The Catch, une série de Shonda Rhimes : Critique du pilote

Bien que ce ne soit pas la créatrice de cette nouvelle série qui a débuté sur ABC ce jeudi 24 mars, en tant que productrice exécutive, nous pouvons ressentir toute l’implication de Shonda Rhimes derrière ce projet. Ceux qui ont apprécié ses précédentes séries (Grey’s Anatomy, Private Practice, Scandal, How To Get Away With Murder) auront satisfaction à suivre les aventures de Alice Vaughan.

Synopsis : Alice Vaughan est une détective privée sur le point de se marier avec Christopher Hall, cependant elle ignore qu’il s’agit de « Monsieur X » un arnaqueur qu’elle essaye d’arrêter avec l’aide de son cabinet. Sans le savoir Alice se fera arnaquée par son fiancé qui prendra la fuite avec toutes ses économies.
Ainsi commence une chasse assez séduisante entre ces deux anciens amants.

Une jolie arnaque signée Shonda Rhimes

En effet, on retrouve une certaine familiarité en reprenant les codes dramatiques et scénaristiques que nous avait proposé la showrunner jusqu’à présent.
Ainsi, notre héroïne (interprétée par Mireille Enos) est une femme forte, indépendante, talentueuse dans son travail, mais aussi fragile qui montre certaines failles en la rendant très humaine, surtout après l’abandon de l’homme qu’elle espérait aimer le restant de ses jours.
Nous aurons aussi un intérêt à suivre le second personnage principal joué par Peter Krause (Six Feet Under, Parenthood) : Christopher Hall, de son vrai nom Ben. Ce n’est pas un simple fraudeur qui a fait un coup bas, mais une personne tiraillée qui a fini par tomber amoureux de sa victime, ce qui laisse entendre que ses erreurs risquent vite de le rattraper car il ne sait pas comment il pourra arranger les choses maintenant qu’elle sait que c’est l’escroc qu’elle pourchassait depuis des mois.

Le choix de ces deux interprètes, qui ont un certain bagage dans le milieu télévisuel, est un pari réussi. Ils ont une alchimie indiscutable qui laisse penser que ce duo symboliserait le nouveau couple phare de la télévision, après Ellen Pompeo et Patrick Dempsey (Grey’s Anatomy) ou Kerry Washington et Tony Goldwyn (Scandal), leur relation assez particulière devrait fasciner les spectateurs après les éléments mis en place dans ce pilote.
D’ailleurs, par rapport au casting, nous avons une nouvelle fois « la garce de service » Margot (interprétée par Sonya Walger : LOST, Flash Forward), la femme et patronne de Christopher, qui prend tous les trais du personnage détestable mais qui pourrait, peut-être, évoluer dans le but d’être apprécié du public par la suite.
Cependant, en dehors de ces trois personnages centraux, les cinq autres membres de la distribution sont pour l’instant assez anecdotiques, trop secondaires pour qu’on se concentre un minimum sur eux, mais connaissant les autres productions de Shonda Rhimes qui arrivent à créer et développer des personnages passionnants par leurs ambiguïtés  et leurs nuances, il faut se douter que la situation devrait se répéter pour The Catch.

En dehors des quelques incohérences scénaristiques qui sont assez grosses par moment, la structure du pilote laisse apparaitre un ton assez léger, une ambiance bien implantée. Cela reste du bon divertissement et le spectateur deviendra surement addictif après quelques semaines de diffusion.
Les nombreux split screen et ces effets de montage assez rapides donnent une dynamique supplémentaire à la série que ce soit autour des personnages, durant leurs missions, apportant un certain glamour, une touche féminine que l’on reconnaît une fois encore à la reine du TGIT (Thanks God It’s Thursday). Néanmoins, bien que cela donne un charme supplémentaire, il y a un excès de cette technique qui renforce l’artificialité et dessert la mise en scène de la série (contrairement à Scandal qui a su trouver un juste milieu).

On pourra peut-être reprocher le manque de prise de risques de Shonda Rhimes qui ne nous offre finalement rien de nouveau. C’est la cinquième série où elle travaille les traits de caractère d’un personnage fort, torturé, qui gère sa vie professionnelle mais qui a de gros soucis amoureux, dans sa vie privée, et reprenant certains codes et clichés que l’on a déjà vu dans ses séries précédentes (la meilleure amie/confidente de l’héroïne, la rivale de l’héroïne, un semblant de triangle amoureux central à l’histoire etc). Mais le show offre des protagonistes intéressants et diversifiés qui sauront certainement plaire aux spectateurs et auront envie de les voir évoluer dans ce nouveau thriller à l’aspect romantique.

Enfin, ce premier épisode dessine de bonnes lignes directrices sur ce que pourrait donner cette saison, mais on pourrait se demander comment cela évoluera sur le long terme si la série continue l’année prochaine. Dès le départ nous avons l’idée de jeu du chat et de la souris qui se tournent autour, un premier affrontement entre Alice qui retrouve Christopher, mais qui finit par s’enfuir, si cette structure scénaristique venait à trop se répéter, nous pourrions rapidement nous lasser à l’idée de voir ce même schéma constructif dans les prochains épisodes.
Ce début est prometteur en montrant une course poursuite qui ne devrait pas laisser le public indifférent face à ces deux rôles intelligents, mais complexes à la fois qui posent la question de comment ils pourraient se réunir à la fin, reste à voir ce que la série proposera sur le long terme pour ne pas tourner rapidement en rond.

Ce premier épisode a rassemblé 5,80 millions de téléspectateurs pour un taux de 1,2% sur la cible 18-49 ans.

The Catch : Bande Annonce

The Catch : Fiche Technique

Créateurs : Jennifer Schuur, Kate Atkinson, Helen Gregory
Réalisatrice : Julie Anne Robinson
Acteurs principaux : Mireille Enos, Peter Kraus, Alimi Ballard, Jay Hayden, Jacky Ido, Rose Rollins, Sonya Walger, Elvi Yost
Producteurs : Julie Anne Robinson, Betsy Beers, Shonda Rhimes
Société de production : ABC Studios, Shondaland
Format: 10 épisodes de 42 minutes
Genre : Drame, Thriller

ETATS-UNIS – 2016  

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.
Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.