerveiller de toute son humanité. Incroyable.

2) Once Upon a Time in Hollywood, de Quentin Tarantino (Compétition)

Once Upon a Time in Hollywood, qui ressemble à un frère éloigné d’Inherent Vice de Paul Thomas Anderson, est un film de personnages et de lieux. Quentin Tarantino n’a pas raté ses retrouvailles avec Cannes tant son film est une épopée aussi simple, passionnante que baroque qui, tristement, ne cesse de déclarer sa flamme au cinéma de genre qui a vu naître en lui le cinéaste qu’il est devenu.

3) Parasite, de Bong Joon Ho (Compétition)

Le film est d’une précision chirurgicale et comme Le Lac aux oies sauvages, reste un morceau de cinéma qui réussit tout ce qu’il entreprend tant la profondeur de champ de Parasite s’avère vaste. De par sa mise en scène qui cloisonne parfaitement son espace pour faire de la maison où se passe la majorité du film un terrain de jeu glaçant et vertigineux, de par sa direction d’acteur époustouflante et de sa violence incandescente, Parasite est un bijou noir.

4) Viendra le feu, de Oliver Laxe (Un Certain Regard)

Présenté à la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019, Viendra le feu d’Oliver Laxe a marqué un grand coup. Le film est une longue errance dans la campagne espagnole, naturaliste et introspective, qui finira par s’évanouir dans les flammes du monde.

5) Une Grande Fille, de Kantemir Balagov (Un Certain Regard)

Kantemir Balagov nous éblouit avec un drame féministe d’une rare beauté picturale dans un monde d’après guerre mouvant et baroque. Après Tesnota, le jeune cinéaste montre toute sa panoplie esthétique et son immense direction d’acteurs. 

5) (ex aequo) J’ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin (La Semaine de la Critique) 

Ce jeune film d’animation est une pépite. Ingénieux, percutant, sublime dans son animation basée sur le mouvement et l’emboitement narratif, J’ai perdu mon corps est un regard déstabilisant sur le deuil, la culpabilité que cela occasionne et la reconstruction sociale et sentimentale d’une vie. Magnifique.

Jules Chambry : 

1) Une vie cachée, de Terrence Malick (Compétition)

La possibilité de voir Malick revenir à une narration linéaire comme à ses débuts tout en conservant forcément une part de réflexions philosophico-religieuses était à la fois alléchante et effrayante, l’équilibre risquant d’être compliqué à trouver. Pari réussi, tant Une vie cachée éblouit par sa beauté : ses acteurs, ses plans naturalistes, son histoire d’amour, son discours transversal sur la foi – tout est sublime. Malick accouche de l’une des œuvres les plus complètes et mémorables de sa filmographie. Chef-d’œuvre.

2) Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma (Compétition)

Tout en pudeur et retenue, Portrait de la jeune fille en feu laisse bouche bée devant la force dévastatrice de ses non-dits, de ses regards furtifs et de son final qui est peut-être le plus déchirant du festival. Et à côté de la réalisation – osons le dire – parfaite, Adèle Haenel et Noémie Merlant boulversent et  mériteraient toutes deux le Prix d’interprétation féminine.

3) Parasite, de Bong Joon-Ho (Compétition)

Parasite est sans doute le film qui aura fait l’unanimité sur la Croisette cette année. Son scénario est sans doute le plus intelligent et intelligemment articulé de ce cru 2019, dégageant une profondeur thématique en même temps qu’une légèreté et qu’une fluidité ouvrant les portes à tous les publics. Un mélange des genres atteignant une alchimie parfaite. Le meilleur film de son réalisateur depuis Memories of Murder.

4) Une Grande Fille, de Kantemir Balagov (Un Certain Regard)

Une Grande Fille avait tout pour concourir en Compétition ; il aura dû se contenter d’Un Certain Regard où Kantemir Balagov aura tout de même gagné le prix de la réalisation. C’était la moindre des choses, pour cette romance de guerre aussi émouvante qu’époustouflante dans sa mise en scène et sa palette de couleurs, et divinement bien interprétée.

https://twitter.com/Julow_/status/1128948486743953409

5) The Lighthouse, de Robert Eggers (Quinzaine des Réalisateurs)

Exercice de style indiscutablement réussi, The Lighthouse aura généré une hype assez impressionnante sur la Croisette. Sans date de sortie, le nouveau film de Robert Eggers a déjà convaincu ses fans et créé l’attente pour tous ceux qui suivaient d’un œil intrigué ce festival de Cannes 2019. Claque esthétique et prouesse de mise en scène en approche, moussaillons ! Vous n’êtes pas prêts à ce que ce duo Dafoe-Pattinson va vous faire vivre.

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