Silent Running, un film de Douglas Trumbull: critique

[critique] Silent Running En édition Blu-ray+DVD+Livret le 6 Juillet 2016

Synopsis: Dans le futur, la Terre n’a plus assez de ressources naturelles pour survivre ; la végétation a presque totalement disparu. À bord du transporteur spatial Valley Forge, une équipe de chercheurs cultive des forêts, notamment le botaniste Freeman Lowell qui s’occupe avec passion de l’entretien des serres géantes avec l’aide de robots, les drones Huey et Dewey.

Film culte pour beaucoup, nanar pour d’autres, mais certainement savant mélange d’optimisme et de fatalisme. Silent Running, qui sort ce mois-ci en version restaurée chez Wild Side, se veut à la fois film de science-fiction et d’anticipation non seulement par ce qui va nous arriver, mais par ce qui nous arrive déjà. Nous n’avons pas encore envoyé dans l’espace de grand vaisseau chargé de sauvegarder la Nature tel l’Arche de Noé, mais nous avons bien commencé à puiser sans vergogne dans les réserves de notre planète, persuadés que la science nous sauvera. Par son choix de ne pas montrer un seul instant cette Terre dévastée, Douglas Trumbull donne un surcroît de force à son film, car il nous laisse le soin d’imaginer le pire, démarche pédagogique de sa part, l’imagination frappant les esprits bien plus fortement que la démonstration.

Les personnages et leur caractérisation renforcent le postulat de Trumbull car, dans une civilisation où la Nature s’apparente de plus en plus à un lointain souvenir, trois des quatre membres d’équipage passent ce temps coincés dans l’espace, à jouer au poker et faire des courses de voiturettes, se moquant éperdument de sauvergarder le moindre brin d’herbe qui serait un jour replanté sur Terre. Le quatrième, Lowell, botaniste de formation, reste alors le seul à avoir à cœur de mener à bien sa mission. Ne donnant aucune explication sur ce qui amène alors les Terriens à prendre leur grande décision (le tournant du film), Trumbull fait une nouvelle fois confiance à l’intelligence du spectateur, préférant montrer sans démontrer.

Au centre du film se trouve donc Lowell, personnage mystique et quasi-prophétique, habillé la plupart du temps de grandes chasubles lui donnant des airs de missionnaire. Il semble souvent habité, parfois jusqu’à la folie, par un Bruce Dern mémorable qui rappelle que ses récentes nominations aux Golden Globes et aux Oscars pour Nebraska, ne doivent rien au hasard, mais tout à cette manière qu’il a d’intensifier son jeu d’un seul regard, jusqu’à la saturation. Le scénario fait que le film lui doit tout, reposant presque exclusivement sur ses épaules à l’époque déjà frêles.

Bénéficiant de l’expérience de certains sur des films comme 2001, l’Odyssée De l’Espace, Blade Runner, Rencontres Du Troisème Type (Trumbull ayant dirigé les effets visuels des trois films) ou Star Trek, d’un Michael Cimino au scénario et d’une Joan Baez à la musique, Silent Running est un film où la technologie a fait un bond spectaculaire, mais en cohérence avec nos connaissances actuelles. C’est surtout une mise en garde, un miroir qu’on nous retourne et qui nous montrerait par anticipation où se trouve le point de non-retour pour notre espèce. Silent Running nous rappelle que nous venons, au même titre que toute chose ou tout être, de cette Terre qui nous a donné la vie et nous la reprendra si nécessaire, et que lorsque nous glissons une main dans cette Terre, nous reprenons contact avec notre Mère originelle. Mais le ferons-nous avant qu’il ne soit trop tard ?

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3 –  Format son : Anglais DTS 2.0 & Anglais & Français Dolby Digital 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h26

 CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 25p – Format son : Anglais & Français DTS-HD Master Audio 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h29

Compléments : – Dans les coulisses de SILENT RUNNING : le making of d’époque (52’) – Entretien avec Bruce Dern (10’) – Hier, Aujourd’hui et Demain par Douglas Trumbull (5’) – Douglas Trumbull parle de SILENT RUNNING (30’) [Exclusivement sur le Blu-ray]

 + Un livret exclusif de 74 pages sur le film et sa genèse, spécialement écrit pour cette édition par Frédéric Albert Lévy, illustré de photos d’archive rares.

Silent Running  Extrait (VOST – HD) : Bande Annonce

Silent Running : Fiche Technique

Réalisation : Douglas Trumbull
Scénario : Deric Washburn, Michael Cimino et de Steven Bochco
Interprétation: Bruce Dern, Cliff Potts, Ron Rifkin, Jesse Vint, Mark Persons, Steve Brown, Cheryl Sparks et Larry Whisenhunt
Photographie : Charles F. Wheeler
Musique : Peter Schickele
Musique complémentaire : Joan Baez
Montage : Aaron Stell
Décors : Frank Lombardo
Directeur des effets visuels : Douglas Trumbull
Production : Michael Gruskoff
Société de distribution : Universal Pictures
Durée : 89′

Le chef-d’œuvre précurseur de la SF moderne sort le 6 Juillet Blu-ray+DVD+Livret Chez Wildside

 

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Thierry Jacquet
Thierry Jacquethttps://www.lemagducine.fr/
Bressan d'origine, littéraire raté de formation, amateur de bonne chère et de bons vins, sans oublier le corps des femmes (de la mienne en fait). Le cinéma meuble mes moments perdus, et ils sont nombreux. Pas sectaire pour deux sous je mange à tous les râteliers, passant du cinéma d'auteur au blockbuster sans sourciller. En somme un homme heureux de voir et écrire sur le cinéma.

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