Top 5 des westerns américains par la rédaction du MagduCiné

Alors que la MGM s’apprête à nous gratifier d’un remake des 7 Mercenaires, pas moins de 55 ans après le classique de John Sturges, la rédaction du MagduCiné s’est penchée sur les films qui l’ont le plus marquée parmi ce genre si typiquement américain qu’est le western.

Après un sondage entre les membres de la rédaction, il est apparu que cinq films sont ressortis. Et même si la version d’origine des 7 Mercenaires n’y apparaît pas (à quelques voix près, puisque, pour ne rien vous cacher, il n’est arrivé « que » huitième), gageons que la version qu’Antoine Fuqua se propose de nous offrir marquera les esprits, et lancera une nouvelle vague de modernisation de ces grands classiques du 7ème art que les jeunes générations semblent considérer comme désuets.

Le top 5 des westerns américains selon la rédaction : 

1/ Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone, 1969) : Sergio Leone a peu de films à son actif – mais quels films ! Après s’être essayé au péplum, Leone trouve sa voie avec Pour une poignée de dollars en inaugurant de même le western spaghetti, parodie du genre américain. Mais Il était une fois dans l’Ouest dépasse la trilogie de l’homme sans nom, puisque ce n’est plus simplement une réappropriation des codes, mais bien un vrai film américain. L’exemple le plus parlant est sans doute le rôle d’Henry Fonda, qui traditionnellement incarne l’Amérique honnête et juste. Ici, Leone en fait un tueur froid et détestable. Pour l’anecdote, Leone tenait à ce que Fonda garde ses yeux bleus caractéristiques, histoire de traumatiser un peu plus l’audience. Les scènes plus que cultes (l’ouverture sans dialogues) et les acteurs géniaux (Charles Bronson, Henry Fonda, Jason Robards et Claudia Cardinale) sont accompagnées de la musique du maître Ennio Morricone, mélange d’harmonica et de guitare électrique. Splendide.

2/ La prisonnière du désert (John Ford, 1956) : Filmé dans la dernière période de la longue carrière de John Ford, pendant laquelle le cinéaste est à l’apogée de son art, la Prisonnière du désert raconte la traque menée par Ethan Edwards (John Wayne) pour retrouver sa nièce Debbie enlevée par des indiens Comanches. Le film participe majestueusement à l’œuvre du cinéaste et au patrimoine cinématographique de son pays. Visuellement, les couleurs et l’immensité de Monument Valley (même si le film est censé se tenir au Texas) contribuent à définir la place de l’homme américain dans l’espace, une place insignifiante tout compte fait, malgré sa conquête de l’Ouest. Et au niveau du discours, le film est une superbe réflexion sur la violence et le racisme, sur la question indienne et les ravages de la guerre. En somme, un excellent western qui transcende et sublime le genre au-delà des stéréotypes habituels des bons blancs et méchants indiens qui l’ont inondé, et au-delà de tous les schémas manichéens qui lui sont rattachés.

3/ Dead Man (Jim Jarmusch, 1996) : Le western est par nature un genre très codifié et il fallait bien un cinéaste comme Jim Jarmush pour en offrir un des plus originaux et ésotériques qui ait pu exister. Véritable odyssée de la mort, l’oeuvre est une réflexion fascinante sur la fin de vie qui prend place au milieu d’une errance poétique au sein de l’Ouest sauvage. D’un onirisme fantasmagorique, le parcours du héros semble être un chemin de croix au sein d’un purgatoire imprévisible et brut qui est accompagné par la mise en scène somptueuse du cinéaste. Sa photographie contrastée enrobe le film d’un voile funeste et apaisant qui se retrouve magnifié par le brillant score de Neil Young, qui participe beaucoup à l’aspect entêtant de l’oeuvre. Difficile à décrire mais indispensable à vivre, Dead Man est un conte spirituel et philosophique qui se doit d’être vu et écouté car il n’a jamais eu son pareil. Un western passionnant et une oeuvre d’art comme on en voit peu, un véritable petit bijou.

4/ Django Unchained (Quentin Tarantino, 2012) :  Avec une œuvre égrenant inlassablement les genres matriciels du cinéma (le film noir, la blaxploitation, le film de guerre ou encore le Chanbara), voir QT tomber dans les travers du western, qui plus est spaghetti, semblait être une évidence. Surprise, voilà qu’en plus de rameuter devant l’écran la figure du cow-boy et son gout pour l’hémoglobine, le natif du Tennessee y joint un regard acerbe sur ce sujet toujours sensible qu’est l’esclavage en posant son récit en plein milieu de la ségrégation raciale qui suivit la fin de la Guerre de Sécession. Résultat, pas question de voir un blanc emballer les cœurs, mais un afro-américain, rendu iconique par une mise en scène soignée, particulièrement revanchard et ayant une dent contre un affreux propriétaire terrien. Sanglant, référentiel, et totalement délirant, Django Unchained est un hommage au genre tout entier, en plus d’être une madeleine de Proust pour quiconque aime Sergio Leone.

5/ La horde sauvage (Sam Peckinpah, 1969) : Réunissant quelques-uns des acteurs les plus populaires de l’époque (Warren Oates, William Holden, Ernest Borgnine…), Sam Peckinpah signe un film qui expérimente des effets de mise en scène révolutionnaires, tels que les ralentis et les angles multiples, qui ont fait entrer ses scènes de fusillades dans la légende. Au-delà de ses innovations techniques, La Horde Sauvage est également une analyse politique d’une rare virulence teintée d’un certain nihilisme. Grâce à sa représentation très brute de la violence et à la caractérisation terriblement cynique donnée à ses personnages, Peckinpah parvient à balayer d’un revers de manche toute la mythologie romantique que ses prédécesseurs avaient donnée au genre. Sa vision est plus proche de celle des réalisateurs italiens, mais est surtout symptomatique du renouveau du cinéma de genre propre à l’époque du Nouvel Hollywood, et qui en l’occurrence sera la matrice de ce qui allait se faire appeler le western crépusculaire.

Ils auraient pu y être : Les huit salopards (Quentin Tarantino, 2015), L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (Andrew Dominik, 2007), Impitoyable (Clint Eastwood, 1992), Pale Rider (Clint Eastwood, 1985), Les 7 mercenaires (John Sturges, 1960)…

Festival

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