Under The Silver Lake : l’OVNI du Festival de Cannes débarque en DVD/Blu-Ray

Quatre ans après avoir électrisé les foules avec sa bizarrerie horrifique « It Follows » qui lorgnait pas mal du coté de John Carpenter, le décalé David Robert Mitchell a cru bon de dupliquer sa recette en piochant dans le vivier abscons et déroutant d’un autre grand maitre américain : David Lynch. En résulte « Under The Silver Lake », œuvre fleuve qui prend un malin plaisir à nous malmener dans un beau dédale ésotérique qui cause d’une jeunesse insouciante dopée à la pop culture.

Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations.

Un film voué à devenir culte. 

Au sein d’une compétition cannoise jalonnée comme souvent d’habitués (Ceylan, Lee, Farhadi, Pawlikoswki, Godard, Eda), la présence de David Robert Mitchell avait tout d’une anomalie. Devait-on y voir le simple respect d’un quota américain sur le tapis rouge ou la preuve que Thierry Frémaux était capable d’évoluer et d’adjoindre un représentant du cinéma de genre à la sacro-sainte sélection officielle ? Force est d’admettre qu’on aura, après le visionnage, bien du mal à se décider tant le film brasse large et adopte implicitement l’un des grands principes cannois : le film questionne. Il interroge même. Sur son monde, sur la culture, sur ses jeunes et sur un truc qui drive l’essentiel de la vie des 15/40 ans : la pop-culture.

Aujourd’hui fer de lance de la grande majorité des divertissements US (Stranger Things, Ready Player One, …), cette mouvance omniprésente a l’air de passablement inquiéter David Robert Mitchell qui en a usé pour accoucher de ce film étrange, nanti d’une dose de mystère ahurissante et qui lorgne autant du coté de Hitchcock que David Lynch.

On se plait ainsi à être constamment à la recherche du sens de ce qui nous entoure, on se hasarde à poser des questions, on se remet en doute, etc. Quitte à atteindre un stade où le choix demeure personnel : doit-on s’abandonner dans la pop-culture et ainsi embrasser la mouvance actuelle ou au contraire, doit-on pour notre bien, lever le pied, arrêter de chercher le sens de tout ce qui nous entoure et admettre que le monde dans lequel on vit, ou plus généralement la société qui est la nôtre, est par définition, elle même parfois dénuée de sens ?

Là est tout l’enjeu du film, qui, non content de nous entrainer dans une session de brainstorming king size, nous propose une virée dans un Los Angeles fantasmé, où tout est possible et où l’on peut tous s’identifier à cet Andrew Garfield, en ado trentenaire paumé qui cherche désespérément un sens à sa vie. Autant de raisons qui font de cet Under The Silver Lake, un étrange objet qui restera à coup sur un totem de notre génération.

Des bonus aussi insondables que l’intrigue

A la vue de ce portrait sans fard de la pop-culture, de ses méfaits et autres dangers, on avait hâte de voir les origines du projet, ou tout du moins le principal intéressé, à savoir David Robert Mitchell, s’exprimer sur le sujet. Hélas, on devra ronger notre frein bien méchamment puisque suite à son flop en salles (seulement 206 714 entrées enregistrées dans l’hexagone), son éditeur n’aura pas pris la peine de nous éclairer en ne proposant aucun bonus. Ainsi donc, l’aura de cette œuvre vouée à devenir culte devra se façonner sans l’intervention de son réalisateur, mais bien par l’enthousiasme de ses fans. Prions qu’ils soient nombreux puisque Under The Silver Lake mérite assurément le détour. 

Caractéristique du DVD Under The Silver Lake :

Langues : Français, Anglais / Sous-Titres : Francais, Sourds & Malentendants

Son : D.D5.1 et audio description / Images : 16/9- 2.39 – Couleur

Durée : 139minutes 

Blu-Ray :

Langues : Français, Anglais / Sous-Titres : Français, Sourds & Malentendants

Son : DD 5.1 et audio-description / Images : 16/9 – 2.39 – Couleur

Durée : 139 minutes

Bande-annonce : Under The Silver Lake 

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Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
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